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De la musique avant toute chose avec Cyrille Dubois

Révélation Lyrique aux Victoires de la Musique Classique 2015, Cyrille Dubois est depuis toujours un artiste insatiable de découverte de nouveau répertoire. Il  découvre le chant pendant son enfance dans les classes horaires aménagées de la Maîtrise de Caen (direction Robert Weddle). Grace aux auditions hebdomadaires, il aborde pendant ces années un large répertoire sacré et profane. En tant que soliste, il a pu participer à de nombreux projets tel les Pie Jesu des requiem de Fauré, Duruflé, ou Andrew Llyod Weber, les Chichester Psalms de Bernstein ou le Tour d’Ecrou (Miles) de Britten à l’Opéra de Lyon et Chambéry.

Quelques années après, il entre en ténor au CNSM de Paris (Classe d’Alain Buet). Mais la grande passion de Cyrille réside dans le Lied et la Mélodie dont il est un émissaire recherché. C’est au contact d’Anne Le Bozec et Jeff Cohen avec lesquels il se produit en récital, qu’il découvre ce répertoire. Il forme avec le pianiste Tristan Raës le Duo Contraste. Des rencontres avec de grands interprètes de ce genre leur a permis d’approfondir et d’élargir leur répertoire avec notamment une masterclass avec Helmut Deutsch pour les Lieder ou des rencontres avec François Le Roux pour la mélodie. Leur éclectisme ne trouve pas de limite ! Lauréats du Concours Boulanger et triple lauréats du concours de musique de chambre de Lyon (dont 1er prix et prix du public),  ils sont dès lors invités à de nombreuses reprises à défendre le répertoire de la mélodie Française autours du globe (Palazetto Bru-Zane de Venise, Opéra de Paris, Festival de St Petersbourg, Musée Claude Debussy, Musée de l’Armée aux Invalides, Whigmore Hall à Londres et à Moscou…) et se font chantre de la défense de ce répertoire. Cyrille a pu également faire des récitals avec Michel Dalberto, Nicolas Stavy ou plus récemment un récital sur les Canticles de Britten à l’Amphithéâtre Bastille. Avec orchestre il a interprété les Illuminations de Rimbaud de Britten, Pulcinella de Stravinsky avec l’Orchestre de Normandie.

Après ses années au CNSM il intègre le prestigieux Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris qui lui donnera ses premières opportunités de se produire en scène : Sam Kaplan dans “Street Scene” de Kurt Weil, Gonzalve dans “L’Heure Espagnole” de Ravel, “la Resurezzione” de Haendle (Saint Jean) (direction Paul Agnew) et “La Finta Giardiniera” de Mozart (Il Contino Belfiore).

Hors Atelier il a également pu interpréter d’autres rôles tels : “La Flûte Enchantée” de Mozart (Tamino), “Gianni Schicchi” (Rinuccio – Gherardo) de Puccini, ou “Le viol de Lucrèce” de Britten (Male Chorus), “Les noces de Figaro” (Don Curzio) de Mozart. Ou à la suite du 21ème concours international de chant de Clermont Ferrand qui lui donne la possibilité de chanter, le rôle d’Edoardo dans “La Cambiale di Matrimonio” de Rossini dans de nombreuses salles françaises. Aussi a-t’il a pu rencontrer Jeannine Reiss, Dame Ann Muray et Nathalie Dessay lors de masterclass.

Son début de carrière l’emmène sur les plus grandes salles de France et d’Europe : à la Scala de Milan et l’Opéra de Paris dans “Les Contes d’Hoffmann” (Nathanaël), la Monnaie de Bruxelles début 2013 dans une création contemporaine de Benoît Mernier: “La Dispute” ou au Théâtre des Champs Elysées où il a effectué un remplacement au pied levé du Conte Almaviva dans « le Barbier de Seville » de Rossini. En 2014, il a interprété Gérald dans Lakmé à l’Opéra Théâtre de Saint Etienne ce qui lui a valu d’être considéré comme un des espoirs du chant Français (primé révélation lyrique 2014 par le syndicat des critiques musicaux). Après avoir été remarqué dans les 4 valets  des « Contes d’Hoffmann » à l’Opéra de Lyon, puis le rôle de Brighella (Opéra de Paris) couplé avec celui du Tanzmeister à l’Opéra de Toulon et fait ses débuts à Garnier (Opéra de Paris) avec le rôle d’Oronte dans Alcina de Haendel dirigé par Christophe Rousset ou dans la re-création à l’Opéra de Paris du Roi Arthus (Chausson) (avec Roberto Alagna, Thomas Hampson) ; il a été sélectionné en 2015 par le Centre Français de promotion Lyrique pour interpréter le jeune premier (Coelio) dans « Les Caprices de Marianne » d’Henri Sauguet dans de nombreuses salles de province. S’en suivent des rôles de plus en plus importants : il a été Pâris aux côtés de Karine Deshayes à l’Opéra de Toulon (la Belle Hélène, Offenbach) ; Ses débuts comme Gonzalve (L’Heure Espagnole, Ravel) au Festival de Glyndebourne (GB). Il a récemment été Don Narcison (Turco in Italia, Rossini) à Metz et Modena (Italie) ; Marzio (Mitridate, Mozart) au Théâtre des Champs Elysées et à Dijon,  et enfin Belmonte (Entführung auf dem Serail, Mozart) à l’Opéra de Lyon, ou Ferrando (Cosi fan Tutte, Mozart) à Rouen.

Il a été parrain de la journée européenne de l’Opéra au théâtre de Caen en mai 2016. Il a pu également participer à 2 saisons de l’émission « la Boîte à Musique » de Jean-François Zygel sur France 2. Mais fidèle au monde amateur et choral qui l’a vu grandir (dans la petite commune littorale de Ouistreham Riva-Bella) il n’oublie jamais de transmettre sa passion, aussi souvent qu’il le peut, dans la Manche où il habite maintenant.

Au disque, outre les enregistrements qu’il a fait étant enfant avec la Maîtrise de Caen (notamment les petits motets de Brossard, salués par la critique internationale), il a été l’invité de Radio France pour l’enregistrement de “Tistou les Pouces verts” de Sauguet et du Centre de Musique Baroque de Versailles pour “Renaud” de Sacchini, les Horaces de Salieri (à paraitre) avec les Talens Lyriques, et la Caravane du Caire (Grétry) avec les Agrémens, ou le Paradis Perdu de Théodore Dubois et la missa Sacra avec les Cris de Paris (direction Geoffroi Jourdain), ou le Désert de Félicien David avec Accentus (direction Laurence Equilbey), Les œuvres du prix de Rome de Dukas avec l’orchestre de la radio Belge (direction Hervé Niquet). Le CD de mélodies Française (Clairières dans le ciel) qu’il a enregistré avec Tristan Raës pour Hortus l’an dernier a reçu le diamant d’Opéra Magazine.

La rentrée 2017/2018 de Cyrille Dubois est mozartienne : il reprend son rôle dans Cosi fan Tutte en septembre à l’Opéra de Paris, puis enchaîne deux productions de La Cenerentola de Rossini (Don Ramiro), à l’Opéra de Lyon en fin d’année 2017 et au TCE pour clôturer sa saison. Parallèlement, il prendra part à la nouvelle production du Domino noir d’Auber à l’Opéra de Liège, dans le rôle d’Horace.

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1. Vous considérez-vous comme une figure contemporaine de l’Opéra ?

Cyrille Dubois : Je suis assurément un acteur de l’actualité de la scène Lyrique Française. Un artiste engagé qui défend une certaine vision de la musique classique et qui cherche à comprendre comment aborder cet art séculaire de façon contemporaine, avec les contraintes de notre temps : volatilité de l’information, recherche constante du sensationnel, relatif désintérêt du grand public pour tout ce qui fait appel à l’intellect. Bref tout le contraire de ce que nécessite précisément l’Opéra. C’est un vrai challenge que les artistes de ma génération doit relever pour ne pas voir complètement disparaître l’Opéra. Maintenant de là à dire que je suis une “figure” je ne le pense pas ; ma carrière est encore assez franco-française, je trace mon chemin, en regardant et respectant les figures du passé. L’histoire dira si j’ai fait avancer les choses ! Il est trop tôt pour le dire, et je ne suis certainement pas celui qui peut en juger.

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2. Comment définiriez-vous votre style ?

Cyrille Dubois : J’aime bien le qualificatif de “ténor 4×4” ! Plus sérieusement, je me risque, avec les particularités de mon instrument que je définirais comme “ténor de grâce”, vers toutes les catégories de musiques qui ne me mettent pas en danger. Ainsi, j’aborde volontiers le baroque, du Mozart, mais aussi du Rossini, de l’opéra comique Français, du contemporain et bien entendu le lied et la mélodie. C’est assez difficile de caractériser mon style. Je sais ce que je ne suis pas : un ténor verdien-wagnérien. Tous ces rôles me seront je crois assez inaccessibles. Maintenant, les choses qui reviennent le plus lorsque l’on parle de mes interprétations, c’est la musicalité. Et c’est tout simplement le compliment qui me touche le plus. Je n’ai jamais été touché par les artistes “aux moyens exceptionnels” mais qui sont incapables de faire la moindre musique. Et ce n’est pas de la jalousie que de dire cela, mais je pense qu’il faut faire avec son instrument et ses forces. J’ai eu la chance d’aborder un répertoire très vaste depuis mon plus jeune âge, ce qui m’a donné un “sens du style” qui est une chose difficile à appréhender et à comprendre lorsque l’on ne le ressent pas. J’ai une particularité également, qui me vient de mon approche chambriste, c’est l’attachement au texte que l’interprète se doit de faire passer.

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3. Vous avez commencé à chanter dès votre plus jeune âge…

Cyrille Dubois : En effet, même si je ne viens pas d’une famille de musiciens, on a toujours aimé la musique classique à la maison et mon père égayait les repas de famille avec des chansons populaires à la guitare. J’ai rencontré le chant vers 6 ans, mais depuis toujours je chante. Il existe des vidéos de famille sur lesquelles, depuis tout petit je chante. Le chant a toujours fait partie de ma vie. C’est une porte ouverte sur les âmes où toute tricherie est impossible.

4. Racontez-nous votre parcours

Cyrille Dubois : J’ai commencé la musique dans ma petite commune sur le littoral Normand, Ouistreham Riva-Bella. Il existait à l’époque une petite chorale d’enfant dirigée par une amie de la famille, Agnès. Très vite, elle a décelé chez le petit garçon des capacités hors du commun et m’a dirigé vers les classes à horaires aménagés de la maîtrise de Caen dirigée à l’époque par un Anglais, Robert Weddle. Ces classes ont été pensées sur le modèle des maîtrises anglaises : 2 heures de musique par jour dispensés au conservatoire de Caen et pendant les années de collège (6ème-3ème) avec une audition hebdomadaire tous les samedis midis. Ainsi pendant 7 années, j’ai découvert une grande partie du répertoire choral, lu énormément de musique, fait des voyages qui ont scellés ma destinée et forgé le musicien que je suis aujourd’hui devenu. 

A la suite de ces années, je suis retourné vers un cursus général, (par besoin d’expérimenter une vie sans musique, normale si l’on peut dire). J’ai ainsi passé un Baccalauréat scientifique, intégré une prépa puis une école d’ingénieur agronome. Tout cela pour me rendre compte qu’au final, il me manquait quelque chose. Aussi, le vide laissé par l’abandon nécessaire de la musique pendant quelques années, s’est creusé assez pour que, à dessein, je me redirige vers elle. D’abord sans vraiment croire que j’en ferai mon métier notamment pendant mes années à l’école d’ingénieur à Rennes ou dans les chœurs de l’Opéra. Mais le fait de rechanter m’a vite fait comprendre que je ne pourrais y échapper. Aussi, une fois mon master d’ingénieur en poche, j’ai passé le concours au CNSM de Paris et intégré le cursus de chant la même année. Ce serait mentir de dire que ces années au CNSM ont été heureuses. Sortant d’un master et avec le bagage de ma maîtrise, je me suis trouvé confronté à une structure très “académique” au niveau disparate, alors que je m’attendais à une émulation positive, un terreau pour développer encore mon érudition, au contact avec d’autres interprètes et instrumentistes alors que je recherchais plutôt un accompagnement vers une professionnalisation. Tout n’a pas été que négatif pendant ces années : j’ai pu consolider mon instrument et lui laisser le temps de se développer (dans la classe d’Alain Buet), parfaire mon niveau de lecture à vue, d’améliorer ma maîtrise des langues communes dans l’Opéra et surtout la découverte du Lied et de la Mélodie dans les classes de Jeff Cohen et Anne Le Bozec dont je ne manquerai pas de reparler tant ce répertoire m’est cher !

Je suis donc resté à la Villette un temps réduit en comparaison d’un cursus complet pour intégrer, par chance, l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris. Les concours de recrutement venaient d’avoir lieu et ils n’avaient pas trouvé de ténor cette session. Il s’est trouvé que j’ai été mis en contact avec le directeur de la structure, Christian Schirm. Après une audition, j’ai quitté le CNSM avec un examen et ai intégré l’Opéra. C’est vraiment là que débuta ma carrière. Avec 4 productions “maison” sur 2 saisons, j’ai pu faire mes armes et ainsi me faire connaître pour débuter ma carrière… la suite on la connait. 

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5. Quelles rencontres ont été déterminantes dans votre carrière ?

Cyrille Dubois : La première, c’est assurément Robert Weddle qui a posé les bases du musicien que je suis aujourd’hui et ouvert les yeux du petit garçon sur le monde de la musique. Ensuite, je dirais Anne Le Bozec, pour m’avoir ouvert de la plus belle manière le répertoire du Lied et de la Mélodie en m’appariant avec Tristan Raës, le pianiste avec lequel, près de 10 ans après, je fais de la musique de chambre. Nous avons construit une relation assez inédite dans le sens où nous ne sommes pas un chanteur et un pianiste, mais un vrai duo de musique de chambre. Nous abordons un répertoire le plus vaste possible. Avec la spécificité de nous positionner comme des vrais défenseurs de cette école Française que nous revendiquons. Ensuite, je suis toujours très révérencieux vis-à-vis des grands artistes lyriques que je suis amené à côtoyer dans ma carrière. Tous ceux qui sont toujours là après 20-30 parfois 40 ans de carrière et comme je me considère (encore pour quelques années) comme un jeune chanteur. J’ouvre grand les yeux et les oreilles dès qu’on peut croiser un Roberto Alagna, un Jonas Kaufmann, ou Ramon Vargas pour les ténors, une Natalie Dessay, une Ann Muray, une Joyce Di Donato, une Marie-Nicole Lemieux… tous ces grands interprètes mondialement connus et dont j’ai pu partager le quotidien et dont j’espère suivre le chemin… 

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6. De quelles figures lyriques vous sentez-vous l’héritier ?

Cyrille Dubois : Je n’ai jamais construit ma carrière avec le culte de la personnalité de quelqu’un d’autre. Une des grande leçon que j’ai apprise (dans la souffrance) est qu’il faut trouver sa propre voie(x). En cherchant à “ressembler à”, et mal guidé, j’ai un temps abîmé mon instrument et me suis rendu très malheureux car je n’y arrivais pas… Je faisais ce qu’on me disait de faire, mais je ne maîtrisais rien, c’était une vraie douleur presque physique car le corps me disait que ce n’était pas la bonne voie. C’est pour cela que les professeurs ont une très grande responsabilité dans leur discours qu’ils doivent adapter à chaque élève plutôt que d’essayer d’imposer une technique, une esthétique, une façon de faire (souvent la leur) à un élève.

Ma démarche, depuis que je me suis affranchi de cette vision est de construire ma propre couleur en étant ouvert à tous les discours (je pense qu’un temps il est utile de suivre un enseignement pour poser les bases, mais ensuite, c’est salvateur d’aller glaner ci-et-là plusieurs méthodes pour construire sa solution). J’écoute donc plusieurs chanteurs qui sont des références et permettent de trouver des solutions, et plusieurs chanteurs sont bien évidemment des modèles: Pavarotti pour la ligne de chant, Domingo pour le soleil et la longévité, Alagna pour la diction dans le répertoire français, Florèz pour le bel canto etc…. On peut être à même de déceler chez tous ces “grands chanteurs” quelles sont leurs forces. Maintenant, il y a des chanteurs à la carrière plus confidentielle parfois, mais qui me bouleversent: toujours chez les ténors : j’adore la suavité et l’intelligence de Bostridge, de même chez Prégardien pour le Lied, Yann Beuron pour le Français également et qui est le chanteur dont ma voix se rapproche le plus peut-être.

Je fais donc ma “sauce” avec toutes ces esthétiques pour me nourrir artistiquement. Et c’est formidable car en “un clic” on peut avoir accès à ce qui se fait en ce moment et ce qui s’est fait même à l’époque et nous sommes la première génération à avoir autant de traces sonores. A nous d’en dégager une synthèse pour pouvoir ensuite se dire en conscience; je choisis de m’inspirer de telle esthétique ou au contraire, je m’en affranchis. C’est cette approche qui m’intéresse et précisément dans le Lied et la Mélodie, construire une interprétation éclairée par celles du passé, mais bien contemporaine et propre à ma génération, à l’esthétique que le public d’aujourd’hui peut attendre. En ce qui concerne un héritage, je suis plus tenté par le fait de défendre une façon de faire “à la française”, nourri par les codes et l’histoire de notre musique que par une figure car en soi, plus que les personnes c’est la musique qui importe….

7. La journée type d’un ténor ?

Cyrille Dubois : Cela dépend du moment. Si je suis à la maison perdu dans ma campagne Normande, je reste éloigné de tout ce qui a trait à la musique. J’ai besoin de cette dualité dans ma vie: à la campagne, je me recentre sur l’essentiel: ma famille, mon foyer. Très différent de mes temps à la ville: emploi du temps surchargé en période de production. Quand je ne répète pas les spectacles à venir (ce qui peut prendre parfois jusqu’à 6 heures par jour), je prépare ceux à plus long terme, je lis du répertoire, je me renseigne, je développe et entretien le réseau qui est indispensable dans la carrière. 

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8. Comment gérez-vous vos émotions avant de rentrer sur scène ?

Cyrille Dubois : Ainsi que je l’ai dit, la musique a toujours fait partie de ma vie. De même que les spectacles. Je ne pourrai pas dénombrer le nombre de fois où j’ai chanté en public depuis que j’ai commencé il y a plus de 20 ans. Probablement pas loin de 1000 ! Me produire devant un public est une chose assez commune pour moi finalement. Il y a des échéances sans stress, de plus en plus rares, et d’autres que l’on sait ne pas devoir rater. C’est donc un composé d’habitude et de routine qui permet de gérer les émotions. Les journées de spectacles sont rythmées invariablement par un lever assez tard, un bon plat de pâtes vers  15H, puis je me rends à la salle vers 17-18H, quelques échauffements vocaux et physiques, maquillage puis 30 minutes avant on met le costume, on se recentre. Et démarre le compte à rebours. J’ai toujours détesté ces 30 dernières minutes! Je veux toujours y aller! C’est d’ailleurs plutôt bon signe !

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9. Parlez-nous de votre répertoire

Cyrille Dubois : Infini ! Je n’établis que deux limites à mon répertoire : celui de ma connaissance, et de mes possibilités vocales. Je prends tout le reste! Pour être plus concis, je crois avoir démontré ces dernière années que l’on pouvait compter sur moi pour tous les rôles de ténor Mozartien (légers d’abord, mais les gros viendront assurément). J’ai abordé très jeune le répertoire baroque et j’aime le faire donc j’espère pouvoir également continuer. J’ai une approche prudente du bel canto Rossini, Bellini, Donizetti sont des choses que je fais ponctuellement et avec prudence car je ne veux pas faire que cela. Ma voix aujourd’hui me permet une agilité dans les vocalise et un ambitus assez élevé donc ce répertoire s’impose à moi, mais j’y vais doucement car il y a des références absolues et nous sommes diablement attendus ! C’est un répertoire stressant.

Je l’ai dit le contemporain ne me fait pas peur, et j’aime la démarche de pouvoir participer au processus créatif d’une nouveauté avec cette part d’inconnue et le fait de pouvoir poser son empreinte, son esthétique sur un territoire vierge! Mais tout les chanteurs ne le peuvent pas. Il faut avoir cette maîtrise du solfège pour être armé contre les pièges des compositeurs modernes.

Ensuite l’opéra comique Français, qui est un pan qui, un temps a été complètement mis de côté, mais qui, sous l’initiative notamment du Palazetto Bru Zane semble revenir. Faire des opéras oubliés est très intéressant, toujours dans cette volonté de surprendre le public. Avec le double intérêt de pouvoir chanter dans notre langue. Cela peut sembler bête de le dire, mais normalement les interprètes Français devraient être les mieux à même de chanter leur langue…  Ce qui n’est pas toujours le cas. Mais le chantier de la diction lyrique française est ouvert et je m’en fais volontiers l’ambassadeur!

Enfin, “the last but not least”, le Lied et la Mélodie dont les frontières sont elles vraiment infinies car il n’y a aucun répertoire qui ne puisse être abordé.  Je le disais récemment, c’est un répertoire que j’aborde avec une attention exacerbée à la poésie mise en musique, sur le texte et les couleurs. La mélodie, c’est ce que j’appelle l’empilement interprétatif, un genre qu’on qualifie trop souvent d’élitiste mais je préfère dire éduqué. D’abord il y a le texte, les mots, le rythme du poème. Nous avons la chance d’avoir une langue séculaire d’une richesse spectaculaire. Je me délecte des mots de poètes comme Théophile Gautier, Baudelaire, Sully-Prudhomme, Verlaine etc. On ne peut pas s’affranchir d’aimer les textes lorsqu’on parle de mélodie. On peut regretter que l’on déflore peu à peu notre belle langue dont les subtilités s’effeuillent au fil du temps. Donc d’abord le poème, puis le compositeur qui peut soit suivre la musique du texte, soit s’en affranchir.

Il y avait il y a quelques temps sur mon site internet cette citation de Wagner « la musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots ». Même si je ne comprends pas forcément la musique de Wagner (ce lyrisme grandiloquent me laisse assez indifférent), je comprends où il voulait en venir avec cet adage : la musique est un medium extrêmement puissant. Un vecteur assez absolu en termes d’émotions qu’elle peut susciter.  Il est souvent éclairant de voir à quel point, face à un même texte, des compositeurs suivent des voies différentes. On peut parler d’une forme de madrigalisme dans le lien entre le mot et sa musique dont le rapport installe une ambiance particulière.

En outre, nous avons en France, la chance de compter parmi les plus grands harmonistes et mélodistes de la musique. Et enfin, il y a ce niveau infini qu’est celui de l’interprète qui me fascine. Il faut que le spectateur sache que lorsque Tristan et moi travaillons la mélodie, nous nous posons des questions sur tout. Ainsi que le poète qui choisit ses mots ou le compositeur ses notes, c’est à l’artiste-interprète de proposer une façon de voyager ou une autre, de faire vivre tel mot ou telle note. C’est le plus noble sens du mot « interprète » ; c’est de sa sensibilité que naît l’émotion et c’est lui qui transmet au public ce qui n’était pour lors, que sur le papier…. Quant au genre de la mélodie Française,  pour moi c’est la subtilité et la fragilité qui prévalent. Il existe vraiment une école française de la mélodie qui est directement dans lignée de Fauré à Nadia et Lilli Boulanger, par exemple. Et nous nous faisons fort d’en répondre. Ce qui m’intéresse également dans la mélodie, c’est d’en donner une approche actuelle. J’interprète la mélodie avec ma sensibilité d’artiste contemporain.

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10. Quelles images avez-vous en tête lorsque vous chantez sur scène ?

Cyrille Dubois : C’est une question que je ne me suis jamais posé parce que je n’en ai aucune. Je me laisse porter par ce que je raconte. J’interprète en essayant de garder le contrôle sur l’aspect vocal et technique, mais sinon je me laisse faire par le chef ou le pianiste en suivant les contraintes du metteur en scène si besoin. Tout le travail imaginaire est fait avant. Il faut voir que l’on peut se laisser guider par l’univers d’un metteur en scène ou y mettre un peu de soi, de son vécu. 

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11. Comment parvenez-vous à apporter votre sensibilité artistique à un rôle au regard des exigences de jeu théâtral et de technique vocale ?

Cyrille Dubois : C’est une chose qui se construit, normalement en concertation avec le metteur en scène qui ne peut brider l’instinct de l’artiste. Le chant et l’opéra est un art viscéral. Pour toucher la corde sensible du public, l’interprète doit se mettre à nu et ainsi dévoiler ses faiblesses et sa propre sensibilité. Chose qui selon moi, ne peut arriver sous la contrainte. Alors on compose avec l’imaginaire du metteur en scène pour arriver à un compromis qui ne se fasse pas au dépend de l’imaginaire et la vision d’un artiste sur sa façon d’interpréter le rôle. Mais à la fin c’est l’artiste qui est le médium des émotions. On peut néanmoins par le travail, transformer cette vision, lâcher des choses auxquelles on ne s’attendait pas. Mais mon expérience est trop limitée pour avoir été confronté à des choses qui me poussent si loin dans mes limites… Je n’attends que de le découvrir.

Quant à la technique vocale, là encore il faut transiger. Il y a des choses impossibles. On ne peut pas chanter sur les mains, mais de ce côté là, suivant l’exemple de Natalie Dessay par exemple qui se jetait corps et âme dans toute ses interprétations scéniques, je suis tout à fait ouvert à tenter des choses et sortir un peu de la zone de confort pour essayer des choses. Pour preuve, ce récent Cosi à l’Opéra de Paris qui était tout sauf confortable d’un point de vue technique pour un résultat qui me semble coller à ce que voulait la chorégraphe. Pour autant, nous avons collectivement posé des limites pour ne pas nous mettre en danger : mais là encore, cela dépend des chanteurs. 

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12. Quel regard portez-vous sur votre vocation relative à l’Art dans sa dimension absolue ?

Cyrille Dubois : Cela sort un peu de mon champs de compétence : je n’ai jamais été bon en philo (rires). Je vais donc dire mon sentiment : pour moi, l’Art est lié à l’émotion dans une façon presque absolue. L’Art n’en est que si il provoque chez le spectateur une réaction.

Parfois de rejet : cela arrive trop fréquemment dans l’accueil d’une mise en scène. Je pose la question de façon un peu provocante : Faut-il pour autant nécessairement vouloir choquer ou surprendre dans l’Art ? Ne peut-on pas (ne sait-on pas?) plus souvent construire des choses classiques ou conventionnelles? A mon sens, on perd une grande partie du grand public à ne construire des mises en scènes trop alambiquées ou tout simplement inutiles. 

Parfois ce sont des réactions bénéfiques. Et ce sont souvent celles-ci les plus mémorables. C’est cela que je cherche à faire en tant qu’artiste. Faire oublier au spectateur sa condition humaine. L’une des finalités de l’art, n’est-elle pas d’adoucir le passage des Hommes sur la terre ?

 13. Quelle musique écoutez-vous ?

Cyrille Dubois : J’écoute assez peu la musique hors du travail. Le classique est donc quelque chose que j’écoute volontiers, mais je peux très bien essayer de me couper du monde de la musique classique en écoutant de la variété actuelle. J’aime beaucoup la musique de Film qui se rapproche certes souvent de la musique classique mais très grand spectacle et d’ailleurs c’est fantastique ce style de musique, car il réconcilie l’art de la musique classique pour les foules, ce que nous n’arrivons pas à faire dans l’opéra. Pour l’instant, les opéras contemporains (en France du moins) sont très éloignés des aspirations du grand public. Il y a bien la comédie musicale, mais on peut déplorer que l’on ne s’en empare que si peu dans notre pays : où est le Broadway ou le West End Français ?

14. Quels rapports entretenez-vous avec le public ?

Cyrille Dubois : J’aime les moments d’échange avec le public. La présence de personnes à la sortie des artistes traduit toujours un attachement aux interprètes qui est très touchant. Et je consacre toujours du temps à ces personnes. Je fais aussi ce métier pour ce contact. Ce public est parfois complètement novice et auquel cas, c’est fascinant d’avoir réussi à les attirer dans des endroits qu’il ne connaissait pas, ou alors un connaisseur et un amateur, ce qui ne me distingue alors nullement de lui car au final, la passion d’un amateur est très proche de celle d’un professionnel !

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15. Quelles sont vos passions personnelles ?

Cyrille Dubois : J’aime me ressourcer en famille dans mon jardin au contact avec la nature, la mer également comme j’ai grandis sur les bords de la Manche. 

16. Quels sont vos projets à venir ?

Cyrille Dubois : Mes projets à court termes m’emmènent sur la scène de l’Opéra de Lyon pour la Cenerentola, puis le Domino Noir à Liège puis à l’Opéra Comique.

J’aime enregistrer et plusieurs choses vont sortir sous peu (Les Troyens, du Debussy, le Devin du Village de JJ Rousseau, les pêcheurs de perles (…), et je travaille sur de nouveaux projets discographiques.

Pour ce qui concerne les saisons suivantes, je peux d’ores et déjà annoncer un Hyppolyte, un Enlèvement au Sérail et un Dialogue des Carmélites, de nombreux récitals de Lied et Mélodie dont un au prestigieux Wigmore Hall à Londres. Je poursuis donc le chemin commencé…

En savoir plus sur Cyrille Dubois http://cyrille-dubois.fr/

Dean West, photography grounded in reality

A wide range of environments and character types are explored in the works of New York City-based Dean West. The Australian-born (1983) artist who studied at the Queensland College of Art, is best known for his intricate and highly staged photographs that take everyday occurrences beyond the realm of natural reality. Extraordinary in their tonal range, digital clarity, and artistic vision, Dean West’s meticulously choreographed scenes, character studies, and atmospheric landscapes powerfully yet synthetically link needs to desires and documentation to invention.

Passionately dedicated to the vast possibilities of digital photography as both a medium and a cultural epoch, Dean West’s narratives draw inspiration from the total diversity offered by the visual arts. While the tableau photography of Stan Douglas and Jeff Wall inform Dean West’s understanding of photography as a form of contemporary communication, the paintings of David Hockney and Edward Hopper provide evident aesthetic direction. The fictional world of cinema and the functional language of advertising have also clearly left their mark and taught lessons of their own.

International brands have embraced Dean West’s vision through partnerships and important clients such as Disney, MTV, Bombay Sapphire, and Fox Sports. Recognized as one of Saatchi & Saatchi’s “Top 100 Emerging Photographers” in 2008, Dean West has also been honored with “Advertising Photographer of the Year” at the International Loupe Awards (2008) and the prestigious “Arte Laguna Prize” in Venice, Italy (2009).

International art curators have taken notice of the accomplished skill Dean West applies to both his digital photography technique and the complex, cerebral narratives offered in his images. His works have been exhibited at important institutions around the world including the Columbus Museum of Art (2012), Faneuli Hall Museum of Boston (2015), the Paris Expo Porte De Versailles (2015), Puls 5 Gallery in Zürich, and the Discovery Times Square Museum in New York City (2014).

Hailed as one of the most promising artists of his generation and identified as one of the most accomplished practitioners of digital image making as an art form, Dean West has been honored by acquisitions of his work by some of the most prestigious collections of contemporary art, including that of Sir Elton John.

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1. Do you consider yourself as a figure of contemporary photography ?

Dean West : Absolutely. I’m interested and dedicated to the vast possibilities of digital photography as a medium and a constantly experimenting with new ways to change the way we look at the world through the lens. I believe my staged works sit comfortably within the blurred lines of documentary and fiction.

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2. How would you describe your style ?

Dean West : Painterly, surreal, hyper real, conceptual & illustrative are words that get thrown around a lot when describing my work. It’s hard to pin point exactly what it is that I do as the works vary so much from each commission or series.

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3. What led you to photography ?

Dean West : My interest in photography began at age 7 after receiving a 35mm camera (something I’d requested throughout the year) and on the first roll of film there were some photos in there that gave me and my family an idea that maybe this was something that came naturally to me. I was lucky enough to have had some inspiring teachers throughout high school, which increased my passion of the medium right through to university where I studied at the Queensland College of Art with Griffith University. My original intentions were to just do commercial photography however studying at a traditional art school gave me so much more. I’ve been lucky enough to have had some great mentors along the way such as Erwin Olaf, whom I had the chance to study under at the Australian Center of Photography.

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4. What is your vision of photography these days ?

Dean West : I see the medium continuing to evolve along with advances in technology much like it has always done through it’s short history. Just as Eggleston and Shore opted for color film over B&W and became pioneers of color photography, I have embraced the digital movement at its earliest stage. It has taken me 11 years of working with digital photography to finally reach a point where I’m happy with the quality. I have now developed the appropriate processes and techniques that rival, and in many cases now supersede large format film. For the most part, the work that I produce is possible because of these technological advances, and I hope that I will continue to push the boundaries of the medium as I experiment more and more.

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5. What other artists inspire you in your work?

Dean West : A range of disciplines and artist inspire my work. Directors like Wes Anderson and The Coen Brothers, painters like Hopper and Hockney, photographers like Andreas Gursky, Gregory Crewdson and Alex Prager are all great influencers.

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6. What is your view on David Hockney’s artwork ?

Dean West : I’m a huge fan of Hockney’s aesthetic and style from his pool scenes to his portraits. Hockney’s naturalistic representations of the human figure are much like a stylized cinematic production. There’s a reason Hockney is one of the most popular and widely recognized artists of this generation. His achievements across painting, drawing, print, photography and video is truly exceptional. I also very much appreciate how fluid he has been in changing his style of and ways of working, embracing new technologies as he goes.

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7. Your work seems to incorporate a lot of narrative into the image, particularly classical mythology and stage design…

Dean West : I was particularly interested in appropriating Greek mythologies after college as I was trying to hone my skills in creating imaginary worlds. The narratives within Mythology provided endless inspiration (and challenges) forcing me to develop new and cost effective methods of creating.

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8. How do you develop that style of imagery close to oil painting ?

Dean West : This style is the result of choreographing each little detail within the scene and the painterly effect is a natural result of these decisions. When you combine the perfect location with the great casting, styling, prop design, set design and lighting, everything harmonizes to this very painterly effect.

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9. Your photographs can evoke choreography of a new kind of ballet companies…

Dean West : I see my role as being closer to a director than a photographer. In the earlier days my work used to be quite theatrical however I find myself more and more these days, looking at the world around me and going with more naturalistic talent direction.

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10. What materials do you use ?

Dean West : I use a large format camera, much like the olden days where you put the cloth over your head however now the film back has been replaced with a digital back. The back moves across the image allowing me to multiply the resolution of each scene.

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11. What does the creation process consist of ?

Dean West : I usually begin with an inspiration or a basic, nebulous concept and then fine-tune it throughout the creative process. I work with professional illustrators to help me sketch out the concepts and define the original vision before commissioning my team to do the production. This could involve set building, prop making, styling etc. all depending on the complexity of the idea. All the pieces then come together for the shoot phase before going into the post production and print testing.

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12. What single most important factor is important to make a great picture ?

Dean West : Being aware of the reasons why you’re taking a photograph and the process it takes to get there is the most important. I’ve always loved that Jeff Wall quote, “I begin by not photographing”.

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13. What are your future plans ?

Dean West : I’ve been working on a still life project/exhibit all 2017 which will be debuted in 2018. It’s the first time I’ve produced conceptual imagery without people.

More about Dean West : http://www.deanwest.com

Nicole Van Dyke, an american in Paris

The Nicole Van Dyke collection is equal parts cool and caring : creating fabulous fashion from existing fabrics & leathers, and from handwovens exclusively designed and woven for the collection. The limited edition accessories & clothing are crafted entirely in France by skillful artisans : helping to pretty the planet, not pollute it. Nicole Van Dyke collects vintage fabrics during her travels around the world, and vintage leathers in Paris. A creative collaboration with a talented textile designer and weaver (who happens to be her mum), features wools and mohairs for Fall, cottons and linens for Spring. Nicole Van Dyke’s adventure, started in New York and continued in Paris, mixes treasure hunting for great materials with a passion for great design.

An eclectic upbringing between the urban streets of Berlin, where her mom grew up, and the gorgeous landscapes of Michigan and the American Midwest, where her dad is from, combined for an indelible mark on her aesthetic. Chic, modern & urban mixed with relaxed, unpretentious & comfortable – a Nicole Van Dyke design can go anywhere, with anything.  Graduated from art history at the University of Michigan, she then studied fashion design at FIT in New York, where she received the ready-to-wear design award of her graduating class. Nicole Van Dyke now designs and produces her eponymous collection in Paris. 

While designing lingerie for mega-brand Victoria’s Secret on Seventh Avenue, Nicole Van Dyke’s own label also took flight, and the limited edition series began selling at a handfull of favorite retailers worldwide. At the same time, love entered in the form of a dashing Frenchman. Unable to resist a new chapter, Nicole Van Dyke married her Frenchman in the vineyards of Saint Emilion, and settled in Paris. They currently live with their 2 daughters in what the designer affectionately calls ‘the Brooklyn of Paris’, Boulogne.

Each Nicole Van Dyke design tells a unique story, it sparkles in a girl’s everyday wardrobe. 

© Sylvain Bardin

1. Do you consider yourself as a figure of fashion ?

Nicole Van Dyke : Based on the happy praise of girls around the world who wear my collection each season, I do – happily dressed clients are true validation and joy !

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© Tetsu Takiura

2. How would you describe your style ?

Nicole Van Dyke : 50’s and 60’s chic meets a modern, touch-of-rock-n-roll easiness. If it’s a little chic, it has to be a little sexy, too. There is also an element of fun, whether it’s in the color, the shape, or a detail.

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© Tetsu Takiura

3. Designing, a vocation ?

Nicole Van Dyke : Yes. Although it was a passion while growing up, I realised it even more during my Art History studies at both the University of Michigan and at the University of Tuebingen in Germany. I was busy building a visual vocabulary with which to write my fashion story. Moving to New York to study fashion and then work there as a designer became the obvious path for me.

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© Sylvain Bardin

4. Tell us more about your cursus…

Nicole Van Dyke : Growing up surrounded by sewing machines, mannequins ready for draping fabrics,and my mom’s beautiful Swedish looms for weaving, I have been designing and creating since I was little – at least since 8 or 9 years old, when on a trip in L.A., I discovered Vogue magazine. The owner had stacks and stacks of them, I spent the rest of the trip pouring over them. Oddly enough, my second huge turning point happened on a trip to California as well. I toured the original Getty Museum with my family as a teenager, and in the gift shop I found the most beautiful big monograph on Cristobal Balenciaga. His cuts and volumes just wowed me completely. There is a sense of costume that I really love about fashion, even the simplest outfit or handbag can be a great « shield » with which a girl protects herself in her daily life.

After earning my degree in Art History, I studied fashion design at NY’s Fashion Institute of Technology. I appreciated the hands-on philosophy, since I have always worked from materials more than drawings. I cut my design teeth at Ann Taylor and Victoria’s Secret, before meeting a Frenchman in a Tribeca bar, moving to Paris, marrying said Frenchman and starting my brand in 2004.

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© Sylvain Bardin

5. Could you present your brand ?

Nicole Van Dyke : « American designed, French made ». My unique vision of mixing both, from my New York training and beginnings, to my living and working in Paris now.  Nicole Van Dyke is a collection of limited edition pieces, accessories and ready-to-wear, made from vintage fabrics, Italian leathers, and handwoven textiles, a collaboration with my mom.

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© Tetsu Takiura

6. What are the artistic universes that influence your work ?

Nicole Van Dyke : Art, architecture, music, cinema. .. I love how artistic domaines overlap : Alex Katz paintings, colorful Eames designs, the clear lines of Mies van der Rohe, just to name a few. I feel that fashion channels a lot of the concepts in these bold artistic universes, and makes them accessible to anyone.

I love working with vintage fabrics, laces and trims that I collect in my travels, the idea of giving new life to a material with a history. The colors, the textures, I am drawn to materials with a previous story.  Broderie anglaise, or eyelet, and cottons & linens for spring/summer, and menswear woolens and silks for fall winter.

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© Sylvain Bardin

7. What are the values you wish to share with your brand ?

Nicole Van Dyke : I am absolutely passionate about designing limited edition pieces from gorgeous materials, primarily vintage finds or handwovens exclusively created for the collection. Then making them in a responsible way, locally in Paris. Fabrics, trims and leathers that have a history, that I reinterpret in a fresh, modern way, all to express a girl’s individuality. That extra special detail makes all the difference. NVD values beautiful materials, and a ‘locavore’ craftmanship that I can oversee closely, before the bag, top or dress arrives in Tokyo or Tribeca.

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© Sylvain Bardin

8. What mission do you give to fashion ?

Nicole Van Dyke : To let a girl experiment with her look, to follow her own rules, to trust her instinct as to what is just cool/pretty/functional/fun, not what is simply in.  Fashion is constantly evolving, that’s what makes it such an enjoyable journey.

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© Sylvain Bardin

9. What did you take from your experience as a designer at Victoria’s Secret ?

Nicole Van Dyke : It was a wonderful, big-time, sparkly NY fashion experience !  Seventh Avenue office up in the sky – I bought a pre-war studio apartment in Chelsea and walked to work ! Fabulous international design studio : we designers came from the U.S., Britain, Roumania, France, Canada… I learned so much about designing there for a huge concept, and to believe in your concept and really go for it.  I was also there for the ‘birth’ of the VS fashion show – Stephanie Seymour and the supermodels sashayed around the design studio with us !

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© Sylvain Bardin

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© Sylvain Bardin

10. You love the glamour of 50’s and 60’s Hollywood…the cinema inspires you ?

Nicole Van Dyke : Absolutely.  My parents showed me Natalie Wood movies really young (my dad’s favorite) and a whole aesthetic world opened up to me. Especially when you grow up a kid in the U.S. and you’re watching movies with your friends like Ghostbusters and Vacation !

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© Sylvain Bardin

11. What cultural differences are strongest between the French client and the American client ?

Nicole Van Dyke : I really love observing those differences : polished and finished American, slightly disheveled and tousled French… Sporty American, lean and slim French… They are only clichés but there is a spot of truth to them !

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12. Upcoming projects ?

Nicole Van Dyke : I just launched the renovated website, which is an ongoing, exciting project.  So many aspects : responsive for the mobile-phone client, pretty and fun e-shop, and my blog called NVD World, all rolled into one website.  A fashion website should be a great place to stop by, just like a favorite brick-and-mortar shop. Interesting articles and photos covering my inspirations, the design and creation process, and the montly article « what’s in her bag ? » featuring a cool woman and her NVD bag…  and much more to come.

More about Nicole Van Dyke www.nicolevandyke.com

Ian Rayer Smith, painting that makes visible the invisible

Since graduating in 2013, british contemporary artist Ian Rayer Smith has been prolific in his creating and is establishing himself as a highly accomplished and award winning artist, who explores and pushes the boundaries of contemporary painting with his own unique expressive style.

His work is highly charged with emotion, vibrant and energetic. Strongly influenced by the work of the abstract expressionists and the romantic light of the old masters, Rayer-Smith’s large oil and acrylic paintings effortlessly fuse abstraction, the figurative and the surreal. Ian Rayer Smith paints full time from studios in Manchester and in rural North Shropshire, England.

Voted one of Manchester’s Top 10 Artists by Manchester Confidential and Winner of the 2014 Warrington Contemporary Prize, Ian Rayer-Smith has been hailed as one of the North’s artists to watch. 

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1. Do you consider yourself as an emerging artist in contemporary art?

Ian Rayer Smith : I hope so. As a contemporary painter, I’ve been constantly experimenting and evolving to the point where I have now established my own artistic identity that validates me as an artist. Having said that, in many ways I feel I’m only at the beginning.

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2. How would you define your style?

Ian Rayer Smith : I would say I’m a contemporary expressionist, I like my paintings to show a raw honesty and passion in the way the paint is applied. I also want my work to look contemporary, current, fresh and of its time, although there are definitely classical references to be seen in my work.

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3. Can you talk about your formative years as an artist?

Ian Rayer Smith : I started painting relatively late in life after a career in business. Initially it was a distraction from the strains and pressures business life. But, slowly, painting began to take over. I wasn’t particularly well versed in technique at first, but I enjoyed it immensely. I gave up the corporate life and went to art school when in my late 30’s. Four years later, after completing my studies, I had established a definite sense of artistic direction, as well as valuable skills. I just knew I wanted and needed to paint full time.

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4. Do you remember your first interaction with art?

Ian Rayer Smith : I suppose the most impactful memory was seeing a particular contemporary painting in a gallery which inspired me to start painting myself. I bought that painting, I still have it on my wall.

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5. What other artists influence you, both contemporary and historical?

Ian Rayer Smith : There are so many artists that have influenced me. I think it’s important as a painter to know what is happening today in painting and what has happened before. It really helps in contextualising one’s own work and position. I’ve always been influenced by the abstract expressionists – for their passionate paint handling, invention and, most importantly, for the freedoms that come from dispensing with the representational image.

Over the years I have looked further and further back in time, and in particular I’ve found the Renaissance to be a hugely inspirational period. I find the use of light, dark and compositional techniques to be thrilling and strangely contemporary.

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I have always been fascinated by the abstract expressionists. Their reputation was made mainly by the masculine, almost macho works of the better known names, but in fact my favourite artists from the abstract expressionist movement are predominantly the female painters. Joan Mitchell is probably at the top of the list. Her paint handling seems so much more vibrant, visceral and passionate than that of any of her male contemporaries. Also, Willem de Kooning and the lesser known Milton Resnick are hugely important to me. I admire many of today’s major contemporary painters, especially Albert Oehlen, Adrian Ghenie, Georg Baselitz, George Condo, Cecily Brown, Eddie Martinez and Philip Guston. However, when I look at these painters, their subject matter almost seems less important to me than the inspiring way in which they handle their materials.

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6. How did you first begin to develop your unique style?

Ian Rayer Smith : About three years ago, I hit a ‘block’ in my work, like most painters do at some point. I had reached a stage where I did not know what to paint or what I wanted to communicate, and it felt that the ideas I had may be bogus. The idea of painting something representationally seemed stale. That’s when I became interested in psychic automatism and the work and teachings of Franz Kline. He essentially believed in first ‘pouring out’, then editing. I also became interested in artists whose work is centred around mark making itself. You could say my style combines these systems with my own ideas. Colour is more important to me now than it ever was, and I love the expressiveness and experimentation it can offer.

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7. How do you manage to fuse abstraction, the figurative and the surreal?

Ian Rayer Smith : Pure abstraction often lacks passion. Therefore, I feel it’s important to have some figurative element, or the suggestion of one. I want my paintings to have an emotional impact, and so the injection of organic elements can be a helpful tool for me. Yet I’m not interested in the recognisable human or any other figurative form. I lean towards the creation of new forms, that suggest something living in the image. Doing this means that I am not restricted by conventional figurative forms, which gives me far greater creative freedom. I love the element of surprise that this can bring to my work.

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8. How do you nurture your creativity?

Ian Rayer Smith : I like (and need) to paint every day. I have two studios, so having one at home and another away from home makes this easier to do. I have a strict routine, and I’m definitely at my most creative in the morning, so I start very early in the day. I draw a lot as well, although generally this is done as a form of warming up, rather than as preparatory work for my paintings.

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9. What can you tell us about your painting process?

Ian Rayer Smith : I find it easier to work on several paintings in a series, and I often have many paintings in progress at any one time. For me, that keeps things very loose and free, enabling me to avoid ‘tightness’ in any particular painting, which can stifle the energy in a piece.

I also like working on various scales and surfaces, changing things to avoid get too comfortable or formulaic. I have to have an idea of what I’m going to do, but it nearly always changes and develops during the act and process itself. I find this keeps things energetic and exciting.

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Occasionally, accidents will happen, and I will often embrace them and use this creative energy to inform new works and ideas. I need to paint in isolation. I’m at my most comfortable when I’m in my Manchester studio, where I get the buzz of the city around me, yet I’m alone and don’t get distracted.

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10. What can you say about the difference between light in a painting and light in nature?

Ian Rayer Smith : Light in a painting can be used to create emotion. In a painting you can exaggerate the light to highlight certain areas or elements in that painting. It helps to bring life to an image and create mood.

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11. What are some of your favourite art world hangout spots?

Ian Rayer Smith : From where I have been so far, it is hard to top walking around the Chelsea Gallery District in New York. It is so dense, with literally hundreds of important commercial art galleries. The Broad in Downtown LA is also an amazing building with a very impressive collection of contemporary painting and sculpture. The Louvre and the Pompidou are both breathtaking in their quality. The Saatchi in London is always great fun.

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12. What are your future goals and ambitions as an artist?

Ian Rayer Smith : I have always thought of different ideas, goals or objectives for my own future as an artist.

Yet, as many will know, it’s a very difficult world to crack. I like the challenge of that. I’m selling my work, and it’s very humbling when somebody wants to own something that you have made, something which is produced in a very personal way.

Ultimately I want to have some recognition in the art world as a painter of some importance. Being represented by an established gallery can allow me to dedicate all of my time to creating the work.

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More info about Ian Rayer Smith : www.ianrayersmith.com

Painting is silent poetry with Betsy Eby

In her paintings, Betsy Eby fuses the line between the musical and the visual composition. A classically trained pianist, she seeks in her work what Rothko described as “the place where music lives.” The layers and gestures of her paintings evoke musical spaces and rhythms while drawing on patterns found in nature. From her early childhood, musical and natural rhythms blended in Eby’s sensibility. She spent her first years of life in a small town on the Oregon coast, practicing at the family piano by the age of five. Today her work reveals that interconnected sensitivity: her delicate, organic compositions become synesthesias of sound and image.

Painting with Fire features the artist’s recent paintings that utilize the technique of encaustic, which means “to burn.” The process is an ancient one by which layers of pigments, sap, and wax are fused together by the flame of a torch. Eby has slowly refined the technique to her own language, composing dynamic surfaces and deep, luminous spaces. Her abstract paintings incorporate a soothing palette and subtly reference wildflowers, flowing water, migratory birds, frost covered leaves, and misty forests. By employing beeswax in her painting process, she slowly builds up the surfaces of her canvases, creating depth and texture that heighten the organic quality of her work. Her paintings are visceral, yet for Eby they shimmer with something more of the mystical, hovering between material and immaterial worlds as do the worlds of sight and sound.

Betsy Eby received her BA from the University of Oregon. She and her husband, painter Bo Bartlett, split their time between studios in Columbus, Georgia, and Wheaton Island, Maine. She savors the spaciousness and light of both of these studios, and her paintings evoke the atmosphere of the vast ocean that surrounds her small island residence in Maine. Her work has been shown and collected by the Georgia Museum of Art and the Columbus Museum, and she has shown frequently with Winston Wachter Fine Art in their Seattle and New York galleries.

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1. Do you consider yourself as a figure of contemporary painting ?

Betsy Eby : While my paintings have garnered a reputation for pushing the boundaries of the medium, and I show among other contemporary painters, sure, I’d consider myself a figure of contemporary painting. But there are multiple strata of recognition in the art world, and an artist is the least objective to judge themselves within the ranking. We have to trust that history will be the judge of that.

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2. How would you describe your style ?

Betsy Eby : A friend once told me my paintings are verbs not nouns. In the realm of nature-based abstraction, the paintings are reflections on the elements, on music, on light, mood and emotion. Perhaps they could be considered lyrical abstraction.

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3. Could you  describe the process of encaustic painting ?

Betsy Eby : Caustic, means ‘to burn’. The medium dates back to 4th century b.c. and is comprised of hot wax and resin. Egyptian funerary portraits that were placed on mummies were executed in the medium. John Lafarge used encaustic in the nineteenth century for paintings and murals (although often it was cold wax), but it was really Jasper Johns who resurrected it in the mid twentieth century, most famously in his flag paintings. Today there are several of us using the medium, and every artist handles it differently.

I make my medium out of beeswax and dammar resin, heat it to liquidity and infuse with pigment. I’ll have multiple pigments heating at a time. With knives I spread and manipulate the wax as I pour it onto a canvas wrapped birch panel, then with a blow torch, I fuse each layer or gesture with the flame. The process is physical, immediate and the medium is unforgiving. During the course of making a single paintings, it will be moved from horizontal to vertical countless times because it requires viewing and assessing from a distance in order to balance the intended composition. At times I may paint on it while it hangs on the wall, depending upon the intended direction of mark-making, but most of the process takes place with it on the table.

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4. Tell us more about your cursus…

Betsy Eby : Classical piano was my first discipline, and then as I entered University I chose to study Art History, specifically Greek, Roman and Egyptian. I earned my BA in Art History. I’d taken a few painting classes growing up and always made things. One of my grandmothers kept sketchbooks of horses and barn scenes and that inspired me. I took a few art classes in college, but it wasn’t until my junior year that something happened to changed the course of my life.

I was in a serious car accident which kept me in bed recovering for most of a year, and during this time I developed an overwhelming need to paint. I became interested in quantum physics, meditation, psychology, philosophy and devoured books on the subjects. I became interested in the notion of ascension, not in the religious way, but in the evolutionary way. And I wanted to paint what that felt like, I wanted to learn how to paint the place beyond the secular realm, the place, as Rothko once said, that music lives.

After University, I moved to Seattle, Washington. Seattle, at the time, was small but growing. I took odd jobs and taught myself how to paint in a cold basement. Vines were growing inside the windows of this space I commandeered as a make-shift studio. There was an art center in my neighborhood, Pratt, where I took night classes in painting, printmaking, figure drawing. Being on the west coast, I was 3,000 miles away from the pedigreed ateliers or MFA anointed programs. Growing up in the Pacific Northwest, all I knew was self- invention.

My desire to express an emotional dimension on the canvas was so deep it was like a religion to me. And I pursued it with an unrelenting focus. (In young artists today, I look for that inner fire; because that’s what gets you through.) When I say it felt like a religion to me, it really did. It still does. Paint is about communication, the conveyance of the deepest emotions: pain, nostalgia, desire, euphoria… And as artists, we are the instruments. Joseph Campbell once said that the artists are the prophets.

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5. What missions do you paint ?

Betsy Eby : Good painting is balanced in execution (material skill), philosophy and concept.   My technical concerns are rhythm, motion, light, color and formal harmony balanced with a contrast of dissonant tension.

Historically, I’ve gravitated to the aesthetic fusion that results when the Western canon borrows from Eastern aesthetics and philosophy.  You see this in Hellenism and in the Fin de Siecle, for example. During Hellenism, exotic refinement from the “Orient” was imported during a time of great artistic and cultural prosperity resulting in some of the most beautiful and harmonic sculptures of all time. The poetic zeitgeist of the Fin de Siecle, particularly in France, was seen when Orientalism was in fashion and visual artists were borrowing from music, musicians were borrowing from visual artists and Baudelaire was writing Correspondence; creativity was not silo’d between disciplines.

When sensory fluidity is at play, great art can be made. Certain people, like Joan Mitchell, have had a real diagnosed form of Synesthesia. While I don’t have a diagnosed form of it, synesthesia seems to be at play constantly in my life. I have a bit of a gift with mimicry, and translations move from music to paint, paint to music, constantly. If I were to sum it all up into a single mission, maybe it would look like the religion of sensuality.

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6. What are your artistic influences ?

Betsy Eby : I was influenced at an early age by the Pacific coast. The misty light, grey palette, expanse of the sea and majestic mountains informed my sensibilities. The Pacific elements are powerful, engulfing, humbling and wild. The palette is reduced.

My early exposure to art was that of Morris Graves and Mark Toby. They were two members of what was called the Northwest Mystic School. Graves was Buddhist and painted meditation on nature. Toby similarly was influenced by eastern spirituality, and was a pianist and painted lyrical, overall abstractions that went on to influence Jackson Pollock. Toby’s White Writing paintings influenced me deeply, as they related to Pollock and music and the calligraphic paintings of Brice Marden (although not chronologically). Where I came from, we shared the Pacific Rim with Japan.

Much of Northwest Modernism was born out of the spare, elemental restraint of Japanese design. Within that tradition is color restraint. I’m quite certain this is the origin of my reduced palette and focus on tonal variations of a narrow palette rather than a broad spectrum. Some other influences include Cy Twombly, Pat Steir, Robert Motherwell, Marc Rothko, Asian landscape painting and ancient marble busts.

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7. Did your classical training in piano since the age of five have an impact on your artistic sensibility ?

Betsy Eby : Absolutely. I’ve played classical piano everyday since the age of five. Music is in my DNA. It informs how I see the world, how I move, how I hear. I’ve been working with a Russian teacher the past few years on technique as well as another professor in theory. The deeper the knowledge goes, the deeper the range of expression in playing. All of that gets into the paint.

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8. You’ve lived in Tokyo after graduation. Do you consider Japan as a source of inspiration ?

Betsy Eby : I haven’t been back to Japan since that time I was fortunate enough to be there in my twenties, but I want to visit again. There are tenants to the Japanese culture that resonate with me; restrained aesthetics, intention, a general reverence toward harmony through eastern spirituality. If my memory stands correct, the Japanese culture has a relationship to nature that is about cultivation. Even in the mountains and the “wilds” of nature, you won’t find places untouched by human hands. There’s an intervention with the intent to manage. I’m no expert; this is my memory of it.

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9. Nature plays a large role in your work…

Betsy Eby : My primary studio is now located in the South, where access to nature is limited. But that place of home within my soul, that place that is nostalgic for the wild Pacific, gets quenched during the three months we live in Maine every summer. We live and work on a small, private island that is out to sea in the open Atlantic. My studio sits within view of the crashing waves and granite boulders that make up the rocky coastline. We have minimal solar electricity, so we rise and sleep with the sun, schedule around the tides and sense the season through bird migrations. The elements are rugged, and the lack of creature comforts keeps the spirit vital and at peace.

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10. How do you work on colors ?

Betsy Eby : With R&F pigment bricks, I mix multiple tonal variations and multiple colors in small, heated tins. As I paint, I’d say my primary focus in how I use color is twofold: toward the illusion of depth and the illusion of motion.

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11. What kind of materials do you use in your paintings ?

Betsy Eby : Beeswax, dammar crystals, pigment.

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12. What are your future plans ?

Betsy Eby : This summer, Winston Wachter Fine Art will take my work to the Seattle Art Fair. The exhibition is focused on female artists who are influenced by the environment / their environment. And my lineup of upcoming solo shows:

October of 2017, Cadogan Contemporary in London.

Spring 2018, Octavia Gallery in New Orleans.

Fall 2018, Winston Wachter Fine Art in Seattle, WA.

More about Betsy Eby : www.betsyeby.com

Abstraction poétique avec Léonard Bourgois-Beaulieu

Léonard Bourgois-Beaulieu commence à prendre des photos en 2008 après avoir été comédien et réalisateur, enrichissant ainsi son travail. Sa formation théâtrale lui permet de réaliser des portraits d’artistes pour la presse et de comprendre les enjeux relationnels entre êtres humains, rituels, abnégations et travestissement de la volonté.

En 2010, il rencontre Nicole Wisniak la rédactrice en chef du Journal Egoïste qui va lui permettre de travailler quelques mois à ses côtés, lui permettant de publier son travail dans le numéro 16 (Mai 2011). En 2011, il suit la formation continue de l’école des Gobelins à Paris et découvre l’usage de la chambre grand format. C’est lors d’un accident qu’il découvre une autre manière d’utiliser le négatif de ses polaroids. S’en suit une première exposition solo à la galerie Karaly en parallèle avec l’édition 2011 de la foire internationale Paris Photo où une grande partie de la série est exposée à la galerie du Jour. L’exposition Noirs Miroirs contient des portraits de Henry Hopper et des paysages de Californie, les photos portent physiquement l’empreinte de poèmes de Jack Kerouac. Le livre Noirs Miroirs, auto financé, parait fin 2011.

Son travail mélangeant photographie argentique et transformation numérique, Microsoft le sélectionne avec 30 artistes pour créer une oeuvre en rapport avec Windows. L’exposition a lieu au palais de Tokyo.

Depuis ses débuts, Léonard Bourgois-Beaulieu s’interroge sur la place de la jeunesse dans la société actuelle. En prenant des auto-portraits à côtés de ses amis artistes, il joue déjà avec l’illusion des genres. Cinq ans après les premiers portraits de Yuan (2008) une nouvelle série  “A la chambre” (2013-20–) illustre cette progression dans son travail.

1. Vous considérez-vous comme une figure émergente en Art contemporain ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Je considère effectivement que j’émerge au milieu de mes contemporains (rires). N’ayant pas fait d’école de photographie, je marque ma place avec mon travail et mon dialogue avec celui-ci. J’aborde des sujets qui me parlent depuis des années et  qui sont ancrés dans mon éducation théâtrale. C’est le cas par exemple des rapports entre les êtres humains et les identités que nous nous créons pour nous signifier les uns aux autres.rome_001-copie rome_013-2

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Je ne parle pas souvent de style. Il s’agit de traitements peut-être. Pour la série « à la chambre » j’ai choisi la chambre photo devant un mur blanc pour développer un flou lié à celui des corps humains qui dépassent les appellations femme/homme. Je voulais me concentrer sur le regard, le visage pour ne pas détourner l’attention portée au sujet car je n’aime pas le voyeurisme. Je privilégie les nuances qui font vaciller notre capacité à interpréter ce qui nous semble simple au premier abord.

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leonard_bourgoisbeaulieu_43. Racontez-nous votre parcours…

Léonard Bourgois-Beaulieu : J’étais comédien avant de prendre des photos. J’ai réalisé des court-métrages avec le collectif que j’ai créé en 2004 « Kartonpat Films ». L’image était déjà un aspect primordial de ce que je créais : être acteur c’est donner une image, du visuel, de notre interprétation. J’ai voulu garder le jeu comme source d’inspiration dans mes premières photos,  qui sont toutes des autoportraits.

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4. Pourquoi avoir choisi la Photographie ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Je n’ai pas choisi la photographie. En effet, j’ai choisi de créer des images pour illustrer mes idées, mon imagination. En faisant des films et des vidéos à la fin des années 90 et au début des années 2000, je refaisais des prises souvent à cause de l’image qui ne me convenait pas. J’avais aussi besoin de figer la vidéo et c’est ainsi que j’ai pris des photos en plus de réaliser. C’était un tout autre langage qui me rendait plus libre que de tourner. Ce langage était celui de l’intime d’abord puis s’est ajoutée la recherche plastique puisque je transforme mes polaroids avec des produits chimiques. La photographie, en plus d’être un instantané, prolonge cet état lorsqu’on la regarde et qu’on se concentre sur elle; nous recréons le moment photographié en tentant de le lire. C’est pour moi une sensation évidemment mais j’aime déchiffrer et passer du temps à regarder les différentes couches d’une photographie.

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5. Quels photographes vous inspirent dans votre travail ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Saul Leiter, Bill Henson, Bellmer, Fernell Franco, Masao Yamamoto, Sugimoto... J’achète aussi des photographies quand je le peux.

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6. Quelle mission donnez-vous à la photographie ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Montrer certains comportements que nous entretenons et qui me semblent dépassés comme ne pas accepter le changement d’identité, la transformation, et de vouloir continuellement aborder les choses de la même manière. Certains comportements me semblent si absurdes que la photographie me permet de les montrer pour ouvrir les consciences. Je suis intéressé aussi bien par l’évolution du rapport à la différence sexuelle mais aussi par les modèles que nous choisissons dans notre recherche d’identité.

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7. Quelles sont vos influences artistiques ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Le cinéma et le théâtre sont mes influences initiales. Des plans de films m’ont vraiment interpellé et c’est peut-être la volonté de les figer pour les regarder plus longtemps qui m’a inspiré de photographier.

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8. Les portraits occupent une place prépondérante dans votre travail..

Léonard Bourgois-Beaulieu : Les portraits sont une partie assez large de mon travail, je travaille aussi sur le sujet de l’affichage de masse (internet, smartphones, google etc.) avec ma série « googlize my work 2014» et la façon dont la valeur d’une oeuvre est calculée ou spéculée par rapport à l’artiste et sa notoriété, et le nombre de copies vendues (installation « printer » 2016). L’installation présentait une imprimante qui imprime à répétition sur une feuille tubulaire la même photo ad vitam aeternam. Un cartel numérique présente l’artiste et le titre mais le numéro d’édition augmente à chaque tirage et le prix change en fonction de la cote de l’artiste et de la rareté qui diminue. Mais est-ce l’oeuvre ou le tirage qui est vendu ? Le cartel devient fou. Aujourd’hui la spéculation prend une place considérable et ce traitement de l’art devient absurde.

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9. Parlez-nous de votre série “Noirs miroirs »

Léonard Bourgois-Beaulieu : “Noirs Miroirs” est une série accident, une série vivante. Alors que je découvrais le polaroid et la chambre photo j’ai fait la rencontre d’un jeune acteur qui faisait écho à ma propre expérience de comédien. Je l’ai pris en photo pendant une journée. C’est un accident qui m’a permis de révéler les négatifs qui sont apparus très sombres et brillants. Il y avait alors un traitement proche de la photo vintage, le temps était profondément brouillé et on a souvent cru que les photos avaient été prises au début du siècle. J’ai voulu développer un lien entre cet acteur dans mon pays, moi et son pays natal de Californie. Toute cette série traitait les liens entre ressemblances, flous et représentations. La Californie sous mon objectif semble s’être perdue dans le temps, il se dégage une mélancolie et un rêve qui semblent d’une autre époque mais pourtant bien contemporaine.

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10. Comment nourrissez-vous votre inspiration ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Je tente de trouver le juste milieu entre musées, expositions, vernissages et instagram (dans ce que le média peut présenter comme visions internationales), publicités, séries, films. Mon inspiration principale sont les échanges que les gens ont avec moi et autour de moi. J’observe continuellement ce qui se passe. Les comportements me semblent être la base de nos réactions et formations identitaires.

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11. Quels sont vos projets à venir ?

Léonard Bourgois-Beaulieu : Je suis en train de finir mon second livre qui contient mes principaux travaux. Ma recherche sur « le rite de l’absence » sera publiée fin mars dans la Revue Innocente des éditions Chardon. La série « à la chambre » sera publiée dans la revue Young Photography Now en Mars. Je continue mon travail sur la série « à la chambre » qui demande un temps conséquent car je ne vais pas à la recherche de personnes pour ne pas stigmatiser les gens photographiés, ce sont avant tout des rencontres. J’écris aussi un scénario sur les rapports détachés que nos machines nous forcent à entretenir entre êtres vivants, entre nous.

En savoir plus sur Léonard Bourgois-Beaulieu 

EXPOSITIONS

  • SPRING/BREAK art show 2016 (New York City, Armory week)
  • Expolaroïd Montélimard (2015)
  • Creative Gallery au Palais de Tokyo
  • Noirs Miroirs (nouveaux tirages) REC galerie mars 2012
  • Parcours Paris je t’aime (solo) février 2012
  • Noirs Miroirs (Galerie Hubert Karaly) novembre 2011
  • A young french photography (nyc, galerie agnès b.)8
  • Paris Photo 2016
  • Paris Photo 2015
  • Paris Photo 2014
  • Paris Photo 2013
  • Paris Photo 2012
  • Paris Photo 2011
  • Paris Photo 2010
  • Paris photo 2009

Jonah Bokaer, at the heart of body language

Bokaer was born to Tunisian and American parents, and has been active as a choreographer since 2002. He has created over 55 works in a wide range of mediums, such as film, opera, applications, and installation, in a variety of venues, ranging from stages, to museums and galleries. He works internationally, exhibiting and touring worldwide.

In 2015 he is recipient of the John Simon Guggenheim Memorial Fellowship for Choreography, United States Artists Fellowship in dance.  Bokaer has created 57 works using different mediums such as video, dance, installations and app. His work was presented in within museum spaces that live between choreography, visual art, and moving images.

Recent production have been presented at the Jacob’s Pillow Dance Festival, at the Festival d’Avignon, at the Theatre de la Cité Internationale “New Settings” in Paris (Thanks to the support of the Fondation Hermès at the BAM – Brooklyn Academy of Music during the Next Wave Festival at the occasion of the inauguration of the BAM Fisher, at the Festival di Spoleto in Italie and have toured in Germany, Belgium, Canada, Cuba, Croatia, Denmark, Spain, France, Greece, Hungary, India, Italy, Luxembourg, Netherlands, Poland, UK, Switzerland, Thailand, Tunisia, and the United States.

In 2008, Jonah Bokaer was the first artist to be rewarded “Young Leader” in Dance by the French American Friends Foundation for « Chez Bushwick », and the « CPR – Center for Performance Research » two non profit organizations he has founded and co-founded in New York.

A few of Bokaer’s frequent collaborators are Daniel Arsham (2007-Present), Anne Carson, Richard Chai, Merce Cunningham, Anthony McCall, Abbott Miller, Tino Sehgal, Robert Wilson (2007-Present), along with other leading innovators in mediums such as performance, visual art, literature, and design.

Recent awards include the John Simon Guggenheim Memorial Fellowship in Choreography (USA 2015), the Prix Nouveau Talent Chorégraphie (Paris 2011), the Jerome Robbins Special Prize Fellowship in Choreography from the Bogliasco Foundation (Italy, 2011), and Fellowships from the National Endowment for the Arts (2014, 2013, 2012, 2011), and from the United States Artists (2015).

  1. Do you see yourself as a Figure of the Dance ?

Jonah Bokaer : I see myself as a Choreographer, with an expanded practice that allows for many ways of composing a dance, and allowing dance to exist in a large cultural framework. The areas that I am involved in dance are as a Performer, a Choreographer, an Animator, an Author, and an Entrepreneur. Recently I have also done some work in fashion as well. It’s possible that I am seen as a Figure of Dance, but from my perspective, I just work very hard, and enjoy finding new ways of working.

© Beowulf Sheehan, from "Triple Echo" premiered at the Onassis Cultural Center t, costumes by Narciso Rodriguez, music by Stavros Gasparatos, lighting design by Aaron Copp

© Beowulf Sheehan, from “Triple Echo” premiered at the Onassis Cultural Center, costumes by Narciso Rodriguez, music by Stavros Gasparatos, lighting design by Aaron Copp

  1. How would you describe your style ?

Jonah Bokaer : The aesthetic that I work with is abstract, architectural, and very visual – but the public emerges from my productions having had an emotional experience. Using abstraction to expand the possibilities for dance and choreography is the way that I work. I also work with visual artists to create a space, set, or decor for each production – not a set designer, but a visual artist – which means that each production often has a visual style of its own. It has also been an honor to collaborate with some designers in recent years such as Narciso Rodriguez, Isaac Mizrahi, Daniel Arsham, Guillaume Boulez, and others whose work in Fashion and Style has had an impact on my choreographic thinking.

 © Jeffrey Hirsch

© Jeffrey Hirsch

  1. What led you to Dance and Choreography ?

Jonah Bokaer : Merce Cunningham influenced me primarily in terms of dance training. His classes were so strengthening, and training with him twice per week was instrumental to my formation as a performer. I do not believe that Cunningham influenced my choreography thought: for one, he composed almost purely by chance, and often in isolation. In my practice, I tend to work with conscious constructions, and always in a method of co-creation with other disciplines (recently, a biotechnologist, an entrepreneur, and design firm). I believe that Cunningham’s use of motion capture for the stage design of BIPED (1999) did lead to inspiration, and an impact on my thinking about the relationships between dance and technology. Shortly afterwards, dancing in that production was also formative – but I believe that dancers in the Cunningham company do not necessarily have any contact or experience with the technology he used. My own explorations into 3D animation evolved elsewhere, and bridged into other digital tools beyond dance.

  1. When did you first contact the Dance ?

Jonah Bokaer : My family of performers, artists, and filmmakers is really where I first encountered theatre, dance, film, and performance. My father was a filmmaker, originally born in Tunisia, and my mother was a theater director of Welsh/Scottish background, who grew up largely in Ohio, the United States. My parents met in Los Angeles, and I was born in Ithaca, NY. There are 6 siblings in my family, and as a young child, I began to stage the four brothers in the living room and backyard, creating dances, patterns, choreography, and productions. Way back then, it was always involving pop songs or videos. I then went to begin dance classes, at local schools, and also at Cornell University – and then began training substantially in ballet and contemporary dance. At the age of 15, I left my home in Ithaca in order to pursue training fulltime at a conservatory, and by age 18, was hired by Merce Cunningham to join his company.

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  1. What are the meetings or policy role that made you move forward ?

Jonah Bokaer : In 2005, I participated in a residency at Stanford University’s Laboratory for Motion & Gait Analysis, during which time I was used as a subject of motion capture to study “bio-mechanical rebellion” in Merce Cunningham’s choreography. Towards the end I started improvising: it had been a long day and my muscles were firing differently than usual. I started using the wall as a balance point, or partner, and saw ways that my body could improve its performance in other extremes of movement—through relying on architecture. I explored jumping with radical shifts in my torso; some of the sensors actually flew off. There was a certain balance that I hit, and I was able to rest there for what seemed like a long amount of time. In my mind I think I said something like “HERE.” To me, this and other moments in that lab felt like a peak of experiencing movement. I hope I haven’t peaked yet, but that day was informative for my technique as a mover—and I’m convinced that’s due to live visualization. Once I was hooked up to the motion capture system, I had the opportunity to view the datapoints onscreen, the movement of my breath was visible. Watching closer, micro-shifts in weight in my feet and lower legs were also visible. Even now, this impacts how I imagine my body, my breath, and the way I balance weight on my feet.

 © Michael Beauplet

© Michael Beauplet

  1. What is your vision of dance these days ?

Jonah Bokaer : I always work in collaboration between dance and visual arts, to create new visual and movement forms. My vision for dance operates in what I call an “expanded practice,” meaning that dance can expand beyond its traditional histories of creation, composition, or distribution. Working with new technologies for dance is also an inspiration of mine. Basically, taking dance into a broader field of cultural circulation, and working with new aesthetic signatures is where my vision is right now. The use of motion capture for dance, and for artistic purposes, or for documentation, is right at the front of my interest and practice. By working with motion capture, I can pre-visualize movement and actually explore. In 2007 I created a work called A Cure For Surveillance, in which I introduced a missing figure in a duet. Choreographed and improvised material would occur for 3D capture, and one body would be mapped, while the other would not. So there are partnering sequences happening, but one partner is invisible – so one person is being assisted, lifted, manipulated, partnered, but without the presence of the other person. There is assisted movement, but invisible, so the erasure becomes a presence too: one body is missing, but you can see that another presence is there partnering or interacting with the performer. One person’s presence gets sculpted by the other person’s absence.

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© Eric Boudet

  1. What missions do you dance to ?

Jonah Bokaer : I do think that all movement can be captured, including pedestrian movement in public space, and have made a number of media works that explore this, including a work called A Cure For Surveillance. While developing new choreography, I frequently question (and subvert) the spaces in which my work is performed, creating site-specific installations that playfully critique the venue presenting a dance. This generally involves a visual or sonic intervention in the periphery of each individual venue. I often choreograph with images or objects as much, or as frequently, as with bodies. Parts of the video create movement, too, which the videographer made, but the choreographer did not.

© Beowulf Sheehan, from "Triple Echo" premiered at the Onassis Cultural Center costumes by Narciso Rodriguez, music by Stavros Gasparatos, lighting design by Aaron Copp

© Beowulf Sheehan, from “Triple Echo” premiered at the Onassis Cultural Center costumes by Narciso Rodriguez, music by Stavros Gasparatos, lighting design by Aaron Copp

  1. How do you feed your work as a choreographer ?

Jonah Bokaer : Very recently, I’ve been taking a lot of inspiration from fashion and the way that movement is represented within the fashion world, and the fashion industry. This was a surprise to me – but I’ve learned it can be refreshing to view the ways that an artform, such as dance, circulates within another sphere of production. I also think that the field of dance has historically suffered from lack of funding, in proportion to other areas of the arts. I have enjoyed learning about the fashion industry, and in particular the creative designation of many creators / authors within one company or aesthetic. For dance and choreographic artists, this is something unusual, and incredible. I also believe that large discovery has been made in the areas of photography, set design, and art direction purely within the fashion industry, and I am curious to see if the dance world will incorporate these innovations, and to what degree.

 © Eric Boudet

© Eric Boudet

  1. Tell us about your band …

Jonah Bokaer : My main goal is to invent new forms within the field of choreography, and really on this topic, I should talk about the dancers I work with. There are about 8 in the core group, and many of them are international artists: CC Chang is originally from Taiwan; Irena Misirlic is originally from Croatia but we mainly work together in Holland; the associate Adam H Weinert is born in New York City but also has an English passport. A Cuban-American dancer named David Rafael Botana is also very involved in the production we just made for Les Hivernales, Avignon this past February. Recently my work has formally involved the American / Scottish dancer James McGinn for some time now, which has led to large discoveries for my work. For many years, my choreography evolved either as solos, or as group works: there are often large differences in the way of composing each. James’ knowledge of my work is very integral, especially at the level of the studio for composition. Creating movement material is by nature a very intense process moment, when it occurs. The fact that there is now dancers who understand this creative process has been transformational. James and I are also very similar in age, which allows for a nice connection between dancer and choreographer. He is an incredible performer, and is able to be present inside the many parts of choreographic output, and he is fluent in each.

 © Joachim Ladefoged

© Joachim Ladefoged

  1. What do you dance ?

Jonah Bokaer : My first experience of movement training was actually not dance—it was yoga. I think this might have influenced my thinking about anatomy, and joint mobility. I later began training in Merce Cunningham’s technique intensively at the age of 15 or 16. There are many differing views of this technique, but what I will say is that it systematically warms up every joint in the body.Still later, I began animating—first in DanceForms 1.0, and later in other 3D animation programs. DanceForms allows for animation of the body through key-framing, and highlighting the body joint-by-joint. Movement is hand-animated in sequence, and placed on a filmic timeline.In animation, joints are named by hierarchy—finger, hand, wrist, forearm, upper arm, shoulder, etc.—and form systems of ascending or descending order, meaning that they radiate out or in from the center. Hemispheres are used to represent each joint visually. Additionally, the pelvis is named as the Root Joint, because it is the connector of the torso and legs. Sometimes I think about joints like letters, because it allows me to think of my body beyond language, which only allows 26. In Avignon for example, I recently danced a show of ours called “Three Cases Of Amnesia.” It is a technology-influenced solo that I animated, choreographed, and performed  through the use of digital choreographic software. The movement for the piece has been designed through the use of 3D animation, and pays homage to the historical painting “False Start” by Jasper Johns (1959). This particular work will address the erasure of the moving human body, and the trace of its presence. As with previous two works, I use a solo choreographic practice to address the deconstruction of modernist portraiture, presenting a digital “maquette” which is mimicked by the dancer.

 © Liubo Borissov

© Liubo Borissov

  1. Tell us about your work with Robert Wilson, Merce Cunningham, John Jasperse and David Gordon ?

Jonah Bokaer : My work in digital media began through encountering the work of Merce Cunningham. I was actually recruited by his dance company and joined when I was 18. After that time, Merce began developing a series of solos for me using choreography software DanceForms 1.0, which is available through Credo Interactive. This was a big introduction to his process of keyframing, which is a very simple, three-frame production manner of placing movement on a timeline and animating it. He turned to that tool in 1990, I believe, because of his advancing arthritis – so it really is an “extension” in a very practical sense of the word, and how it relates to technology. That set the stage for my appetite and my interest for these tools, and how they relate to dance. There is also repertory of Merce’s that relies heavily on the film/video arts and also motion capture. Also, encountering his piece BIPED from 1999 was a big introduction. At the moment though, I am more informed by my work in choreographing the operas of theater artist Robert Wilson: the use of technical theater in his work is simply unparalleled, and I have been informed by  this in the very recent past. I do not think Opera is a next frontier personally, but I have been lucky enough to work on the productions of Robert Wilson, for example, with Charles Gounod’s FAUST commissioned by the National Opera of Poland. The ballet music for Faust, which is one of the longest of any opera, has a long history of being difficult to choreograph; Zachary Solov and Anthony Tudor at the Met Opera, and others, have tried to move it beyond kitsch but are often described as never having succeeded: it’s generally so over the top that the expression ‘like Faust’ has meant to go “all the way.”  I believe that Bob’s approach to scenography raised it to a new and surreal level and just might have clinched it. I hope the production will come to NYC, or at least that the documentation is strong, so that others may see it in the United States.

 © Jeffrey Hirsch

© Jeffrey Hirsch

  1. What resources do you use today to adapt to your Dance Company ?

Jonah Bokaer : These days, I am deeply committed to fostering interdisciplinary dialogue with artists across media. With this in mind, I have established two cooperative studio spaces in NYC (Chez Bushwick, and CPR) in which artists can congregate, develop ideas, and present work in a catalytic environment. I am interested in bringing innovative new work into direct conversation with contemporary thought and culture. That is a fueling motivation behind my efforts with Chez Bushwick. Increasingly, artists in NYC are having to “rewire” the way that they think about how to sustain themselves, and their artwork: Chez Bushwick provides a space for dance artists, but has larger generative power as well.

 © Eric Boudet

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13. Tell us about your collaboration with Daniel Ashram

Jonah Boaker : Daniel and I, have been working together for the past 9 years, we have met on stage while we were both engaged with the Merce Cunningham Company, in 2007. Daniel was the youngest stage designer and I was the youngest dancer – at that period in time. Merce left, we both took distinct artistic paths, Daniel started a design/ “sn”architecture studio with his partner Alex Mustonen, and I founded a studio space located in Bushwick, Brooklyn dedicated to the advancement of the performing arts while defined my own choreographic language by exploring outdoor spaces, digital possibilities and new technologies. However Daniel and I have never stopped collaborating since we met. I believe that we will probably never stop collaborating – because we are involved in creating a new language for the stage, which talks about today. Still today, Daniel along with the Galerie Perrotin creates set designs for most of my productions. I am interested in Daniel’s work because of his acuity on architecture, space and volumes, which are recurrent thematic in my work.

« The Future is Always Now » Jonah Bokaer and Daniel Arsham Opening Galerie Perrotin - June12th, 2014 © Claire Dorn

« The Future is Always Now » Jonah Bokaer and Daniel Arsham Opening Galerie Perrotin – June12th, 2014 © Claire Dorn

14. What are your future plans ?

Jonah Bokaer : In 2016, I will work on major projects. In May 2016, I will premiere Rules Of The Game, it is a project commissioned by the SOLUNA Festival of the Dallas Symphony Orchestra, for its second edition. I will be collaborating on the piece with the visual artist Daniel Arsham for visual artwork, as well as Pharrell Williams, who will compose an original score which will be performed by the Dallas Symphony Orchestra at the Winspear Opera House Dallas – I would like to say that it is a deep honor to steward the first original “Score” by Pharrell Williams, for the media of dance or theatre. This is a true honor.

Jonah Bokaer, Usher Raymond, Daniel Arsham at the Chez Bushwick Gala.

Jonah Bokaer, Usher Raymond, Daniel Arsham at the Chez Bushwick Gala.

This production will be performed by eight dancers: Albert Drake, Laura Gutierrez, James Koroni, Callie Lyons, James McGinn, Szabi Pataki, Sara Procopio, and Elisabetta (Betti) Rollo who is my favorite performer of all times, on the Globe: she was the star interpreter of our choreography in La Triennale di Milano, and she performed a choreography for an impressive 50 appearances in the Festival di Spoleto (also with an installation by Daniel Arsham), with “Change Performing Arts”, in the 2014 edition of the Festival, curated by the renowned Achille Bonito de Oliva – in La Rocca Alboronoziana, a historical castle for the Abornoz Cardinas of the 14th century. Rules Of The Game will also tour a bit in the United States, and internationally where most of my work is appreciated.

© Eric Boudet

© Eric Boudet

In October 2016, I will premiere a new choreography at the Royal Ballet Flanders in Belgium, commissioned by my dear colleague Sidi Larbi Cherkaoui, an original version “Schéhérazade”, with live music. I am pleased for the opportunity to work directly with 20 dancers, whom are ballet dancers in that company, born in Flanders – but also Azerbaijan, Aremenia, Brazil – again the cross section of humanity in that company seems to naturally embodies the kind of diversity which I’m gratitated towards. This is often too rare in the ballet world, and it incites my passion for diversity, very deeply. It will be an exciting challenge, which I hope to share with the world, through a special “excursion” which the Board of my small foundation in NYC will host, for those who are interested in seeing this new choreography for the Ballet.

As I am not strictly working as a choreographer however – I have also been commissioned by the Parrish Art Museum for 120 consecutive days in 2016, to create a singular gesture as the “Platform” artist for 2016, with curator Andrea Grover. From July 9 to October 31 of 2016, my work will be presented in the magnificent architecture of Herzog & de Meuron for the new Parrish Art Museum – and I am very honored.

Please stay tuned, for the mischief of a lifetime, taking dance & choreography to the artworld – where it truly lives, in 2016.

Pour en savoir plus sur Jonah Bokaer :

http://www.jonahbokaer.net/

www.chezbushwick.net

www.cprnyc.org