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Mikko Lagerstedt, the Emerging into Light

Contemporary artist Mikko Lagerstedt is an award winning fine art photographer from Finland whose enchanting photo series highlight some of Finland’s extraordinary landscapes. Mikko Lagerstedt is a 31-year-old self-taught photographer, who began taking his craft in 2008. He lives in Kerava just 18 miles from Helsinki.

Capturing simplistic Finnish landscapes and fleeting moments, he strives to use his atmospheric vision to inspire people. His surreal and unique work manages to bring an absolutely breathtaking aesthetic that depicts the mystical and sweeping splendor of the Finnish countryside while capturing the emotion of the moment.

His photography has been featured around the world in book covers, magazines and in advertisements.

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1. Do you consider yourself as a figure of contemporary photography ?

Mikko Lagerstedt : Not really, I feel that I’m just a photographer creating work that inspires me.

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2. How would you describe your style ?

Mikko Lagerstedt : Atmospheric landscape photography. A surreal look at how the World looks through my eyes.

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3. What led you to photography ?

Mikko Lagerstedt : My first inspiration towards photography came to me on a beautiful summer evening as I was driving to my relative’s cabin in Southern Finland. A beautiful vista opened on a field filled with fog and sunrays. I stopped and stared at it and felt the need to start capturing those unique moments.

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4. What has influenced you to create atmospheric photographs ?

Mikko Lagerstedt : It’s something that comes through my past and how I see life. I think it’s because of many things. One of the things that might have influenced me is that I lost my best friend when I turned 18. It was a difficult time for me. I haven’t thought about it, but I believe our past experiences make our present vision. I also know that the worst weather sometimes gives the best photographs.

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5. Félix Ziem, a very famous French painter in the style of the Barbizon school once said: “J’ai rêvé le beau ” (I’ve dreamed the beautiful). What does it mean to you?

Mikko Lagerstedt : For me, it means that we all have different perspectives on what is beautiful. It’s what makes you feel rather than see something.

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6. What’s your relationship with nature ?

Mikko Lagerstedt : I have always been a solitary figure, and I have always enjoyed spending time in nature. I do enjoy to be around people, but when I’m out photographing alone, I feel that I’m in my element.

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7. How do you manage to bring this enchanting universe to your series?

Mikko Lagerstedt : I do what inspires me. I create how I see the World. I don’t overthink the process. I always try my best and push myself to the limits.

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8. Does “the Kalevala,” this epic poetry compiled by Elias Lönnrot from Karelian and Finnish folklore and mythology inspire your work?

Mikko Lagerstedt : I haven’t thought about it. However, I think there might be a connection on how we Finns look at certain things. I love some of the poetry. I might have to go and visit again to refresh my mind with Kalevala.

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9. Which photographers have an impact on you ?

Mikko Lagerstedt : I love the work of Brooke Shaden, Joel Tjintjelar and Martin Stranka. Of course, they might have influenced my work somehow. It’s sometimes hard to see it for yourself.

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10. What gear do you use ?

Mikko Lagerstedt : I use Nikon D810, D800, and various wide-angle lenses to create my photography.

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11. How do you play with lights?

Mikko Lagerstedt : I mostly use available light, or if I’m feeling super crazy, I might use a headlamp or a flashlight.

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12. What about your future plans?

Mikko Lagerstedt : I will continue to create work that inspires me. I also plan to build a community and influence more people by teaching photography and how to see the World from your unique perspective !

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More about Mikko Lagerstedt 

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Amiral François Bellec, écrivain et peintre de la marine

Ancien président de l’Académie de Marine, membre de l’Académie des Sciences d’outre-Mer, sociétaire et président de la Société Nationale des Beaux-Arts, François Bellec a poursuivi simultanément une activité d’officier de Marine et de peintre sur toutes les mers, avant de se fixer à Paris en 1979 pour y entreprendre une carrière de conservateur, comme directeur du Musée de la Marine de 1980 à 1997. Auteur de nombreux livres et articles sur l’histoire de la navigation, des découvertes et de la peinture d’inspiration maritime, il a été invité à faire de nombreuses conférences en France et dans le monde. Chevalier de la Légion d’Honneur, Commandeur de l’Ordre National du Mérite, Chevalier du Mérite Maritime et Officier des Arts et des Lettres, François Bellec est une figure dont le parcours atypique mêlant histoire, peinture et écriture est fascinant, rare et plein de style.

  1. Vous considérez-vous comme une Figure de la Marine ?

François Bellec : Si tant est que nous ne sommes pas très nombreux à nous efforcer de faire comprendre la mer aux Français (Eric Tabarly définissait la mer comme « ce que les Français ont dans le dos quand ils regardent la plage ») on peut si l’on y tient m’inscrire dans le Who’s Who de la mer. A une page marginale des défenseurs intellectuels d’un héritage brillant et de valeurs en devenir, dans le chapitre des passeurs prêchant dans le désert des occasions manquées.

Projeté naguère par la bienveillance des dieux dans une charge de conservateur d’une partie de notre patrimoine de la mer que j’ignorais alors et que j’ai découvert avec émerveillement, je m’y suis investi depuis trente ans, c’est-à-dire depuis une petite vie. La peinture et l’écriture historique mais aussi de nombreuses fonctions au sein d’organismes scientifiques et culturels liés à la mer sont autant de moyens d’action qui me permettent d’espérer faire passer des messages lisibles ou subliminaux à nos compatriotes. 

Le ministre de la Culture m’a confié il y a dix ans la présentation des bateaux à la Commission nationale des monuments historiques, et ce lien convivial avec des plaisanciers, des gens de mer et des associations de sauvegarde est un peu symbolique d’un engagement qui perdure à un âge où l’on est normalement écarté de la vie active

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  1. Comment définiriez-vous votre style de « peintre de la marine » ?

François Bellec : Je suis un  abstrait figuratif. Comme le sont la plupart des Peintres Officiels de la Marine. Bien que le corps soit maintenant interarmées, ils conservent leur nom par attachement. 

Mes confrères sont aussi à des titres divers post impressionnistes les uns, classiquement britanniques les autres ou hyperréalistes, un style qui convient bien au monde de la mer du XXIe siècle. Tous sont d’abord, il faut le rappeler, des artistes peintres tout court, même si la « marine » est un genre auquel ils sont particulièrement attachés. Je qualifie de la même façon d’abstraction figurative les (bonnes) tendances que défendent aujourd’hui les sociétés d’artistes fondées au XIXe siècle. Elles acceptent, elles en conviennent, des œuvres parfois très insuffisantes, car elles doivent financer les coûts de location, d’aménagement et d’éclairage des salles pour assumer leur vocation socioculturelle issue de leurs origines : permettre à des artistes de montrer librement leur travail. Je fais souvent remarquer que les plasticiens peintre, graveurs et sculpteurs ont beaucoup de chance puisqu’ils peuvent montrer leur savoir faire bien plus aisément que les artistes lyriques, les musiciens interprètes ou compositeurs, les acteurs ou les écrivains qui doivent d’abord faire leurs preuves.

Tombé dans un piège, je préside depuis quelques années la Société Nationale des Beaux-Arts fondée en 1890 par Puvis de Chavannes par scission de la Société des Artistes Français instaurée par l’Etat lassé des intrigues et des criailleries des jurys officiels du Salon. J’use de l’ancienneté de cette tradition pour dénoncer le détournement abusif de l’adjectif « contemporain ». Il n‘est pas la propriété d’un microcosme. L’art dit contemporain dont les maîtres sont incontestables, est parsemé d’icebergs dangereux dont le lamentable amoncellement Boltanski au Grand Palais a révélé la partie émergée. Au temps où naissaient les sociétés frondeuses et les groupes en réaction contre l’art officiel, Gauguin réclamait en leur nom « le droit de tout oser ».

Les artistes ordinaires disent aujourd’hui aux responsables et aux spéculateurs de l’art officiel qu’ils n’ont pas le droit d’oser trop loin. Sauf à renier à leurs risques et périls l’histoire de l’art qui a construit l’Europe des cultures. Cela dit, Richard Texier, dont l’amitié m‘honore tout autant que celle de Pierre Alechinsky (Je les ai exposés l’un et l’autre en majesté au Musée de la Marine), a été nommé Peintre officiel de la Marine. Nous sommes des gens fréquentables puisque nous soignons nos archaïsmes.

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  1. Et d’écrivain ?

François Bellec : Tous mes ouvrages  – une vingtaine de titres plus une dizaine de contributions à des encyclopédies et à des livres collectifs – ont un caractère historique. Ils échappent donc à l’invention romanesque mais la grande histoire de la mer n’a pas besoin d’imagination pour être passionnante. Et puis, tout de même, j’ai sur un coin de bureau un long roman (historique logiquement) qui se déroule au début du XVIIe siècle entre Lisbonne et Goa, à travers cet espace sacré où ont été écrites incontestablement les plus belles pages de l’histoire de l’expansion maritime européenne. J’ai décidé d’écrire ce livre quand Jean-François Deniau m’a demandé de l’aider à bâtir un corps d’écrivains de marine à l’image des peintres. 

Nous sommes vingt écrivains parlant de la mer et la pratiquant, une condition indispensable. Dont trois prix Goncourt : Didier Decoin, notre actuel président, Yann Queffélec et Jean-Christophe Ruffin, nouvel Académicien Français comme Michel Mohrt, Michel Déon et Eric Orsenna (Jean-François Deniau et Bertrand Poirot-Delpech ont disparu) mais aussi des écrivains de terrain aussi divers que Bernard Giraudeau, Isabelle Autissier, Simon Leys, Hervé Hamon, Titouan Lamazou, Jean Rolin, Patrick Poivre d’Arvor, Jean Raspail ou Pierre Schoendoerffer. Notre groupe fonctionne bien et se rassemble au moins trois fois par an dans une belle amitié littéraire conviviale.

Tous ses membres ont accepté de s’engager eux aussi dans la défense et l’illustration du fait maritime français sous la protection du chef d’état-major de la Marine Nationale. Il leur a conféré discrètement,  avec la complicité du ministre qui a fermé les yeux, le port de l’uniforme, comme les peintres. Ce contact devenu plus présent avec la littérature depuis que j’assure le secrétariat général des Écrivains de Marine est la raison de ma décision de mériter la qualification d’écrivain en devenant  un romancier. C’est un tout autre monde que celui de l’essai historique. Cette expérience m’a permis de découvrir, rapporteur austère de la chronique de la mer, le bonheur jubilatoire de l’invention romanesque libérée.

  1. Une anecdote particulièrement marquante de votre vie d’amiral…

François Bellec : La question est en réalité biaisée sans malice. J’ai pris la direction du Musée National de la Marine en étant encore capitaine de frégate. Je saccageais ce faisant ma carrière selon la direction du personnel de la Marine, et c’était bien mon avis mais l’intérêt de la tâche valait bien ce sacrifice. Et puis d’heureux concours de circonstance et un ministre de tutelle passionné par mon travail pour le rayonnement de la Marine ont donné tort aux prophètes grincheux. J’ai eu le beurre et l’argent du beurre comme on disait autrefois dans la France profonde. L’anecdote, si on y tient, pourrait être l’unicité d’un officier de Marine détaché à la tête d’un musée, incroyablement imposé par le ministre à un chef d‘état-major médusé, pour une promotion au grade de contre-amiral.

Quand l’amiral François-Edmond Paris, mon lointain prédécesseur, avait été nommé en 1871 directeur du Musée de la Marine (encore au Louvre à cette époque), il était depuis longtemps retiré du service actif, vice-amiral et membre de l’Académie des Sciences. Il resta à son poste 22 ans, moi 18. L’air marin conserve les conservateurs

  1. De la Royale à la Marine Nationale, comme vous situez-vous ?

François Bellec : Royale, impériale ou nationale, la marine sert le pays à travers des heures riches ou sombres, fidèle aux valeurs inscrites à bord de ses navires : Honneur, Patrie, Valeur, Discipline. Ce sont de belles devises et les jeunes hommes – et femmes maintenant – qui s’y engagent y trouvent avec enthousiasme de belles satisfactions de vie. La marine ne doit pas son surnom à une nostalgie monarchiste. A l’écart de la politique par tradition culturelle, les gens de mer la distinguaient ainsi du temps de leur enregistrement sous le régime obligatoire – mais déjà sécurisé avant que l’on pense à une sécurité sociale – de l’Inscription maritime.  Issue des « classes » du XVIIe siècle, c’était une manière de réserve de gens de mer amarinés. Il reste d’ailleurs aujourd’hui autant de marines royales en Europe que de monarchies parlementaires.  

Une anecdote illustre le non conformisme de la marine. La marine royale entra en douceur dans la Révolution. Si beaucoup d‘officiers de vaisseau émigrèrent plus tard pour sauver leur famille, la plupart des quelque seize cents officiers du « grand corps » jalousé par l’armée ne s‘engagèrent pas dans un combat idéologique. Peu émigrèrent d’abord. Les quinze cents autres continuèrent de servir dans la légalité, ouverts aux idées libérales et observant les événements sans trop d’états d’âme. Tous pensaient que l’immense prestige acquis par la marine lors de la guerre d’Amérique et sa qualité technique d’arme d’élite qu’on le veuille ou non leur épargneraient les tumultes d’une affaire politique. Révolution ou pas, leur ennemi était l’Anglais. Comme pour les conforter dans cette idée, le décret du 21 octobre 1790 nuança par un compromis l’adoption à la mer du pavillon tricolore dont Louis XVI portait la cocarde. Le pavillon national adopté par la marine conserva la couleur blanche dans les trois quart de sa surface, le pavillon tricolore – inversé alors par rapport au pavillon actuel décrété en 1794 – était réduit au quart supérieur du côté du mât. La raison de cette dérogation n’était pas une crispation réactionnaire. Après en avoir débattu furieusement, l’Assemblée Nationale  avait reconnu la légitimité du refus des équipages d’amener sans combat le pavillon qu’ils avaient maintenu avec honneur sur les mers. La flotte avait obligé l’Angleterre a plier devant son pavillon blanc et à reconnaître la liberté des Etats-Unis d’Amérique qu’il protégeait. Elle le conserva.

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  1. Directeur du musée de la Marine… Un titre qui laisse rêveur ?

François Bellec : J’ai déjà un peu évoqué cette expérience fabuleuse. D’autant plus excitante qu’au début des années 1980, le musée – comme les musées en général – n’intéressait personne hors de quelques passionnés de la mer. A cette époque, avant la révolution des Musées de France, tout était en friche et tout était à faire. Au palais de Chaillot aussi et dans une douzaine de musées de marine délocalisés le long du littoral. Créer des services de conservation, de communication et d’animation culturelle, réorganiser et dynamiser la présentation des collections m‘ont procuré de grandes joies. Restaurer aussi sous l’œil vigilant des conservateurs des Monuments Historiques des immeubles classés comme le donjon du château de Brest ou la citadelle de Saint-Tropez alors  propriété du Musée de la Marine, Tout était possible et nouveau : des expositions avec le concours généreux de grandes institutions enthousiastes qui n’avaient pas encore la culture du grand public, des cycles de conférences, des récitals et des concerts – jusqu’au Messie dans la grande galerie du musée déménagée pour la circonstance – du théâtre – Goldoni – avec la complicité de la régie du Théâtre de Chaillot. 

J’ai ouvert il y à un quart de siècle le Musée de la Marine à tous les acteurs qui font aujourd’hui notre « cluster maritime », aux sportifs, aux chantiers navals, à l’off-shore pétrolier, à tous les pôles d’excellence du fait maritime français. Aux universitaires aussi et aux scientifiques, aux artistes et aux écrivains déjà. Ce fut une aventure dont je garderais la « saudade » si je n’avais pas le bonheur de rester en contact militant avec tous ces milieux qui me conservent leur amitié.

  1. Pouvez-nous parler de l’expédition à Vanikoro en 2008 ?

François Bellec : Vanikoro 2008 a été une autre nouvelle expérience fabuleuse. Une aventure moderne à la recherche d’un mystère vieux de plus de deux siècles. C’était mon troisième – et manifestement dernier – séjour à Vanikoro. L’île est maléfique sous son ciel tropical lourd, gardée par des requins et des crocodiles.

Les moyens les plus performants de la recherche pétrolière mais aussi des heures de cheminement sous la pluie dans la mangrove et la forêt vierge, des heures de navigations rapides à travers le lagon et dans la grande houle du Pacifique, des heures d’hydravion, de plongée, de travaux sous-marins et de palabres avec les anciens ont permis de fermer les voies sans issue d’un mystère qui demeure : Quel a été le sort de la centaine de survivants du naufrage et comment ont-ils disparus ? Nous savons maintenant que le séjour des naufragés s’est limité à deux points précis de l’île et pas ailleurs. Plus un troisième : l’épave de l’Astrolabe qui a sûrement été utilisée comme base de vie et de défense. Nous avons été conduits enfin, juste avant de quitter Vanikoro, sur une terrasse basaltique naturelle mais aménagée aux temps des premiers polynésiens, plantée d’un énorme arbre sacré. Par recoupements de ce que nous savons et selon la tradition orale, c‘est le lieu dégagé avec vue lointaine sur la mer où s’était retiré le dernier survivant du naufrage. Nous avons approché cette fois les esprits de Vanikoro. Les médecins et les infirmières ont fait de leur côté un beau travail, en soignant en particulier une maladie cutanée endémique dont la souche a pu être cultivée en France et dont on attend maintenant un traitement.

  1. Votre péché mignon…

François Bellec : Je dois en avoir beaucoup. Les péchés peuvent-ils être mignons ? Le plus sûr est que je suis intoxiqué par le travail. Au point de m’ennuyer en vacances.

  1. Qu’est-ce que la Société des Explorateurs?

François Bellec : Elle regroupe des grands voyageurs et les aventuriers curieux. Elle est proche de la Société de Géographie dont je suis administrateur et que je connais beaucoup mieux. Fondée en 1821, c’est la plus ancienne société géographique au monde. Ses collections de cartes et d’ouvrages déposées à la Bibliothèque Nationale sont fabuleuses. C’est dans sa salle de conférences du boulevard Saint-Germain qu’a été décidé le creusement du canal de Suez. La société présidée aujourd’hui par le Professeur Jean-Robert Pitte, membre de l’Institut, organise des colloques, des conférences, des débats, des voyages thématiques. Elle édite de nombreux ouvrages grâce à son fonds, et elle encourage les publications sur la géographie. Elle est chargée d’organiser chaque année les débats en vue de la proposition à SAS le Prince de Monaco des lauréats internationaux du Grand Prix des Sciences de la Mer Albert 1er de Monaco selon un cycle de prospection mis en place par le Prince Rainier. 

La Société de Géographie m’a confié en 2002 la présidence de ce jury sur la proposition d’Alice Saunier-Séité qui m’avait déjà entraîné à sa suite au conseil d’administration de l’Institut Océanographique. Je présenterai à SAS le Prince Albert II les lauréats 2008 et 2009 à l’ambassade de Monaco le 12 mars.

  1. Quelle est la mission de l’Académie de marine aujourd’hui ?

François Bellec : Il aurait été moins délicat de demander : A quoi peut bien servir l’Académie de marine aujourd’hui ? Comme toutes les sociétés savantes au XXIe siècle, notre compagnie cherche à se rendre utile. 

Fondée en 1752 par ce que l’on nommait des « officiers savants » pour contribuer à résoudre la longitude et améliorer la construction navale, érigée en Académie royale en 1769, fermée par la Révolution, oubliée lors de la fondation de l’Institut de France – en partie parce que certains de ses titulaires étaient aussi membres de l’Académie des Sciences – elle a été refondée en 1921 et érigée en 1926 en établissement public. La question de l’utilité d’une institution scientifique et culturelle au temps des laboratoires de recherche de l’industrie mondiale se pose en effet. Je me suis interrogé là-dessus bien entendu pendant mes deux années de présidence au cours de laquelle j’ai entamé la rénovation des statuts des membres correspondants pour tenir compte d’internet et du TGV. Nous rassemblons 78 spécialistes de toutes les disciplines civiles, militaires, industrielles, scientifiques, techniques, commerciales, juridiques, historiques et artistiques dont la plupart ont exercé des responsabilités importantes voire majeures. 

L’Académie estime que ses expériences croisées lui confèrent une capacité indépendante d’expertise et de conseil. Elle répond aux questions du gouvernement ou se saisit de questions d’actualité comme la sécurité du transport maritime, l’inspection des navires, la lutte anti-pollution ou la propulsion nucléaire. Elle organise des cycles de conférences et des voyages d’études en France et à l’étranger. Elle attribue des prix de fondation et des prix littéraires, des prix de thèse et des bourses (modestes) d’études.  Elle fait de son mieux pour contribuer au rayonnement de la France maritime. Elle n’est pas seule à le faire, et l’Institut Français de la Mer qui édite la Revue Maritime est sans doute beaucoup plus présent qu’elle dans les milieux actifs du fait maritime. Mais tout ce monde se connait, s’apprécie et travaille ensemble. Je suis très fier d’avoir été élu il y a juste vingt ans membre étranger de l’Academia de Marinha du Portugal avec laquelle j’ai beaucoup collaboré autrefois, jusqu’à l’exposition Lisboa 1998 qui célébrait l’arrivée de Vasco de Gama aux Indes. J’étais le conseiller pour la mer du pavillon de la France. J’avais déjà été – étrangement – le conseiller scientifique du pavillon … de l’Italie à Gênes 1992 qui célébrait Colomb. J’ai contribué en quelque sorte aux deux expositions organisées au Portugal et en Italie pour dénoncer l’appropriation imméritée des grandes découvertes par l’Espagne à Séville en 1992. Le cercle des gens de mer est vraiment restreint.

  1. Capitaine de vaisseau ou contre-amiral, quel poste avez-vous préféré ?

François Bellec : J’ai déjà répondu plus haut que cela n‘avait rien changé pour moi puisque j’ai  exercé les mêmes fonctions – achevées d’ailleurs à titre civil sous contrat -. J’ajoute en tant que marin que la carrière d’officier de marine me semble apporter des satisfactions opérationnelles plus quotidiennes et plus intenses que celle de la plupart des officiers généraux mais je suis prêt à admettre le contraire.

Eugenio Recuenco, the painter of modern times

Eugenio Recuenco was born in Madrid in 1968 and graduated with a degree in painting from the Universidad Complutense of Madrid. Pursuing photography, he began collaborating with fashion magazines such as Vogue Espana, GQ, View, Madame Figaro, Vogue UK, Vanity Fair and Kult in Spain and Paris in the context of campaigns for brands like Diesel, Wilkinson or Nina Ricci. Eugenio Recuenco produced his first advertising piece in Paris for Boucheron, and since has become one of the most highly sought after young artists in the advertising and luxury fashion industry. Eugenio Recuenco’s fresh take on high fashion is rich in cinematic drama and emotive impulse. With other-worldly narratives, his complex signature style uses elaborate handmade scenery and contains multiple references to art history and film. With a sensibility towards light and dark, concept and drama, his work is reminiscent and yet transcends the grand masters of Spanish classical painting like Goya, El Greco and Zurbarán. As a director, his elaborate, detailed and cinematic style have brought him much praise and won him many awards and an expansive client base including Loewe, Mango, Chivas Regal, Vanderbilt and Motorola. In addition to that, Recuenco was hired as Art Director for the opera “Les Huguenots” at the Richard B. Fisher Center in New York. Henceforth the artist began to produce spots, campaigns and short films as well as to create documentaries and music videos for many bands such as Rammstein’s Mein Herz brennt. Eugenio Recuenco received numerous awards for his body of work. His works are a regular part of solo and group exhibitions. Eugenio Recuenco lives and works in Madrid and is considered one of the most significant contemporary photo artists.

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1. Do you see yourself as a Figure of Photography ?

Eugenio Recuenco : Not at first glance. Every so often I receive an encouraging message via Internet from people that like my photographs, but from that to seeing myself as a figure in photography…

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Eugenio Recuenco

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2. How would you describe your style ?

Eugenio Recuenco : Initially, I don’t have a predetermined visual style. I think that my style is better understood  when seen as a collection of photographs. It comes from a position in a game and as a  question to the spectator from the inside of the photograph “outward”. That positioning  changes aesthetically with time; but the liberty to question everything, remains intact. I think that my photographs question themselves with time and that makes them mutate in style, and I with them. They are a reflection of an interior need; not a stylistic formula.

Eugenio Recuenco Eugenio Recuenco Eugenio Recuenco Eugenio Recuenco3. What led you to Photography ?

Eugenio Recuenco : I started painting and began incorporating photographs in my work and finally they became stronger than the pieces themselves.

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4. How do you manage to bring this whimsical, magical and poetic atmosphere into your work ?

Eugenio Recuenco : By being free to not think about what the public or client wants to see. I try to have fun in each project and for that you need to go out of what you see daily. That poetic world only answers when looking at reality in a different way: sometimes with optimism imagining  better worlds and sometimes with criticism to what surrounds us, but always trying to not be explicit nor hurtful towards the image. Important and difficult things can be said from beauty and tenderness.

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5. Does the use of a camera give you a particular power to hide yourself and do things you would never dare ?

Eugenio Recuenco : Of course, the camera can be a safeguard to freely fuse many things of which, generally, you dare not speak of. And when I travel with it, it is like a shield that allows me to enter the most unexpected  corners and those that I could never access. It gives much confidence; it is interesting what you’re willing to do for a photograph in contrast with how quickly we would abandon the same if it were only for a personal matter.

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6. Your photography is not very far from Rodney Smith’s or Tim Walker’s: can we talk of a movement or an influence ?

Eugenio Recuenco : I admire them a lot. I have the weakness of liking a lot more the work of everyone else than my own. I would love to take photos like theirs, but not to be them, rather to feel what leads to carrying it out in that way. What I like most is learning. But Internet is full of great “anonymous” photographers. I’m not sure if it is a movement; I think it is more of a coincidence of persons that work in very different places trying to convey a certain poetry, each in their own way. It seems that one thing that unites us is honesty in our photos. I think that we do what we believe we ought to do, we don’t follow trends and the changes that we endure are due more to interior necessity than to market demands. Visually we are very different, but I like being associated with them. It is an honour.

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Eugenio Recuenco

7. Your work is inspired by Literature, Painting and Cinema: which artists made a deep impression on you ?

Eugenio Recuenco : Daily, if you walk with really open eyes, you can find many things that inspire. Among the noblest are the ones you mention, but there are many things. Newspapers, conversations…

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1238181_10151610929966704_445578462_n8. Do you think that nowadays, photography is fulfilling the aesthetic and figurative functions of Painting ?

Eugenio Recuenco : I think that time will tell. Today the market decides what is profitable; time decides what is good.

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Eugenio Recuenco

More about Eugenio Recuenco : www.eugeniorecuenco.com

More about “Los Girasoles Ciegos”www.losgirasolesciegos_eugeniorecuenco.com

Dream of flesh with Rosy Lamb

Rosy Lamb grew up a homeschooler in a family of artists in the deep woods of New Hampshire, in the northeastern United States. In 1999, she graduated from the Pennsylvania Academy of Fine Arts in Philadelphia. In 2001, she established her painting and sculpture studio in Paris. 

Rosy Lamb is best known for her intimate paintings, often painted on hand-cast plaster panels, which sometimes combine irregular contours, undulating surfaces or sculptural elements in their surface.  

In recent years, she has been working on a new series of sculptures and bronze furniture, at the foundry Fusions located in Auvergne. These new sculptures use innovative techniques for making unique forms out of hot wax, drawing inspiration from her training as a painter and her intimate knowledge of bronze casting.   

Rosy Lamb has received multiple awards and travel scholarships for her painting and sculpture and has exhibited in the United States, Europe and Asia. She has also published a children’s book called “Paul meets Bernadette” (she was listed as one of the Publisher’s Weekly Flying Starts in 2014). She is represented in Paris by the Guido Romero Pierini Gallery. 

1. Do you consider yourself as an emerging artist in contemporary art ?

Rosy Lamb: I find it difficult to think in terms of art movements and my own status in them. On a lucky day, I am available to be transformed by my work and I forget all concepts, all words, and am carried along by action and response. 

 

2. How would you describe your style ?

Rosy Lamb: I don’t consciously identify with any style. I create with my senses and it is for the viewer to recreate the work for themselves with theirs. I let myself to see through my body and the material, to explore and react, destroy and (re-)invent. Working from life, I have no idea what I will see when I come to the moment; everything unfolds as I work. I intentionally avoid narrative elements, clothes, objects. I prefer not to fix things in place. I do not see the nudity of my models: to me their nakedness is a blanket of colour, light and shadow. Even the model is not a subject in my work, but sometimes, somehow, the model magically stamps their presence into my strokes of colour. 

 

3. When have you been first interested in French Culture?

Rosy Lamb: I homeschooled as a child in our family home, an old wooden house with a panoramic view of the Ossipee Mountains atop a hill in New Hampshire (USA), accessible only via a long dirt road. As a teenager, I took French lessons with a woman in our village. When I first met my French teacher, Jean, she was in mourning for her sister Holley,* who had died unexpectedly the year before. Holley was an artist, a great one, who had lived in Paris for many years. During every lesson Jean spoke to me about Holley and her work and life in Paris and the south of France. Then, as now, I loved and was inspired by Holley’s unusual, sometimes dark and strange work. Jean’s stories about Holley’s life in Paris surely influenced my ending up in France. When I came to live in Paris a few years after finishing art school, I met several people who had known and loved Holley—friends, as well as her lawyer and banker. They were all kind to me, two became my students during those early years when I gave classes from my studio, and the lawyer did my French taxes in exchange for my work, as he had done for Holley. Holley’s story became, in some measure, my story. 

*You can see a limited selection images of Holley Coulter Chirot’s work online. Hopefully, someday her work will be more widely shown and archived. 

4. Do you remember your first contact with Art ? 

Rosy Lamb: A strong connection both to my first contact with art and also, in a small way, to Paris, dates back to my earliest childhood. Before I was born, the house I grew up in had been lived in for several decades by Elizabeth Olds, an artist of immense talent and creativity who was a close friend of my paternal grandmother’s. Olds painted, made prints, and also wrote and illustrated brilliant children’s books surrounded by the same forest that surrounded me as a child. She stacked wood in the fall and shovelled snow in the winter, as we did. The walls of our house were full of Olds’ paintings and prints. As a child my father told me the story of how, when Elizabeth Olds was very young, she got a grant to go to Paris to make paintings of le Cirque d’Hiver. She was such a good horsewoman herself that the circus invited her to join the troupe as a trick bareback rider! At seventeen, when I left home to go to art school in Philadelphia, I took with me an old box of her oil paints that she had left in our shed—they were still good all those years later—and some of her old canvases and stretchers.

5. What missions do you paint ?

Rosy Lamb: My artistic mission is to experience the endless and goalless transformation of seeing and feeling afresh every day via the notational devices of painting, sculpture and creation of all kinds. Experiencing failure, feeling my blindness and limitations, this is part of it too. Our blindness is infinite and it is exciting to encounter it intimately, without running away from it.

6. Painter, sculptor, author, you are a very accomplished artist…

Rosy Lamb: To me, they are all connected. Painting is at the center, necessary because as a painting unfolds, it transforms me even as I transform it. But I need to leave painting, too, to work in other areas, to collaborate with people, as I do with the workers at the foundry in Auvergne, casting, molding and doing metal work and inventing my own material processes. My children’s book, Paul meets Bernadette, about a friendship between two goldfish, is really about our multiple and sometimes skewed perspectives. The story came out of my experience of looking at things as a painter and sculptor. 

I am also studying ceramics now—such a big field that I will need to study it for the rest of my life alongside everything else. I have set up a kiln and a wheel in my studio in New Hampshire and am making pottery for our house as a starting point. This coming year, I will learn more about slip casting in order to start some trials for making surfaces for my painting out of slip-cast stoneware. I love engineering and inventing with materials. It relaxes me from the emotional exigencies of painting and sculpture. 

7. Which artists inspire you ?  

Rosy Lamb: Lucien Freud, Paula Modersohn Becker, Paula Rego, Richard Diebenkorn, Euan Uglow, Frank Auerbach, Howard Hodgkin, Mary Cassatt, Agnes Martin, Odilon Redon, Paul Klee, Kerry James Marshall, Matisse, Van Gogh, Antonio Lopez Garcia, the  Etruscans, Anonymous (she was amazing!), Lucie Rie (ceramicist), William Steig (children’s book author and illustrator), Vincent de Cotis (furniture designer). These are just the artists that popped into my head as I sat down to answer this and I didn’t include some of my artist friends, and my family of artists, who inspire me hugely, maybe more than all of the above. Ten years ago Lucien Freud was hardly someone I referenced. Now, when I see his work in museums, it seems alive on a cellular level. I think about his work a lot, and his intense relationship to developing his own experience of looking over a long and hard working lifetime. 

8. What kind of materials do you use ? 

Rosy Lamb: I use traditional materials, often in untraditional ways. I paint with oils, frequently on sculpted plaster surfaces. I sculpt mostly in clay and make molds so as to finish the sculptures in plaster or bronze. I work with hot wax to create painting-like surfaces in cast bronze. My next furniture experiments will be in sand-cast aluminium. 

9. What would you like to pass on to the next generation ? 

Rosy Lamb: Try not to think too much about what you are doing or why, for whom, what it’s about or what effect it is supposed to create. Let action take you somewhere unplanned, let inaction not seem so frightening. Listen. Follow blindly when you hear a little bird in your ear.  When I forget myself, even for an hour, I am reborn. Most of the time I am lost in my head. I try not to worry about that either.


10. Do you think nowadays Paris is a good place for creativity ? 

Rosy Lamb: The privileged few of us who travel the globe freely are living in a post-geographic world, and artists can live and work happily from almost anywhere. For me, Paris is where I have my studio, my home, and yet I mostly stay in my little bubble. In the summer, I work in my studio in New Hampshire, even farther from it all. 

11. What about your future plans ?

Rosy Lamb: I am preparing a 2019 show of paintings with my Paris gallery, Guido Roméro Pierini, and also continue to work intensely on sculpture, furniture and ceramics.

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Chorégraphies végétales et architecturales avec Ramon Enrich

Après des études aux Beaux-Arts de Barcelone ainsi qu’un cursus en arts graphiques, Ramon Enrich décroche une bourse à la fin des années 1980 pour peindre et exposer à l’étranger. D’abord à Francfort, Marbourg et Berlin, où il travaille avec d’autres artistes autour de différents projets d’installations et d’expositions. Ramon Enrich s’envole ensuite pour les Etats-Unis afin de se former auprès des artistes qu’il admire. Il séjourne quelques mois à la Fondation Donald Judd, puis à la Fondation Chinati, avant d’y exposer son travail dès le début des années 1990. Il poursuit son voyage jusqu’à Los Angeles où il rencontre Ed Ruscha ainsi que David Hockney avec lequel il collabore. Il s’installe ensuite quelques années à New-York et devient l’assistant de Julian Schnabel. A son retour en Europe, il occupe un atelier à la Künstlerhaus Mousonturm de Francfort avant de revenir dans sa catalogne natale où il vit depuis lors.

De retour en Europe, il s’établit en France puis en Allemagne où des institutions publiques et privées font l’acquisition de ses œuvres : Künstlerhaus Mousonturm, Giessen Museum, Museum Für Moderne Kunst Mittelhof (…).

Aujourd’hui, Ramon Enrich est exposé dans le monde entier, et ses travaux enrichissent de prestigieuses collections d’entreprises (La Caixa, Banco Santander, NH, Fundacion Telefonica, Deustche Bank, Generali Foundation) ainsi que de nombreuses collections particulières, notamment celles de sir Norman Foster, David Hockney ou encore Donald Judd. Ramon Enrich expose à Barcelone, Amsterdam, Hong Kong, New-York, Bruxelles et Paris.

Ramon Enrich peint des paysages hybrides, entre urbanisme industriel et rural, et nature apprivoisée à la manière des jardins baroques. Une lumière oblique, presque rasante, vient appuyer les effets de perspective obtenus par le dessin géométrique et simplifié des éléments de la composition. Les arbres, les buissons et les bâtiments sont ramenés aux formes simples du cône, de la sphère et du cube. Sous un soleil de plomb, ces paysages graphiques nous font voyager dans un univers surréaliste et désert où l’homme est absent et où nature et architecture se répondent par un jeu de formes et d’ombres.

1. Vous considérez-vous comme une figure émergente dans l’art contemporain ?

Ramon Enrich : Pas du tout, je suis un simple artiste, un créateur, doté d’une vision du monde très personnelle. Je suis fasciné par l’architecture et pour tout ce qui touche à l’absurde.

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2. Comment définiriez-vous votre style ?

Ramon Enrich : Le style est semblable à la voix, il n’y a rien à faire pour le changer. Je suis toujours resté obsédé par ce qui a trait au paysage et à l’architecture. C’est en quelque sorte une présence marquée par l’homme. Je considère la peinture comme un long chemin plein de possibilités mais aussi de renonciations : à la fin ce qu’on laisse est presque plus important que ce que l’on prend. Mon style est marqué par les paysages intérieurs, les émotions ainsi que les paradoxes qui se rattachent à la sphère de l’irréel. Je cherche l’ambiguïté des formes primitives, qui s’opposent aux formes plus modernes et sophistiquées. Et cela, toujours avec un style simple, une économie dans le langage.

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3. Racontez-nous votre parcours…

Ramon Enrich : Dès l’enfance, j’ai décidé de m’amuser en choisissant un chemin très visuel. Le plaisir des yeux comme moteur de l’intelligence et de l’émotivité.Ainsi, j’ai commencé à m’intéresser à ceux qui ont participé à la pensée et la théorie relative à la peinture. Après mes études aux Beaux-Arts et mes cours d’histoire de l’Art, je suis parti à la recherche des figures de l’art plastique. J’aurais aimé avoir connu Brancusi, Matisse… Hélas, je suis arrivé trop tard ! Aussi, j’ai décidé de partir à la rencontre des mythes vivants. J’ai commencé par l’Amérique. Je me suis présenté devant  la maison de Donnald Judd au Texas. De même, que Schnabel, Hockney et Ed Ruscha. Chacune des ces figures est un monde en soi. Je voulais comprendre le lien entre leur oeuvre et leur pensée, le manière d’exprimer leur liberté.

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4. Qu’avez-vous appris des voyages qui ont ponctué votre formation de peintre ?

Ramon Enrich : Ces voyages initatiques sont le ciment de ma peinture. La rencontre de Richard Long ou Howard Hodking m’a aidé à forger mon propre chemin. Je parle de liens spirituels, pratiques et professionnels.

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5. Quel souvenir gardez-vous de votre rencontre avec Ed Ruscha ?

Ramon Enrich : Ed Ruscha est pour moi un des meilleurs narrateurs qui soient.Je me suis présenté chez lui a L.A avec le seule idée de voir son espace de travail. J’aimais sa modernité de cow-boy classique, comme un artiste des avant-gardes cherchant une chose différente de ses voisins. Une ligne solitaire mais vraie. J’ai parlé de tout ça avec lui : modernité, connections célestes, monde gris des US, toujours avec la sensibilité des poètes qui veulent guérir le monde en nous donnant à regarder la beauté.

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  1. Travailler avec David Hockney… Une manière d’entrer dans le mythe ?

Ramon Enrich : Hockney est de nos jours probablement le plus vivant des jeunes artistes. Il porte en lui Picasso, La Renaissance, Les Primitifs. De même que la technologie avec l’œil et l’intelligence de notre siècle. Je me souviens avoir débuté ce voyage auprès de Hockney quand il m’a envoyé son chauffeur à Los Angeles pour m’emmener chez lui. Nous sommes arrivés a Montcalm Avenue, sa maison au Hollywood Hills. Un petit-déjeuner avec Elton John (voisin des Hills). Tout était nouveau pour moi. Je suis  resté dans son atelier tel un voyeur pendant quelques temps. Je me suis plongé dans sa méthode, ses peintures, tout cela au quotidien. C’était un vrai masterclass de simplicité et de passion. La passion de vivre pour ce qui nous anime, nous fait vibrer.

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7. Quelles missions donnez-vous à l’art aujourd’hui ?

Ramon Enrich : L’art est une façon de voir le monde. Aujourd’hui tout est possible, et c’est encore plus difficile d’être vu. L’art est fait pour durer. Le public aura toujours la légitimité pour le juger. Je fais partie de ces romantiques qui pensent que les être humains auront toujours la nécessité d’être séduits. Il appartient aux artistes de séduire : tout est un grand théâtre dans le bon sens du terme. 

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8. La nature et l’architecture sont deux thèmes prédominants dans votre travail…

Ramon Enrich : La relation entre l’architecture et la nature est l’un des grands thèmes  de l’histoire de l’humanité. Je parle de la lutte de la civilisation pour conquérir la nature. J’aime l’architecture car elle parle de nous, à chaque moment de l’Histoire, en tous lieux. C’est un vrai portrait des relations humaines et de leur environnement.

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  1. Peut-on dire que vos créations empruntent des codes au surréalisme ?

Ramon Enrich : Oui, le surréalisme se situe à côté de la raison, il représente pour moi l’œil intérieur. Cela me passionne, ce fil de pensées qui se déroule de l’autre côté du miroir. On trouve des échos, des liens tissés entre les hommes au travers de la culture et du temps.

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  1. Quels artistes vous inspirent au quotidien ?

Ramon Enrich : Chaque artiste à des références. Les miennes se réfèrent aux choses simples : Judd, Long, sont mes dieux. J’aime à suivre des artistes qui traitent de thèmes classiques mais avec des mots issus de notre langage contemporain. Les œuvres empreintes d’émotion et de simplicité, comme celles de John Pawson ou d’Anish Kapoor me touchent particulièrement. Ou Jean Prouvé avec sa logique ponctuée d’émotion quasi-religieuse lorsqu’il traite de choses aussi terre à terre qu’un simple objet. Encore plus si cette émotion est amusante, intelligente comme Edward Wurm.

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11. Comment travaillez-vous ?

Ramon Enrich : Je suis un peintre solitaire. Je m’isole des heures entières dans l’Atelier à réfléchir à des actes créatifs nés d’un accident dans les couleurs, les combinaisons, les designs. Je passe des moments, seuls à penser, à faire la cuisine, en quête de nouvelles voies. Travail et discipline sont mes deux règles de vie d’artiste mais je reste toujours avec sensible au rythme des saisons, à la nature de l’autre côté des grandes fenêtres de l’Atelier.

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  1. Avez-vous songé à la mise en scène pour les arts dramatiques ?

Ramon Enrich : Mes tableaux sont comme des chorégraphies végétales et architecturales. La mise en scène me tenterait bien sûr, car le théâtre éclaire le monde avec simplicité. Cet écran artificiel constitue en lui-même un tableau.

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  1. Votre vœu le plus cher ?

Ramon Enrich : Être heureux avec ma famille, mes fils et leur faire découvrir le monde. Par égoïsme, peut-être un tableau de Matisse ou des boîtes d’aluminium à couleur de Donald Judd.

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  1. Quels sont vos projets à venir ?

Ramon Enrich : Dans ma ville Igualada, j’ai le projet d’aider à la transformation d’un quartier industriel. Comme artiste, j’ai des expositions prévues à Core, Barcelone et Milan.

En savoir plus sur Ramon Enrich

Retrouvez les oeuvres de Ramon Enrich sur Artismagna

Beyond the visible with Luis Beltràn

Hailing from Valencia in Spain, contemporary photographer Luis Beltràn may be regarded as a storyteller who uses photography to set his mind free from everyday life. Through his pictures, Luis Beltrán talks about loneliness and mystery, suspended between reality and imagination and dedicates his work « to those who daydream, who live in fantasy worlds and don’t want to wake up ».

Although not entirely fantastical, his images have been retouched to make each setting slightly unreal, giving it a sense of the impossible while firmly keeping one foot in reality.

Luis Beltran is represented by Agora Gallery in New York, Blanca Berlin in Madrid, Artloveyou in Barcelona, Mediadvanced in Gijón and Galería O+O in Valencia. His work has been published in such magazines as Ex Magazine and Art Notes.

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1. Do you consider yourself as a figure of contemporary photography ?

Luis Beltràn : As long as I can remember, the pursuit of creativity and talent always fascinated me. One day, I discovered that I could express myself through photography. It allows me to show people how the world appears through my eyes and to tell stories that I think are worthy of sharing. I see myself as not just a photographer, but as someone with a vivid imagination that uses photography to capture my dreams and render them eternal.

2. How would you describe your style ?

Luis Beltràn : I’ve always believed simplicity is the best way to convey emotions and this belief I strive to apply to each of my works. There is beauty in simplicity, and this beauty is able to connect with us. I like to create dreamlike scenes where human beings interact with nature, looking for its essence.

3. What about your experience ?

Luis Beltràn : My first contact with photography was more than 20 years ago. I started with an old camera borrowed from a friend. To me, the darkroom is a magical place to develop photographs and I suggest to photography, enthusiasts to try this experience. Later on, digital photography opened me a world of infinite creative possibilities that allowed me realise ideas that were not possible before. Photography changed my way of seeing the world and helped me find a meaning in my life.

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4. Your work is transfigured by a poetic and fantastic vision…

Luis Beltràn : I like to explore human feelings in my photography, for example, loneliness or sadness. I find my own feelings to be inexhaustible source of inspiration, so I never hesitate to use introspection as a means of fuelling my creativity. I feel comfortable travelling to a fantastic world where everything is simple but at the same time is beautiful and eternal.

5. Do you express the hope to transform the world in a particular way ?

Luis Beltràn : I don’t expect to change the world with my photography, although I wish I could. When I’m creating, I do it for myself just because I feel that way. I take great pleasure when people connect meaningfully with my artwork, so in this sense I do hope to transform the world, even if it is simply one person at a time, making their day a little better.

6. Are you influenced by Painting ?

Luis Beltràn : Painting is a discipline I admire due to its ability to recreate a fantasy world that evoke in me an infinity of feelings. I am probably influenced by some artists because of the colour and style of their work.

7. Which photographers have an impact on your work ?

Luis Beltràn : There are countless good photographers whom I admire, most of them with an amazing talent. Some are not really well known but are nonetheless fantastic artists. I think every time I contemplate a good photo there is something that remains inside of me and influences my work. I like so many authors with different style but if I should highlight one, it would be Eugenio Recuenco. He inspires to me to demand even more from myself, to create even better photographs.

8. Are you fascinated by the children’s world ?

Luis Beltràn : I recall with nostalgia moments in my childhood where I can create free from the boundaries of the adult world. I like to think back to the years when I was a child and live again those past moments full only of happiness and inner peace.

9. What’s your relation with nature ?

Luis Beltràn : I like to escape the city to places where I can meditate and find, inside of me, feelings that we let slowly die while we are growing older. That only can happen when nature surrounds me. It is with nature that I feel at peace with myself.

10. What about the future ?

Luis Beltràn : Fashion and advertising photography, my main occupation for the past four years, it’s a demanding career that requires a lot of time. At present, it doesn’t really allow me to work on my personal work. I would like to carry out some projects in the future, although so far they are just some ideas that need to take shape… My head needs to dream again…

More info about Luis Beltràn

Les voyages mirifiques de Julien Pacaud

Artiste & illustrateur français, Julien Pacaud maîtrise l’art du graphisme et du collage digital pour créer des illustrations originales et surréalistes. Né en 1972, Julien Pacaud fait ses gammes à l’école de cinéma Louis Lumière de 1993 à 1996. Il y rencontre Jean-Christophe Sanchez avec qui il crée l’institut Drahomira, où il s’exprime dans les domaines de la musique, du cinéma et des arts graphiques. C’est en 2002 que Julien Pacaud se lance dans “le collage digital” après avoir découvert les possibilités infinies offertes par le numérique pour manipuler les images. Enfant, Julien Pacaud a été bercé par le graphisme décalé des pochettes d’albums de Storm Thorgerson pour les Pink Floyd, l’atmosphère novatrice et surréaliste des films de David Lynch ainsi que l’univers énigmatique de la série « La Quatrième Dimension ».

Avant d’être illustrateur, Julien Pacaud se dit astrophysicien, joueur de billard professionnel, ou hypnotiseur. Fortement attiré par l’univers du cinéma et des années 1900 & 1970, ses collages géométriques s’inspirent également de l’œuvre de Magritte dont il est un fervent admirateur.

Julien Pacaud produit de nombreuses illustrations pour la presse, les magazines et travaille également pour la publicité, et pour certains chanteurs dont il fait la jaquette des albums. En 2010, Julien Pacaud a reçu le Swatch Special Prize aux Young Illustrators Awards à Berlin, et a obtenu l’honneur de designer une montre en série limitée. Julien Pacaud expose aussi bien en Australie, qu’au Danemark ou aux Etats-Unis.

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1. Vous considérez-vous comme une figure émergente dans l’art contemporain ?

Julien Pacaud : Émergente, pas vraiment, car cela fait maintenant près d’une quinzaine d’années que j’ai commencé à créer des images.

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2. Comment définiriez-vous votre style ?

Julien Pacaud : J’utilise une technique de collage numérique. Je ne sais pas si c’est à moi de définir mon « style », mais je pense que les adjectifs de « surréaliste », « métaphysique », « rétro-futuriste », peuvent être employés.

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3. Racontez- nous votre parcours…

Je suis autodidacte. Après des études de cinéma à l’école Louis Lumière, j’ai été amené, un peu par hasard, à découvrir un nouvel outil – l’ordinateur-, qui m’a tout de suite plu afin de créer des images et de donner vie à des scènes que j’avais en tête. Je me suis tout de suite senti à l’aise avec cet outil et cette manière de travailler qui correspondait mieux à mon besoin de travail en solitaire. Après plusieurs années de créations et expérimentations réalisées pendant mon temps libre, j’ai rejoins une agence d’illustrateurs (Talkie Walkie) qui m’a finalement permis de pouvoir vivre de ce travail créatif.

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4. En quoi consiste votre travail autour du collage ?

Julien Pacaud : J’ai toujours travaillé avec l’outil numérique, sans ciseaux et sans colle, mais avec beaucoup plus de possibilités qu’en utilisant la technique traditionnelle du collage. Je cherche à organiser le chaos, en travaillant à partir de sources photographiques très diverses mais soigneusement choisies, et avec la volonté de créer à partir de celles-ci des univers qui soient assez cohérents visuellement. Avec chaque image, je souhaite raconter une histoire, même si elle peut rester assez mystérieuse pour le spectateur.

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5. Quel regard portez-vous sur le graphisme des affiches soviétiques ?

Julien Pacaud : C’est un style graphique qui m’intéresse et qui m’a influencé au début de mon travail. Néanmoins, je pense que je m’en suis un peu lassé. Peut-être parce qu’il a beaucoup été recyclé ces dernières années, et parce que ce style correspond moins au type d’images que j’ai envie de créer. Je ne me considère pas comme un graphiste, je pense parfois que je serais finalement plus proche d’un photographe, ou d’un cinéaste.

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6. L’oeuvre de Magritte vous inspire-t-elle ?

Julien Pacaud : Énormément, oui. S’il fallait ne choisir qu’une influence, ce serait sûrement celle-là. Magritte est l’un de mes artistes préférés.

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7. Comment nourrissez-vous votre imaginaire au quotidien ?

Julien Pacaud : Je ne sais pas si je le nourris assez. Je crois qu’il faut s’ennuyer pour nourrir son imaginaire. J’ai l’impression de ne plus m’ennuyer assez! En tout cas, les livres, les films, la musique, viennent nourrir un univers intérieur.

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8. Quels rapports entretenez-vous avec l’univers du cinéma ?

Julien Pacaud : Comme je le disais, j’ai fait des études de cinéma. C’est la forme d’art qui m’a toujours le plus intéressé. Cependant, je ne pense pas avoir la personnalité, la ténacité, le courage, d’en faire moi-même. Mais je considère presque mon travail comme du cinéma muet et immobile. Des instantanés d’histoire étranges. Des morceaux de scénario de science-fiction surréalistes..

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9. Vous considérez-vous comme un Jules Verne des temps modernes : vous maîtrisez à la perfection le voyage dans le temps…

Julien Pacaud : Ce serait un peu présomptueux. Mais il n’y a pour l’instant, qu’avec l’art que cela soit possible, donc pourquoi s’en priver ? Le temps me fascine et m’effraie à la fois. Je pense que j’ai besoin de le maltraiter un peu.

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10. Quels sont vos projets à venir ?

Julien Pacaud : Je prépare ma participation à une exposition collective à Taïwan en octobre prochain, et un concert avec mon projet musical « Drahomira Song Orchestra », qui aura lieu pendant l’Etrange Festival à Paris en septembre. Plus hypothétiquement, j’espère reprendre un projet de livre, que je laisse trainer depuis des années..

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En savoir plus sur Julien Pacaudwww.julienpacaud.com

Capturing the humanity of the moment with Albarrán Cabrera

Albarrán Cabrera are the photographers Anna Cabrera (b. 1969, Sevilla) and Angel Albarrán (b. 1969, Barcelona) who work together as a collaborative duo based in Barcelona.

The work of Albarrán Cabrera has been shown in galleries and photo fairs in Spain, Japan, Switzerland, The Netherlands, France, Germany, Lebanon, Italy and the United States. Anna and Angel both have studied under photographers such as Humberto Rivas and Toni Catany, among others.

Some of their prints have become part of private collectors and institutions such as Hermes, Goetz Collection, Banco de Santander, Fundación de Ferrocarriles Españoles among others. They have also produced printing work for several institutions like Fundació La Pedrera in Barcelona, Fundació Toni Catany in Mallorca, Reina Sofia Museum in Madrid or Barcelona Photographic Archive.

 

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1. Do you consider your tandem as a figure of contemporary photography ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : We are sons of this time and era and we embrace the new possibilities, while at the same time we keep using ancient techniques. Our attitude is to have as many tools as possible to better convey a message.

To create our prints we use all what we have at our disposal: from processes created at the end of the 19th century to the newest ones. Thus, we use old techniques such as platinum/palladium or cyanotype, to digital negatives or pigment prints. Our motto is the more tools you have the more creative you can be. The only requirement is not to be afraid of experimenting and spend lots and lots of time learning, learning and learning.

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2. How would you describe your style ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : We have never actively looked for one, so we cannot describe it. Photography is something closely related to our personal growth as persons. Our goal is to learn and know more about the reality that surrounds us and photography is the tool to understand and learn more. This means that our “style” evolves at the same time we are learning, and therefore changing, as human beings.

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3. For how long have you been working together ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : We met each other in 1987 and the way of behaving explained above started then. But working “seriously” and being conscious of the importance of photography as a tool to learn is something that started around 1994 when we rebuilt our first “serious” darkroom at home.

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4. Tell us about your experience…

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : Our relation with photography started a long time ago at a time when we were still working independently. It was for us, as for most people, a way to store memories. When we met is when we realised that photography can also be a way, or an excuse, to learn more about the world you live in.

Time, reality, existence, identity and empathy are highly interesting subjects, but the most fascinating thing is the relation between them. These relations are difficult for us to explain by means of words and that’s why we rely on images. We are particularly interested in memories and the role they play in our understanding of these subjects and relations.

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5. What mission do you photograph ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : Juan Rulfo in his book Pedro Páramo writes: “Nothing can last forever; there is no memory, however intense, that does not fade.”

The fact of collecting images or not depends on the person. For us, photographs reinforce our memory.  And at the same time, they provide us with a wider knowledge and a better understanding of the world around us. Personally speaking, we are as interested in the objects photographed as in all the ideas and knowledge which we have to previously acquire in order to conceptualize them as images.

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6. Your work arouses many emotions to the viewer as an introspection into the intimate realms…

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : we may not be able to answer the big questions about time, reality or space, but we are interested in exploring how a photographic image can make people think about their reality. Being aware is not just an important part of life; it is life as we know it. By using photography, we want the viewers to increase empathy and arouse interest towards their reality.

We are particularly interested in memories and how they work. We want to play with the memories of the viewers to construct a representation inside their minds. Of course we will never know what the final result will be, because any person has different memories and grew up in different cultures and environments. Our images will only be the bare bones of this mental construction.

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7. Which artists influence you ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : Different kinds of artists belonging to different disciplines such as photographers, painters, writers and scientists have always had a strong influence on us. To name a few:  Josef Albers, Harry Callahan, Luigi Guirri, Duane Michals, Toni Catany, Pentti Sammallahti, Gueorgui Pinkhassov, Ralph Gibson, Masao Yamamoto, Adam Fuss, Gerhard Richter, Giorgio de Chirico, Pierre Soulages, Giorgio Morandi, Anseln Kieffer, Lee Ufan, Julio Cortázar, Yasutaka Tsutsui, Haruki Murakami, George Orwell, Juan Rulfo, Tawara Yusaku, Michio Kaku, Erwin Shröedinger, Carlo Rovelli, Satoshi Kon, Wong Kar Wai, Christopher Doyle….

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8. Could you define yourself as a witness of the world around you ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : Any human being is a witness of the world around him, but that world has been created by his perception.  In turn, perception is not reality, but a projection of ourselves. Our purpose when using photography is to make visible elements which are perceived but that we cannot see at first sight.

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9. Your work could be described as a memory syndrome full of poetry…

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : We believe that we are our memories. They define what we are and help us to understand our reality. When we remember, we do not recall a perfect stored representation of the event. A memory is not a snapshot or movie of our lives. We reconstruct our memories based on a set of things that happened, that we perceived and imagined. What those things are also depend on our past experiences, our knowledge, and us. Consequently, each time we recall an event, we change it. We construct a skeleton with the most important pieces and fill the gaps with our imagination. So the memory recreated is not a perfect representation of the event. Our memories are rather flawed but we do not even realize it.

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10. Japan seems to have a deep impact on you both

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : Japanese culture is very important for our work and us. This culture is subject to many stereotypes and enormous misconceptions. At the beginning, you can fall into the trap of its aesthetics and philosophy. But once you study the language, the people and their history, you discover the reality about this country: the good, bad and horrible things -that any country has-. And yet, there is still something fascinating: Japan offers us a completely different interpretation of reality compared to our Western conception. We all live in the same world, but it is interpreted from many, totally different points of view.

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11. How do your organize your work together ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : We met each other in 1987 but started to sign together some 18 years ago.When we met, we realized that we had many things in common and one of them was photography.  So, we decided to work on that together.  

Our working methodology has been changing over the years, though.  At the beginning, we went shooting together, but in the lab, each of us used to process and print their own pictures. But the resulting images were very similar as our way of seeing is also very much alike. As it had no sense to continue working like that, we changed it. 

Now we function as if we were just a single photographer. Our images are mixed and we work with them in the darkroom or the computer without thinking who really took them.

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12. What about the future ?

Anna P. Cabrera & Angel Albarrán : We want to continue learning and working in new projects. Because of photography, we are studying new languages, we are travelling to new countries and meeting really interesting people.

To live our everyday life as photographers is the most important thing for us right now, so we are deeply enjoying the ride.

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