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Florence de la Guérivière réinvente Camille Claudel…

Traductrice et rédactrice, Florence de la Guérivière se consacre aujourd’hui à l’écriture. Après un premier roman, Si loin soit L. publié en 2000, elle a écrit des nouvelles, dont plusieurs ont été primées (Champagne, Bon à tirer, Les Choses). Avec “La main de Rodin”, Florence de la Guérivière signe son deuxième roman, en explorant le destin de Camille Claudel jusqu’en ses ultimes possibilités. Sur la base de recherches rigoureuses, « La main de Rodin » ouvre un passage inédit dans la connaissance de Camille Claudel, exploitant la fiction romanesque pour éclairer autrement le fil tragique de son histoire. Vous considérez-vous comme une figure Littéraire ? Florence de la Guérivière : Loin de moi cette prétention. Se considérer comme une “figure littéraire” suppose que l’on fasse partie des “figures de proue” du paysage littéraire, ou tout au moins qu’on y fasse relativement “bonne figure” ! Mon travail est aujourd’hui bien trop modeste pour prétendre à quoi que ce soit d’emblématique. Seul le temps peut, avec le recul, faire en sorte ou non qu’une oeuvre finisse par trouver sa place dans le patrimoine …

Ane Brun, le lyrisme scandinave

Auteur compositeur, guitariste, chanteuse, productrice, Ane Brun est une artiste norvégienne dont l’oeuvre est empAjouterreinte d’une grâce unique. Mêlant jazz et folk, la musique d’Ane Brun oscille sans cesse entre douceur et amertume, tension et apaisement, noirceur et pureté.  Forte de l’héritage musical de la pop folk scandinave (Anna Ternheim, Nina Persson, Frida Hyvönen, Nina Kinert), Ane Brun pare ses musiques de textes lyriques, fruits de l’élan de ses sentiments personnels : amours impossibles, amitiés déchues… S’accompagnant traditionnellement à la guitare, son timbre de voix est habité par une douceur pénétrante qui me magnétise. Ane Brun fait partie de ces découvertes immenses qui me transportent aux limites de ma sensibilité musicale. Encore discrète en France, Ane Brun connaît un franc succès dans les pays scandinaves et anglophones avec ses derniers albums (Duets, Changing of the seasons, Sketches, Big in Japan…). D’une country folk traditionnelle, en balades aussi minimales que fragiles, la musique d’Ane Brun me rappelle à la fois Joni Mitchell, Dolly Parton, Alison Kraus et Cat Power.

Quelques pointes avec Sébastien Bertaud

Coryphée dans le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris, Sébastien Bertaud a déjà dansé maints rôles de soliste. Chorégraphe dans l’âme, il a signé plusieurs pièces marquantes. Entretien avec une étoile montante de l’Opéra. 1. Vous considérez-vous comme un figure de la Danse ? Sébastien Bertaud : Une des 154 figures du Ballet de l’Opéra en tout cas, et peut être l’une des figures les plus atypiques! http://www.youtube.com/watch?v=e0GjEaWrnr8 2. Comment définiriez-vous votre style ? Sébastien Bertaud : De formation classique, j’aspire à la rigueur et la fluidité, et je me nourris de mes rencontres avec les grands chorégraphes contemporains d’aujourd’hui.  3. Qu’est-ce qui vous a poussé vers la Danse et la Chorégraphie ? Sébastien Bertaud : C’est la musique qui m’a conduit naturellement vers la danse. Pour la chorégraphie c’est l’envie d’aller plus loin, de prendre le risque de partir chercher l’inconnu… De partager mes désirs, mes envies avec d’autres danseurs, et le public avec qui j’ai envie de vivre ces instants. 4. Racontez-nous votre parcours… Sébastien Bertaud : Après avoir commencé le piano …

James Thierrée, confession d’un enfant du siècle

James Thierrée enchante autant qu’il impressionne. Tour à tour comédien, acrobate, danseur, musicien et inventeur de spectacles étourdissants de magie, James Thierrée est un travailleur acharné qui exige de lui-même l’impossible. Héritier d’une prestigieuse dynastie d’artistes, James Thierrée a prouvé au monde entier en seulement quelques créations, qu’il pouvait faire triompher l’imaginaire sur les planches d’un théâtre avec sa troupe, La compagnie du Hanneton. Pari réussi avec La Symphonie du Hanneton, La veille des abysses et Au revoir parapluie qui ont enthousiasmé le public. James Thierrée se fond dans le Théâtre.. ou devrais-je dire que le Théâtre se fond dans James Thierrée car il en fait un lieu où tout est possible, le traitant comme un carrefour de tous les arts. Clown, poète acrobate, philosophe, magicien, James Thierrée est dans une quête incessante d’un paradis perdu tout droit sorti de la nuit des contes de fées ou de John Milton. Recherchant leurs places dans le monde actuel, ses personnages reflètent bien l’ivresse de James Thierrée : atteindre le coeur de l’humanité. Voltige, jonglage, acrobatie, mime, contorsion, danse, chant, lyrique, il puise dans toutes les disciplines pour donner vie à ses …

Véronique Gens, émouvante Prima Donna

Silhouette élancée, regard grave, voix cristalline… Interprète reconnue pour ses performances en musique baroque, Véronique Gens a su intelligemment tisser sa toile lyrique et élargir le spectre de son répertoire depuis des opéras de Mozart (La Flûte Enchantée, Cosi Fan Tutte, Les Noces de Figaro…) aux mélodies françaises (Berlioz, Debussy…), aux airs et danses de Gluck (Les Tragédiennes) et aux opéras de Wagner (Le Vaisseau Fantôme). Suffisamment talentueuse pour ne pas s’être enfermée dans le répertoire baroque, Véronique Gens a su gagner en maturité pour donner à sa carrière un tournant international. Elle a interprété des rôles aussi divers que Chérubin et la Comtesse, dans les Noces de Figaro, Donna Elvira dans Don Giovanni, Vitellia dans La Clémence de Titus, Pamina dans La Flûte enchantée ou Fiordiligi dans Così fan tutte, Mélisande dans Pelléas et Mélisande, Alcina de Haendel, et Tatiana dans Eugène Onéguine… C’est en écoutant il y a quelques années son album « Les Nuits d’été » de Berlioz, que je suis restée sans voix face à un timbre aussi chaud et racé. Inutile …

Rencontre impromptue avec Jean-Louis Bachelet

Pianiste et auteur dramatique, Jean-Louis Bachelet pratique depuis dix ans en alternance récitals et mises en scène. Formé à la mise en scène dans les années 1980, il se passionne pour le théâtre d’ensemble russe et découvre Lorca, Mishima, et Koltès. Sa première pièce, «La nuit au jardin d’Eden», consacrée à la mémoire des déportés en Union Soviétique, est montée en 1998 au Studio Le Regard du Cygne. En 2000, Jean-Louis Bachelet entre dans la compagnie Alma Viva pour un spectacle musical autour des mélodies de Prévert et Kosma. En 2003, Il participe au Théâtre du Nord Ouest à l’intégrale Claudel, avec la comédienne Laure Lattuada. En 2005, il apparait en tant que pianiste au côté de Robin Renucci, dans la pièce « Le pianiste », à la Pépinière Opéra. En 2007, il met en scène «Le Périple d’Eva» avec la comédienne Jessica Jhean. Fondateur de la Compagnie Anser Fabilis pour faire jouer ses pièces, “Regarde, meurs, souviens-toi” est sa vingt-troisième pièce consacrée à trois moments de la vie d’une déportée à Ravensbrück… 1. Vous considérez-vous comme une …

Philip Glass, tout en musique…

Qui n’a pas déjà entendu une des nombreuses mélodies composées par Philip Glass ? Qu’il s’agisse de ses opéras, symphonies, sonates ou compositions cinématographiques, Philip Glass est devenu l’un des musiciens les plus influents de la fin du XXème siècle. J’avoue avoir progressivement découvert la musique de Philip Glass au cinéma dans les films Kundun, The Hours, L’Illusioniste, The Truman Show… Enchaînement de notes glissant sur le clavier, retour à la tonalité, thèmes entêtants, chants d’inspiration orientale, la notion de temps dans la musique de Philip Glass est perçue de façon entièrement différente de celle entretenue habituellement, non plus comme une continuité mais plutôt comme une succession d’instants… Parallèlement à Steve Reich ou Terri Riley, Philip Glass a développé une musique minimaliste et mystique fondée sur des modules répétitifs. Philip Glass a depuis évolué vers une musique davantage stylistique dans laquelle l’aspect répétitif n’est plus prépondérant. Depuis lors, cette figure du monde de la musique contemporaine se définit comme un compositeur classique, ayant étudié Bach, Beethoven ou Schubert. Philip Glass a abandonné la musique sérielle (musique fondée …