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Bernard Dufoux, l’art subtil du chocolat

Bijoutier du chocolat, Bernard Dufoux est un artisan dont les créations savoureuses et innovantes le placent comme l’un des dignes représentants de la tradition chocolatière. Après un passage en tant qu’apprenti chez Bernachon, c’est à La Clayette en Saône et Loire, au coeur du Charolais Brionnais, que Bernard Dufoux a installé sa chocolaterie pour créer, travailler, et inventer des chocolats puissants et audacieux.

Passionné par le chocolat, Bernard Dufoux est parvenu à allier magie et savoir faire, tradition artisanale et innovation. Soucieux de l’excellence des matières premières qu’il emploie, ce conquérant du goût exploite la noble fève de cacao dans tout son éventail de créations.

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Entouré d’ouvriers qualifiés, cet artisan de renom privilégie les fèves de cacao de type Criollo, très aromatiques, venant d’Amérique Latine (Colombie, Venezuela, Equateur) et des Caraïbes, tout en conservant minutieusement le beurre de cacao que contiennent ces fèves.

Ses spécialités ? Les ganaches aux épices ou aux plantes préparées à partir d’une crème onctueuse, les pâtes d’amande enrobées de chocolat noir, les pralinés aux noisettes ou amandes. Certaines de ses créations sont baptisées Vadouvan, Secret Tibétain, Conquistador, Pavé Charolais ou Lamartine pour rendre autant hommage aux origines sud-américaines du chocolat qu’à la richesse du patrimoine gastronomique bourguignon. Caramel, nougatine, pralinés, chocolats aux épices, ganaches, pâtes d’amande… Autant d’invitations au voyage pour les palais en quête de goûts savants et audacieux.

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Connu et plébiscité par tout un cercle très fermé de critiques gastronomiques et de personnalités dont Sonia Rykiel et Irène Frain, Bernard Dufoux figure dans le Guide des meilleurs chocolatiers de France. Attentif à sa clientèle, Bernard Dufoux a développé depuis de nombreuses années, des visites de sa chocolaterie ainsi que des cours de chocolat, et a ouvert une boutique à Lyon.

Pour en savoir plus sur Bernard Dufoux : www.chocolatsdufoux.com/

Dans la peau de Jean-Claude Dreyfus

Jean-Claude Dreyfus ne cesse de nous étonner. Après une enfance bohême, il débute comme prestigitateur puis joue les travestis dans les cabarets parisiens. Au théâtre comme au cinéma, Jean-Claude Dreyfus possède à son actif une longue liste de rôles aussi différents que surprenants, allant de la comédie au drame. Il travaille sur les planches notamment avec des metteurs en scène comme Claude Régy, Jérome Savary, Jacques Lassalle, Anne Delbée, Benno Besson et Tania Balachova. Au cinéma, on le voit dans une multitude de rôles, notamment chez Michel Audiard, Yves Boisset, Werner Herzog, Patrice Leconte, Eric Rohmer, Jean-Jacques Annaud, Claude Pinoteau, Jean-Pierre Mocky, Bertrand Blier, Claude Lelouch, Bernard Rapp, Alain Corneau (…). Rendu populaire sur le petit écran avec la publicité “Monsieur Marie” pendant seize ans, c’est surtout son rôle de boucher dans “Delicatessen” réalisé par Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, qui lui vaut l’engouement du public. Coïncidence amusante : passionné par tout ce qui a trait au cochon, Jean-Claude Dreyfus possède une collection de 5000 pièces ! Sa collaboration avec Jean-Pierre Jeunet lui vaudra des rôles sur mesure comme dans “La cité des enfants perdus” ou encore “Un long dimanche de fiançailles”. En 2009, Jean-Claude Dreyfus revient à ses premières amours en endossant le rôle d’un travesti dans la pièce d’Emmanuel Darley “Le Mardi à Monoprix” pour lequel il a été nominé aux Molières 2010. Rencontre avec un homme aux visages multiples, au regard gourmand et à l’humour aiguisé.

1. Vous considérez-vous comme une figure du spectacle ?
 
Jean-Claude Dreyfus : Je commence à faire figure dans le spectacle, au cinéma, au théâtre. Une figure que les gens connaissent et dont ils commencent même depuis quelques années à connaître le nom. Depuis que ma publicité est arrêtée, c’est à dire il y a 10 ans, j’ai de moins en moins de gens qui m’assimilent à “Monsieur Marie”. C’est plus agréable d’être appelé dans la rue par son nom que par celui de “Marie” ! Mais par rapport à une figure, je suis devenu extrêmement populaire avec “Delicatessen”. Je peux désormais entraîner les gens qui connaissaient la publicité et le cinéma au théâtre. Je suis incontournablement une figure existante de ce métier. C’est mieux comme ça d’ailleurs, je ne le serais pas ce serait très difficile à vivre : on est contents que les gens nous aiment, nous courent après. J’ai fait une lecture l’autre jour d’un texte de Zola sur les inondations, à la Mairie du 17ème en lien avec une exposition sur les inondations de 1910 à Paris. La lecture s’intitulait “Dreyfus défend Zola”, une nouvelle sur les inondations, belle et émouvante. La salle était lors des trois représentations !
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2. Comment définiriez-vous votre style ?
Jean-Claude Dreyfus : Le dilettantisme est mon truc. C’est ce que j’aime bien raconter, c’est pas tout à fait vrai mais en même temps j’aime bien la diversité et donner l’illusion que tout est facile et léger. J’aime donner l’impression que je ne travaille pas alors même que ça me demande beaucoup d’investissement. Concernant mon style physique, je suis entre le dandy clochard et le style extravagant extrême, ce qui était le cas dans ma jeunesse. J’en faisais des vertes et des pas mûres. Mes cheveux tombaient jusqu’aux fesses. Je les peignais à la gouache. Jeune, j’étais une espèce de sauterelle, charpenté, musclé mais élancé et mince. Aujourd’hui, je ne peux plus mettre des chaussures à talons de 12 centimètres, à cause de mon poids. Je suis souvent assez looké mais pas trop : l’ordinaire, le banal, sont à l’opposé de mon style. Cela dit, l’extravagance s’est un peu déplacée vers le confort avec le temps et l’âge ! (rires).
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3. Racontez-nous votre parcours…
Jean-Claude Dreyfus : Quand j’étais enfant, j’étais malade entre 7 et 10 ans (début de tuberculose) donc j’étais dans un préventorium : c’est la première fois que j’ai fait du théâtre. On jouait des farces genre “La farce de Maître Pathelin”. Comme il n’y avait pas beaucoup de filles, je jouais le rôle d’une petite meunière, un voile aux poumons et un voile sur la tête. Puis, je suis parti de chez mes parents vers l’âge de 16 ans et j’ai commencé avec mon père qui avait une revue “Art et Sana”, revue médicale qui organisait des spectacles et des expositions. Avec lui, j’ai commencé comme prestigitateur, illusionniste, j’ai fait des cabarets à Paris et des spectacles dans tous les sanas de France, j’ai tourné dans des maisons pour personnes âgées et des prisons. J’ai fait des numéros pendant une dizaine d’années, et je me suis aperçu que je n’étais pas très doué (rires).  Ce qui me passionnait en fait dans la prestigitation c’était de voir les autres. Je me suis lassé car je voulais surtout faire du théâtre et je ne savais pas trop comment m’y prendre. Alors, j’ai fait partie d’une petite compagnie qui s’appelait “Les classiques de france” qui allait jouer dans les villages du sud, on montait des pièces de Molière mais ça ne suffisait pas.
Puis un jour, je suis allé voir “La Grande Eugène” à Paris, spectacle de travestis de haute qualité et ce fut la révélation, je voulais absolument travailler avec eux. La dame du vestiaire m’a dit “venez nous voir” : c’était la femme du producteur. Je “y suis allé et ils m’ont engagé avec Jérôme Nicolin lequel nous a quitté il y a an. On a partagé ensemble le spectacle pendant 8 ans. Tous les gens de “La Grande Eugène” ont tous malheureusement disparu aujourd’hui. Il n’y a que moi qui reste. Il y a eu un immense succès, on était très prétentieux limite odieux on ne parlait à personne ! “La grande Eugène” s’est terminé pendant un an et demi en Italie : Jérôme et moi, on a décidé d’arrêter, on voulait faire autre chose.
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Je suis rentré au Théâtre de la Ville invité par Geneviève Page dans “L’Echange” de Claudel pour jouer Thomas Pollock Nageoire. Quand ils sont venus me voir j’avais les cheveux longs dans le dos et étais bronzé : j’ai dû me couper les cheveux et comme je faisais encore trop jeune, je me suis carrément rasé la tête. C’était baroque mais bien, on a joué pendant 2 ans et les choses se sont enchainées. Le cinéma a commencé à venir un petit peu. J’ai beaucoup tourné de films, des longs, des courts … Puis la publicité est arrivée et m’a rendu vraiment populaire puis “Delicatessen” qui s’est greffé et puis encore des films dont le film d’Eric Rohmer “L’Anglaise et le Duc”. On a énormément parlé des peintures en incruste à l’extérieur mais tous les intérieurs étaient peints en trompe l’oeil. Toutes les particules m’ont couru après pour me remercier d’avoir sauvé leur duc car avant, le Duc d’Orléans souffrait d’une réputation sulfureuse !
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4. Quel souvenir gardez-vous de votre collaboration avec Miche Audiard “Comment réussir quand on est con et pleurnichard” en 1973 ?
Jean-Claude Dreyfus : C’est un des premiers films où j’ai tourné : un super joli film avec une grande distribution. Je sortais de “La Grande Eugene” et j’y jouais le rôle d’un travesti qui lit Baudelaire et qui entretient une petite relation avec Jane Birkin. Jean-Pierre Marielle prend ensuite mes vêtements et m’imite. Ce fut quelques scenettes. Il y avait tout le monde de cette époque-là : Jean Carmet, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Jane Birkin, Stéphane Audran… C’était bien j’arrivais dans un film où il y avait tout le monde ! Je n’existais pas même si ces gens me connaissaient car ils étaient venus me voir à “La grande Eugène”.
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5. Votre travail avec Jean-Pierre Jeunet a-t-il marqué un tournant dans votre carrière ?
Jean-Claude Dreyfus : Oui, d’abord c’était un magnifique film “Delicatessen”, ça me paraissait évident qu’il y aurait du succès : il y avait une telle folie, une telle démesure au sein de ce tournage ! Ils n’ont pas privilégié les journalistes dans la présentation du film mais ils ont fait en sorte de mélanger public et médias. L’engouement du public a pris tout de suite : je représentais autre chose pour ceux qui n’allaient pas au théâtre, qu’un phénomène de publicité. Ensuite, il y a eu “La cité des enfants perdus” : un beau film très mal reçu à Cannes et qui n’a pas été apprécié par Jeanne Moreau qui disait qu’elle n’y comprennait rien. On ne peut pas tuer un film qui a coûté aussi cher en une soirée, il a été sorti de l’affiche d’office.
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6. Les films “Delicatessen”, “Un long dimanche de fiançailles”, “La Cité des enfants perdus”… vous présentent toujours à travers des personnages étranges, étonnants, inquiétants… Vous aimez jouer sur cette ambiguïté ?
Jean-Claude Dreyfus : Pas toujours : regardez dans “L’anglaise et le duc”, je ne joue pas le rôle d’un monstre ! Je ne me rends pas bien compte… Oui, dans “Delicatessen”, même le personnage qui est un indécrottable imbécile, j’ai réussi à le rendre sympathique : c’est simplement que je crois profondément, que même chez un serial killer, voleur, gangster il peut y avoir un bon fond, c’est plus interessant de jouer ça que quelqu’un qui est dans le bonheur et la béatitude totale. Je joue le rôle d’un con mais il y a des moments où il est presque émouvant de bêtises. Des grosses bêtes un peu terribles, monstrueuses peuvent être des bébés, avec des bons fonds mais socialement foutus.
Dans “Un long dimanche de fiançailles”, je jouais le Capitaine qui a un rôle charnière et le con que je joue, laisse tomber le papier qui gracie ceux qui sont condamnés. Quand Jean-Pierre Jeunet m’a proposé de jouer dans ce film, je voulais interpréter un autre rôle, on n’était pas d’accord et finalement j’ai baissé les bras et je suis très heureux après coup d’avoir fait ce personnage : il avait raison, il n’y avait que moi qui pouvait jouer ce personnage en donnant du mystère et de l’ambiguïté. On ne sait pas si c’est un vrai lâche qui sciemment ruine ces personnes ou si c’est un je-m’en-foutiste qui se vautre dans la jouissance. J’en ai tiré un maximum avec autre chose.
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7. Qu’avez-vous retenu de votre interprétation du Duc d’Orléans dans “L’Anglaise et le Duc” de Rohmer ?
Jean-Claude Dreyfus : Le but de Rohmer était de raconter la Révolution sous un autre angle, dans les yeux d’une aristocrate britannique qui avait raconté tout ça dans son journal. J’étais toujours touché des rôles qui sont pas spécialement pour moi. C’est d’abord pour des raisons physiques qu’Eric Rohmer est venu me chercher.  Oui, j’ai le nez bourbon parce qu’on veut bien me le donner bourbon : j’ai un gros nez quoi ! Rohmer était exceptionnel je l’avais rencontré auparavant à une soirée chez son chef opérateur, et il avait bcp de mémoire et s’est souvenu de cette rencontre éphémère. La jeune femme qui joue l’anglaise, il l’a bien choisi . Quant à Nanon, la suivante de Grace Elliott, c’est une comédienne qui était initialement maquilleuse au cinéma. Elle a écrit à plusieurs réalisateurs dont Rohmer et c’est sur cette lettre qu’il l’a sélectionnée sans la connaitre ! Rohmer s’est fait un peu tapé sur les doigts car il ne met pas en valeur les grands révolutionnaires, on l’a traité de royaliste, d’extrémiste. Ce film a eu beaucoup de succès : 900 000 entrées. Gaumont a arrêté le film alors même qu’il y avait la queue devant les cinémas. On ne pensait pas que ce film pourrait être aussi commercial. Mais on l’a enlevé de l’affiche en plein succès.
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8. On vous dit passionné par les cochons…
Jean-Claude Dreyfus : Au démarrage, cette réputation est due à mon caractère de cochon. Je me suis policé avec le temps (rires), j’étais pas toujours aimable. Les gens ont su après “Delicatessen” que je collectionnais les cochons alors que ça faisait déjà 15 ans. Quand Jean-Pierre Jeunet et Eric Caro sont arrivés chez moi avec un petit cochon en guise de cadeau, ils se sont retournés et en ont découvert 300 derrière ! En fait, j’ai une énorme collection de plus de 5000 pièces exposés de part et d’autre notamment dernièrement à Arzac au musée du jambon de Bayonne. J’ai de tout, j’ai même la peinture du “Père Noël est une ordure”, une horreur mais c’est moi qui en ai hérité à une vente aux enchères au profit du sida. Je l’ai eu pour cher : une grosse merde mais culte ! Cet animal est lucide, drôle, sensuel, amitieux, convivial. J’en ai pas chez moi, je n’ai pas le temps, c’est comme un chien dont il faut s’en occuper ! Pierre Desproges, Gabrielle Lazure, Pierre Doris collectionnaient aussi les cochons.
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9. Vous arrive-t-il de regarder vos films ?
Jean-Claude Dreyfus : Oui, j’ai regardé l’autre jour “L’anglaise et le duc” car il y avait un hommage à Rohmer. Je vois ça comme si c’était quelqu’un d’autre, même si je me trouve moche je me dis “il est moche l’acteur”. J’aime bien regarder une fois que le film est fait car ce n’est plus moi. En revanche, je n’aime pas voir les rushs, je fais confiance au réalisateur.
 
10. Quels sont les univers littéraires, artistiques, les courants, les comédiens qui vous influencent dans votre travail ?
Jean-Claude Dreyfus : Oui on est toujours influencé par pas plein de choses ! Je ne suis pas très courant, j’aime pas suivre un mouvement. Mais j’aime beaucoup des gens comme Jean Carmet ou Michel Serrault mais ce ne sont pas des modèles pour autant. Serrault a commencé par le cabaret, le théâtre puis le cinéma, c’est un parcours qui est le mien aussi. J’ai tourné deux films de Jean-Pierre Mocky avec lui “Bonsoir” et ” le bénévole”, un des derniers films qu’il a fait. Je ne suis pas très courant, tendance, mais plutôt contre-courant ! Ce n’est pas à nous de suivre les courants. J’aime beaucoup la mode mais je ne suis pas victime de ça. J’ai souvent eu des couturiers qui m’ont fait des vêtements. C’est par exemple le cas pour la cérémonie des Molières 2010 où je suis nominé pour “Mardi à Monoprix” ainsi que l’auteur Emmanuel Darley. On reprend d’ailleurs la pièce à partir de mi-septembre à théâtre ouvert.
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11. Vous avez mis en scène des spectacles de Poésie au Théâtre Molière, vous y êtes sensible ?
Jean-Claude Dreyfus : J’ai fait un spectacle de Cocteau et un autre aussi autour de Jehan-Rictus. J’aime bien la poésie à ma façon, j’aime pas écouter de la poésie avec des gens qui la lisent avec la tête sur le coté. J’aime la poésie vivante. La poésie ne se joue pas mais n’endort pas non plus : la poésie est faite pour être vécue.
2. Etes-vous un grand voyageur ?
Jean-Claude Dreyfus : Je ne voyage que pour le travail. Souvent quand il y a des courts métrages, en échange, je veux bien un cadeau  (par exemple, pour le court métrage de Roman Polanski pour les 60 ans du Festival de Cannes, on nous a offert à chacun une bonne caisse de vin). Une productrice m’avait offert un coffret quelques jours dans un Relais Château en Normandie, ça m’embêtait : si je veux y aller, j’y vais. Je lui ai donc proposé de m’offrir autre chose, une loge transportable. Car souvent les loges sont mal éclairées et je suis obligé de demander aux techniciens de mettre des projecteurs.
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13. Que pensez-vous du trac ?
Jean-Claude Dreyfus : Le trac c’est un mystère, ça ne se guérit pas. Le trac vient de  la peur d’aller sur scène et de la crainte des trous de mémoire. Quand je dois reprendre une pièce, j’ai une oreillette en guise de souffleur au cas où. Moins je pense, mieux je me porte. J’ai plein d’histoires rigolotes avec ça ! Par exemple dans “le malade imaginaire”,  je n’avais pas joué depuis 6-7 mois, j’ai donc porté une oreillette : le premier jour tout va bien, le deuxième jour l’assistante me raconte des trucs trashs à l’oreille, les gens croyaient que j’avais du talent car je n’arrêtais pas de rire ! Une autre fois, au spectacle autour de Cocteau à la maison de la poésie, il y avait beaucoup de texte, j’avais besoin de m’y remettre car il y avait eu une coupure à cause du film  de Rohmer. Une assistante devait s’occuper de l’oreillette : le premier soir elle avait tellement le trac qu’elle n’avait rien compris, elle m’a dit tout le texte, c’était une horreur, le spectacle qui devait durer une heure dix, n’a duré que trois quarts d’heure. L’oreillette ça sert dans les cas extrêmes.
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14. Si c’était à refaire…
Jean-Claude Dreyfus : En tant que comédien, je peux faire tous les métiers : banquier, boucher, agriculteur… je peux tout faire ! Il y aucun des métiers de tout ça que je voudrais faire vraiment de toute ma vie.
15. Théâtre ou cinéma ?
Jean-Claude Dreyfus : C’est comme demander si je préfère mon père ou ma mère ! Quand je suis au théâtre, je veux faire du cinéma et quand je suis au cinéma je veux faire du théâtre. Mais au cinéma, c’est important d’avoir de beaux rôles.
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16. Avez-vous des conseils à donner à de futurs comédiens ?
Jean-Claude Dreyfus : Bougez-vous, faites vos spectacles, montrez-vous, il y a pas de conseil si ce n’est : allez-y ! On est tous élus à quelque chose de différent, après il faut faire son métier. Il y a des tas de comédiens qu’on ne connait pas et qui font bien leur métier. On ne fait pas ça pour être connu mais pour être reconnu.
 
17. Le mot “solitude” est  fréquent chez les artistes…
Jean-Claude Dreyfus : Oui, la solitude est essentielle ! C’est pour ça que les aventures amoureuses sont parfois douloureuses car pour un rôle on un vrai besoin de solitude. Avant d’apprendre avec un répétiteur, j’ai besoin d’être seul, de rêver dessus, de travailler dessus. Et même quand on fait une pièce avec du monde, on répète avec eux mais on travaille tout seul d’abord. J’aime être seul de temps en temps car je ne suis pas assez seul.
18. Votre péché mignon…
Jean-Claude Dreyfus : Moi même je suis un péché mignon ! Mis à part les cochons, j’en ai plein. Ce sont des péchés avec un “s”, mignon avec “s”, c’est tout. Je craque toujours quand je peux pour les chaises, les lampes, les miroirs : il ne faut pas m’emmener aux puces  ! J’aime les choses baroques, je suis plutôt entre les années 30 et 80. J’apprécie aussi les meubles du 18ème mais je suis plus moderne, industriel même. J’adore les terrasses, regarder passer les gens devant, en haut, derrière, les mains, les yeux, les pieds, tout ! Je préfère regarder les gens plutôt que d’avoir un coach qui va me gâcher la vie, me dire ce qu’il faut faire.

La fable d’Aurèle et du yellow LostDog

Artiste plasticien post industriel né en 1963 à Paris, Aurèle découvre au début des années 80 au hasard d’une rue de New York,  l’affichette d’un chien perdu « Bob, the lost dog ». Il rencontre Andy Warhol, Arman, Villeglé et Raymond Hains, qui marquent son parcours. En 1990, il expose ses œuvres chez Leo Castelli, à New-York, et débute une collaboration avec Agnès B. qui présentera régulièrement son travail. En 1999, il emménage chez Nan Goldin avec sa compagne Joana Preiss. Dans les années 2000, il expose à la Fondation Coprim, à la plage avec Enrico Navarra. Vient ensuite la première commande publique : 6 chiens en bronze pour la façade du Musée de Rodez. En Mai 2005, Aurèle participe à la foire de Shanghai. Depuis l’artiste vit et travaille entre la France et la Chine. Il crée des projets monumentaux dont le fameux LostDog museum. En 2009, lui est remis le prix de sculpteur de l’année à Shanghai. Aurèle sera présent au Pavillon Français de l’Exposition Universelle de Shanghaï à travers LostDogCo2 : un chien géant de 4,5 mètres de haut utilisant la technique des infrastructures vertes. Immersion dans le “yellow world” d’Aurèle…

1. Vous considérez-vous comme une figure artistique, une “force contemporaine” ?

Aurèle : J’espère. Mais une anecdote amusante me ferait dire que oui, peut-être : Il y a 10 ans, 20 ans même, on me targuait d’être un artiste bien pessimiste quand j’essayais à travers le chien, le jaune, et tous les moyens mis à ma disposition d’attirer l’attention du public sur des problèmes liés à l’écologie, aux épidémies… Aujourd’hui, alors que mon message est resté le même, certains me voient comme un opportuniste. L’époque m’a rattrapé, c’est triste mais cela me renforce dans mes convictions et dans mon envie d’essayer de faire quelque chose.

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Aurèle : Post-industriel comme disait Pierre Restany.

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3. Vous sentez-vous investi d’une mission ?

Aurèle : Oui, c’est mon moteur. Ma seule raison de vivre. J’ai toujours eu un côté Rimbaud et je veux pour toujours être Zorro (rires…). Ne jamais perdre espoir à 5 minutes du miracle.

4. Racontez-nous votre parcours…

Aurèle : Ce serait long. Mais ce sont les rencontres qui m’ont toujours porté. Et les hasards objectifs qui en découlent.

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Aurele et AndyWahrol, 1986

5. Votre rencontre avec Andy Warhol a-t-elle marqué un tournant dans votre carrière ?

Aurèle : Oui. Mais rencontrer l’homme, c’est prendre le risque de démystifier son travail.

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6. Quelles sont les origines de “Bob, the LostDog” ?

Aurèle : En 1986, c’était mon premier voyage à New-York. Avec les Portnawak, dont Fred LaTrace devenu Fred Kleinberg et Boredom devenu Mano Solo, on arrachait des affiches la nuit dans la rue. Au sommet d’un réverbère, j’ai vu ce Reward. Je l’ai conservé longtemps avant que j’en comprenne le sens et qu’il devienne mon travail.

7. Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à travers the LostDog ?

Aurèle : Si je voulais transmettre des valeurs, ce seraient celles qui m’ont interpellées dans cette affiche qui contient je pense tous les mots et les maux de nos vies. 100$ : l’argent omniprésent. Bob the LostDog : c’est toi, c’est moi. Reward : récompense d’une quête qu’elle soit spirituelle ou matérielle. Fiendly : L’amour, l’amitié un besoin universel. LostLostLost : perdus, face aux guerres, aux pollutions, aux épidémies. Wanted : la volonté, la recherche, un premier pas pour changer le monde : ACTION = SATISFACTION / SILENCE = MORT

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8. Parlez-nous du musée éphémère qui sera abrité dans Bob le chien jaune, pour l’exposition universelle 2010 à Shanghai…

Aurèle : Il y a confusion…ou amalgame. Le projet du Lost Dog Museum est un projet différent. Il a certes été en compétition pour le Pavillon français de l’exposition universelle de Shanghai en 2010 mais c’est le projet de Jacques Ferrier qui a été choisi. Finalement, je proposerai dans l’atrium du pavillon une œuvre monumentale, le LostDogCo2, un chien géant de 4,5 mètres de haut reprenant la technique des infrastructures vertes. Composé de plantes dépolluantes, il a la capacité, grâce au processus de transpiration, de transformer les polluants contenus dans l’air en eau et en oxygène. Un œuvre d’art actrice de son propre message.

392369_10150455893854961_614634960_8709829_2037148289_n9. Quels sont les univers culturels ou artistiques qui vous inspirent ?

Aurèle : Le dadaïsme pour son anti-conformisme et ses prises de position. Le pop art et le nouveau réalisme pour avoir mélangé la haute culture et la basse culture et pour leur nouvelle approche du réel.  Et plus proche de nous Thomas Hirschhorn et Olivier Blanckart pour leur humanité et leur travail. J’aime les ingérables.

10. Quels sont les matériaux que vous préférez travailler ?

Aurèle : Tous et aucun en particulier : la pierre, le bronze, la vidéo, le néon, le polaroïd… Peu importe le medium, seul le concept m’intéresse. Je suis plus proche de l’idée que du résultat.

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11. Qu’avez-vous tiré de votre période indienne ?

Aurèle : L’âme, la joie de vivre, l’espoir d’une renaissance même si je n’y crois pas trop. J’ai renoué avec mes croyances chez Mother India.

12. Avez-vous le sentiment de prendre continuellement des risques dans votre travail d’artiste ?

Aurèle : Oui. C’est ce qui fait de moi un artiste. Bien qu’aujourd’hui, il y ait beaucoup d’artistes commerçants.

13. Quel regard portez-vous sur le monde ?

Aurèle : Je suis d’un optimisme tragique. Je vois ça comme si nous étions dans une voiture de sport à plus de 250km/h sur la file de gauche de l’autoroute. Nous voyons un mur, le mur approche, nous accélérons…Je tire sur le frein à main.

14. Que pensez-vous de l’Art actuel ?

Aurèle : À boire et à manger.

15. Quels sont vos projets pour 2010 ?

Aurèle : En mars : LostDogConnection, une oeuvre d’art virtuelle ouverte à tous, inspirée de mon travail sur la perte et l’errance. Cette oeuvre est d’abord une collection : la collection de toutes les réponses à une question simple mais profonde : “Et vous, qu’avez-vous perdu ?”. Chacun peut consulter, partager et enrichir cette collection de témoignages sur les sites communautaires les plus visités : Facebook (page LostDog Community), YouTube (chaîne LostDog Channel) et Twitter (fil LostDog Post). La collecte des réponses a démarré le 1er mars ; aucune date de fin n’est prévue. LostDogConnection se donne d’abord à voir sur Internet. Du 17 mars 2010 au 22 mars 2010, LostDogConnection sera à la Foire d’Art Contemporain ART PARIS + GUEST, au Grand Palais, sur le stand de la Galerie Nathalie Gaillard qui me représente. Du 1er mai au 31 octobre, LostDogConnection ira jusqu’à Shanghaï, à l’Exposition Universelle où je présente le LostDogCo2 dans l’atrium du pavillon français.

Dernier hommage à Madeleine Marion, âme du théâtre français

Cette femme à la voix chaude, aux yeux de velours était l’amie de tous. Sa voix respirait Claudel naturellement et ses accents chantants modulaient toujours singulièrement les textes” nous dit Muriel Mayette, Administrateur général de la Comédie Française.

Figure sculpturale et majestueuse du théâtre, Madeleine Marion – “Mado” pour les intimes dont j’ai eu l’insigne honneur de faire partie – a laissé derrière elle une carrière de comédienne brillante dont la voix profonde, presque masculine, prolongeait celle des poètes avec lyrisme et gravité.

Madeleine Marion

Pensionnaire de la Comédie Française depuis 2002, Mado faisait partie de cette génération de comédiens issue de la belle époque du théâtre. Elève de Béatrix Dussane au CNSM dans les années 1950, son nom fut toujours associé à celui d’Antoine Vitez qui la sublima dans « Le Soulier de Satin » de Claudel représenté en 1987 à la Cour d’Honneur du Palais des papes au Festival d’Avignon.

Sa carrière fut nourrie de rencontres avec de grands metteurs en scène qui surent exploiter la richesse de son talent,  tels que Sacha Pitoëff dans “Trois Soeurs” de Tchekov, Roger Planchon dans “Edouard VII” de Shakespeare, Robert Wilson dans “Les Fables” de La Fontaine, Julie Brochen dans “Le voyage de Monsieur Perrichon” d’Eugène Labiche, Jean-Pierre Vincent dans “On ne badine pas avec l’amour” de Musset, Jean Négroni dans “Le Misanthrope” de Molière, Jean-Paul Rappeneau dans “Cyrano de Bergerac“(…).

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Comédienne passionnée par la transmission de son Art, Mado fut professeur d’interprétation au CNSM de 1988 à 1995 et marqua ses éléves par sa générosité, son rayonnement, et son amour pour les autres. De grands comédiens tels que Jeanne Balibar, Philippe Torreton, Eric Génovèse, Julie Brochen, Amira Casar (…) ont suivi ses cours et ont gardé d’elle le souvenir d’une comédienne douce, grande, rebelle, iconoclaste, courageuse et assoiffée d’absolu. Elle enseignait avec passion, enthousiasme, et avec la sensation d’avoir appris, grâce à cette charge, «une quantité de choses que l’on fait comme acteur, mais que l’on ne structure pas consciemment». Elle faisait travailler Claudel pour l’énergie et la dilatation du verbe, et Racine pour la lumineuse construction du langage.

J’ai eu personnellement la chance de croiser Mado durant mon enfance. Impressionnée par cette grande femme à la voix grave et satinée, au regard réservé mais profondément affectueux, qui marchait lentement, plongée dans ses pensées, j’aimais lui poser une multitude de questions sur le théâtre. C’est son regard grave lié à ses blessures familiales qui restera le plus marqué dans ma mémoire. Ce même regard se transformait sur scène en un écho magnifique et bouleversant du texte dont elle savait s’habiter, je pense notamment à son rôle dans “Rimbaud, dernière escale” mis en scène par Nada Strancar au Théâtre Molière en 1999.

Florence de la Guérivière réinvente Camille Claudel…

Traductrice et rédactrice, Florence de la Guérivière se consacre aujourd’hui à l’écriture. Après un premier roman, Si loin soit L. publié en 2000, elle a écrit des nouvelles, dont plusieurs ont été primées (Champagne, Bon à tirer, Les Choses). Avec “La main de Rodin”, Florence de la Guérivière signe son deuxième roman, en explorant le destin de Camille Claudel jusqu’en ses ultimes possibilités. Sur la base de recherches rigoureuses, « La main de Rodin » ouvre un passage inédit dans la connaissance de Camille Claudel, exploitant la fiction romanesque pour éclairer autrement le fil tragique de son histoire.

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  1. Vous considérez-vous comme une figure Littéraire ?

Florence de la Guérivière : Loin de moi cette prétention. Se considérer comme une “figure littéraire” suppose que l’on fasse partie des “figures de proue” du paysage littéraire, ou tout au moins qu’on y fasse relativement “bonne figure” ! Mon travail est aujourd’hui bien trop modeste pour prétendre à quoi que ce soit d’emblématique. Seul le temps peut, avec le recul, faire en sorte ou non qu’une oeuvre finisse par trouver sa place dans le patrimoine littéraire. Aucun auteur ne peut, me semble-t-il, se targuer d’être une “figure”, tout simplement parce qu’il ne lui appartient pas d’en décider.

  1. Comment définiriez-vous votre style ?

Florence de la Guérivière : Je dirais qu’il est à géométrie variable. Au risque de passer pour un auteur-caméléon, qui se camoufle et se fond dans le paysage de ses fictions, je fais de la prose sur-mesure : j’adapte mon écriture à mes sujets, aux contextes, aux personnages, aux époques. J’aime changer de registre, de niveau de langue, de ton, de rythme, parce que je jubile autant à manier une langue très classique, un tantinet académique, que les mots de tous les jours, le langage parlé, brut de décoffrage… De l’un à l’autre, il y a probablement un “style” qui me caractérise, une “griffe” comme on dit : peut-être une propension à fouiller sans cesse dans l’imaginaire pour y trouver des métaphores qui parlent. Il paraît que mon style est très imagé.

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  1. Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’écriture ?

Florence de la Guérivière : A cette question très indiscrète, un trio de réponses, sincère à défaut d’être glorieux !

– La voix de la facilité : j’écris parce que c’est beaucoup moins difficile que de parler… Je me suis souvent dit que la nécessité d’écrire relevait chez moi d’une incapacité latente à poser ma voix dans la vie. La médiation de l’écrit est pour moi beaucoup plus rassurante que celle de la parole, qui vous expose en frontal, en temps réel, au regard d’autrui ou, bien pire, à ses questions…

– La voix de la paresse : j’écris parce qu’en toute honnêteté, je ne sais rien faire d’autre ! L’acquisition de compétences plus lucratives est un mal nécessaire que je rechigne lâchement à affronter…

– La voix du politiquement incorrect : j’écris parce qu’il y a dans la réalité de tous les jours des zones d’ennui si épaisses que l’évasion dans la fiction est une nécessité vitale, une respiration. Un jour passé sans fiction me pèse comme un couvercle. Vous savez, on entend souvent des gens dire : “J’ai tellement d’occupations… Je ne m’ennuie jamais !” Moi je m’ennuie la plupart du temps, et les occupations ne font que contribuer à cet ennui. Autrement dit, je suis de ceux qui pensent que pour créer, il faut passer par cette espèce de vide intérieur… Et s’émerveiller de ce qu’il en surgisse, parfois, des perles dignes d’être cultivées dans les livres !

  1. Pourquoi avoir choisi d’écrire sur Camille Claudel?

Florence de la Guérivière : Oui, vraiment, quelle idée, alors que tout a déjà été dit et écrit sur elle ! La rencontre avec son oeuvre, par un samedi pluvieux à Marmottan, a été comme une illumination… quelque chose d’irrésistible, qui m’a poussée sur-le-champ à m’immerger dans cette oeuvre pour découvrir l’âme blessée qui se trouvait derrière. Je me suis aussitôt jetée à corps perdu dans “le cas Camille Claudel”, sans bien savoir où cela me mènerait car, encore une fois, je n’avais aucune légitimité sur le plan artistique pour écrire un livre sur un sculpteur de cette envergure. Peu à peu a germé en moi l’idée qui allait servir de point de départ à mon roman : finalement, pour entrer dans l’intimité de cette artiste, ne pouvais-je pas me placer sur mon terrain à moi, c’est-à-dire la fiction, en imaginant ce qu’elle aurait fait, pensé, rêvé, détesté, si l’événement de sa sortie d’asile avait pu se produire ?

  1. Pourriez-vous expliquer “La main de Rodin” en quelques mots ?

Florence de la Guérivière : L’idée est très simple. Camille Claudel, comme chacun sait, a été internée dans une maison de santé pendant trente ans, de l’âge de 48 ans jusqu’à sa mort. Contrairement à ce qui aurait pu, aurait dû arriver, elle n’a jamais bénéficié d’aucune autorisation de sortie. Compte tenu de cet incroyable acharnement du sort, comment ne pas imaginer ce qui se serait passé si elle avait quitté son asile, ne serait-ce que quelques jours ? Aurait-elle cherché à revoir Rodin ? Aurait-elle voulu sculpter à nouveau ? Serait-elle retournée dans sa famille ? Autant de questions que tous les passionnés de Camille Claudel ne peuvent manquer de se poser, et auxquelles j’ai apporté mes propres réponses, non seulement sur la base de tout ce que l’histoire a retenu d’elle, mais aussi, forcément, sur la base de mes propres intuitions ! J’ai passé beaucoup de temps sur sa correspondance, par exemple. Camille s’y livre la plupart du temps à nu, parce qu’il était dans sa nature de se montrer toujours vraie, extrêmement directe, sans s’embarrasser de formes. Pour cette raison, ses lettres nous font rire ou nous arrachent des larmes avec la même force irrésistible.

  1. Quelle est d’après vous,  l’originalité de l’oeuvre de Camille Claudel dans l’histoire de la sculpture ?

Florence de la Guérivière : Je n’ai à cette question pas de meilleure réponse que celle de Paul Claudel lui-même sur le travail de sa soeur : « L’oeuvre de ma soeur, ce qui lui donne son intérêt unique, c’est que tout entière, elle est l’histoire de sa vie» . Cette réflexion de Paul Claudel met le doigt sur l’essentiel : chez Camille Claudel, pour ainsi dire, l’oeuvre vient en amont de la vie, elle la précède, comme si elle anticipait, annonçait, portait tout le poids des épreuves traversées. La douleur affleure de façon si vive dans le moindre modelé qu’on est pris aux entrailles, probablement parce qu’on associe spontanément le tragique de la destinée de Camille aux sculptures sorties de ses mains.  Peut-on en dire autant de Rodin, de Bourdelles, de Despiau, de Desbois ? Chez ces sculpteurs, on salue l’habileté, la technicité, le naturalisme poussé à l’extrême, l’innovation, éventuellement la force érotique… Est-on pris aux entrailles ? Non. C’est toute la différence entre le Baiser de Rodin et Sakountala, par exemple, entre l’Eternelle idole et l’Implorante. Sur l’Implorante, je retiens encore Paul Claudel : « Cette jeune fille nue, c’est ma soeur ! Ma soeur Camille. Implorante, humiliée, à genoux et nue ! Tout est fini ! C’est ça pour toujours qu’elle nous a laissé à regarder !» 

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  1. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans les oeuvres récemment suscitées par Camille Claudel : romans, filmographie, spectacles ?

Florence de la Guérivière : Il est fascinant de découvrir tout ce que Camille Claudel réussit à inspirer aujourd’hui, dans tous les domaines artistiques ou presque : cinéma, théâtre, chorégraphie, littérature…  Belle revanche pour celle qui, tant d’années, est restée dans l’oubli, dans l’ombre des deux “monstres sacrés” qu’ont été Rodin et Paul Claudel ! Parmi toutes ces réalisations, tout le monde garde en mémoire le film de Bruno Nuytten, avec un Depardieu et une Adjani plus vrais que nature. Ce film est vraiment une réussite. Je déplore juste, pour ma part, qu’en dépit de toutes ses qualités, le film – comme du reste les romans tirés de la biographie de Camille Claudel – ait si peu cherché à révéler la vraie nature de la maladie de Camille. On montre généralement le personnage sous les traits un peu caricaturaux de la folie (scènes de violence, démence, hystérie etc.) sans mettre le doigt sur la réalité attestée de son mal : la paranoïa. J’ai également beaucoup aimé le ballet “Sakountala avec Marie-Claude Pietragalla, avec son extraordinaire ouverture sur “la porte de l’Enfer”.

  1. Quels sont les univers littéraires et artistiques qui influencent votre écriture ?

Florence de la Guérivière : Difficile à résumer, car je fais feu de tout bois ! Les univers littéraires et artistiques que je traverse sont d’inépuisables sources d’inspiration mais aussi de vigoureux stimulants (encore que la lecture de certains puisse avoir sur moi l’effet inverse : que peut-on espérer écrire après Proust ?!) En tout état de cause, je me nourris régulièrement des grands noms de notre littérature classique et contemporaine. Récemment je suis partie à l’assaut de toute l’oeuvre de Simone de Beauvoir, de toute l’oeuvre de Kundera, de tout Primo Lévi… Plus j’avance en âge, plus j’ai besoin, derrière l’oeuvre, de découvrir la pâte humaine, l’homme ou la femme qui vit derrière le texte, la fine pointe de son monde intérieur: voilà pourquoi je ne lis plus désormais que des “oeuvres complètes” ou presque. Rarement des ouvrages isolés. C’est la raison pour laquelle Camille Claudel m’a à ce point fascinée : son oeuvre, c’était elle ! Mais les univers littéraire et artistique ne sont pas les seuls à influencer l’écriture, comme on s’en doute. Les jours qui passent, les événements, les personnes proches ou lointaines sont autant de “matières premières” susceptibles de se voir transformées en “fictions finies”.  Le point commun de toutes ces influences ? Le symptôme qui caractérise l’irruption de ce qu’on appelle “une source d’inspiration” ? Un drôle de petit pincement au coeur qui survient après un événement, une rencontre, une oeuvre, et qui me brûle de l’intérieur jusqu’à ce que, après des heures de travail mises bout à bout, surgisse un bout de fiction.  La petite brûlure, alors, se dissipe lentement… Jusqu’à la suivante.

Ane Brun, le lyrisme scandinave

Auteur compositeur, guitariste, chanteuse, productrice, Ane Brun est une artiste norvégienne dont l’oeuvre est empAjouterreinte d’une grâce unique. Mêlant jazz et folk, la musique d’Ane Brun oscille sans cesse entre douceur et amertume, tension et apaisement, noirceur et pureté. 

Forte de l’héritage musical de la pop folk scandinave (Anna Ternheim, Nina Persson, Frida Hyvönen, Nina Kinert), Ane Brun pare ses musiques de textes lyriques, fruits de l’élan de ses sentiments personnels : amours impossibles, amitiés déchues… S’accompagnant traditionnellement à la guitare, son timbre de voix est habité par une douceur pénétrante qui me magnétise. Ane Brun fait partie de ces découvertes immenses qui me transportent aux limites de ma sensibilité musicale.

Encore discrète en France, Ane Brun connaît un franc succès dans les pays scandinaves et anglophones avec ses derniers albums (Duets, Changing of the seasons, Sketches, Big in Japan…). D’une country folk traditionnelle, en balades aussi minimales que fragiles, la musique d’Ane Brun me rappelle à la fois Joni Mitchell, Dolly Parton, Alison Kraus et Cat Power.

Quelques pointes avec Sébastien Bertaud

Coryphée dans le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris, Sébastien Bertaud a déjà dansé maints rôles de soliste. Chorégraphe dans l’âme, il a signé plusieurs pièces marquantes. Entretien avec une étoile montante de l’Opéra.

1. Vous considérez-vous comme un figure de la Danse ?

Sébastien Bertaud : Une des 154 figures du Ballet de l’Opéra en tout cas, et peut être l’une des figures les plus atypiques!

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Sébastien Bertaud : De formation classique, j’aspire à la rigueur et la fluidité, et je me nourris de mes rencontres avec les grands chorégraphes contemporains d’aujourd’hui

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3. Qu’est-ce qui vous a poussé vers la Danse et la Chorégraphie ?

Sébastien Bertaud : C’est la musique qui m’a conduit naturellement vers la danse. Pour la chorégraphie c’est l’envie d’aller plus loin, de prendre le risque de partir chercher l’inconnu… De partager mes désirs, mes envies avec d’autres danseurs, et le public avec qui j’ai envie de vivre ces instants.

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4. Racontez-nous votre parcours…

Sébastien Bertaud : Après avoir commencé le piano et la danse et après beaucoup d’hésitations, j’ai choisi la danse que je trouvais plus ludique, plus axée sur le corps, sans doute moins fastidieuse que de longues heures assis derrière un instrument.
Mon professeur de danse a su éveiller mon intérêt et même ma passion en me montrant des vidéos, des livres, et en me faisant découvrir l’Opéra de Paris dont j’ignorais l’importance. J’ai alors compris que la danse pouvait être un métier. C’était une véritable une révélation, à un âge où l’on songe plutôt à devenir pompier ou archéologue… 
Soudain, l’idée d’aller sur scène et danser sur de la musique, avec des costumes, des lumières, face à un public, m’a paru alors très séduisante. Mon professeur m’a alors proposé de me présenter à l’École de Danse de l’Opéra, la meilleure filière possible pour devenir danseur professionnel. Suite à un échec à l’examen d’entrée, j’ai décidé de redoubler d’efforts, pour présenter le CNSM où j’ai été admis à l’âge de 14 ans. C’est au cours des démonstrations que Gilbert Mayer, un grand professeur,m’a conseillé d’écrire à la directrice pour savoir si je pouvais intégrer comme élève payant l’École de danse de l’Opéra. Elle a accepté et quatre mois plus tard, à l’issue d’une tournée au Japon, elle m’a intégré normalement dans l’École. J’avais participé à cette tournée, car j’étais le seul à rentrer dans le costume ! Après beaucoup de travail je suis finalement passé premier à l’examen de fin d’année, me retrouvant avec ceux qui avaient été acceptés d’emblée quatre ans auparavant quand je m’étais présenté. J’ai donc passé trois années à l’École de danse avant d’entrer dans le Corps de ballet. À l’École de danse, j’ai apprécié la qualité de la formation et des professeurs. En seconde division, j’ai été choisi par John Neumeier pour Yondering. Sa gestuelle me correspondait bien et fut pour moi une source de progrèsEn première division, j’ai dansé les Sept danses grecques de Maurice Béjart : à 17 ans, travailler avec Maurice Béjart qui nous parlait de la Grèce, de son amour de la danse, pendant des heures, cela crée des souvenirs inoubliables et beaucoup d’envies.

5. Une journée type d’un danseur du ballet de l’Opéra National de Paris ?

Sébastien Bertaud : Pour moi, elle commence un peu particulièrement à 8h sur les bancs de Sciences Po, ensuite cours de danse à 11h30, répétition entre 13H30 et 16h et spectacle à 19H30.  Grâce à la qualité d’écoute et à l’ouverture d’esprit de Brigitte Lefévre sa directrice, l’Opéra a accepté que je suive la formation de cette grande école en parallèle et j’avoue que cela me demande beaucoup de travail. Depuis que je fais ces deux parcours, je me sens encore plus stimulé pour la danse elle-même, car cela crée une sorte d’urgence extrêmement positive. J’espère maintenant non seulement continuer à monter dans la hiérarchie du Corps de ballet pour accéder à des rôles plus importants, mais parvenir au bout de ce cycle afin de m’ouvrir des horizons nouveaux. C’est une perspective stimulante, mais je tiens pour l’instant à être d’abord et avant tout un danseur de l’Opéra de Paris.

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  1. Pourriez-vous expliquer vos chorégraphies en quelques mots ?

Sébastien Bertaud : Après avoir présenté mes premiers travaux dans un style et une gestuelle très contemporaine, je me lance le défi d’utiliser la base classique dans une perspective actuelle. Quelle est la place d’un danseur classique aujourd’hui? Ce n’est pas uniquement de danser des rôles de princes charmants, mais aussi danser sur des musiques actuelles, d’aborder sur scène des thèmes de notre société… Créer fait partie de mes préoccupations. Ma priorité absolue est d’être danseur de l’Opéra, mais je peux aussi proposer des essais en développant ma propre esthétique. J’ai donc réalisé plusieurs petites pièces très personnelles qui explorent divers univers, comme celui de la théâtralité, de la présence, de l’image. Après ma rencontre avec Sasha Waltz et Pina Bausch, j’ai compris que l’on pouvait être à la fois très contemporain et aimer aussi le mouvement. J’ai fait depuis un duo Métamorphose dans ce sens, avec un travail plus poussé sur la technique et sur l’écriture chorégraphique. 
Pour mes premiers essais, j’ai eu aussi la grande chance de rencontrer des gens qui étaient disponibles et avaient envie de collaborer avec moi, de très grandes personnalités comme Marie-Agnès Gillot, Dorothée Gilbert, Jean-Marie Didiére et même Cyril Atanassof. En ce moment je travaille avec des gens de ma génération comme Vincent Chaillet et Charlotte Ranson, à l’occasion d’une carte blanche qui m’est offerte au théâtre de Longjumeaux le 25 mars prochain.

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  1. Quels sont les univers musicaux ou artistiques qui influencent votre travail de chorégraphe ?

Sébastien Bertaud : Je suis passionné par toutes les formes d’expression artistique.  Lorsque je n’ai ni répétitions ni représentations, je vais beaucoup au cinéma et me précipite pour découvrir de nouveaux spectacles à Paris ; je suis passionné par certains créateurs comme Christian Rizzo ou Wayne Mac Gregor. Je connaissais aussi tous les travaux de Juan Cruz et Luc Dunberry et lorsqu’ils sont venus monter le Roméo et Juliette de Sasha Waltz, ce fut un grand bonheur de les rencontrer. Mais je suis aujourd’hui très intéressé par la vidéo d’art, car elle permet d’apporter une dimension supplémentaire à la scène, en se mariant avec la musique, comme je l’ai fait dans “Métamorphose”  où le scintillement de l’eau projeté sur tout le fond de la scène trouve un écho sur la musique de Phillip Glass.

  1. Qu’attendez-vous des danseurs ?

Sébastien Bertaud : Disponibilité, engagement et générosité dans leurs mouvements.

  1. Votre péché mignon…

Sébastien Bertaud : Les salons de thé Ladurée, définitivement…

  1. Quelles missions donnez-vous à la danse ?

Sébastien Bertaud : Emouvoir, créer des échanges, mais surtout faire rêver et peut être même donner envie de s’envoler !

  1. Quels sont vos projets pour 2010 ?

Sébastien Bertaud : Monter “Sujet” au sein du Ballet de l’Opéra, réussir mes examens à Sciences Po, développer mon style chorégraphique et aimer !

Peter Philips, peintre de la mode

Homme de la couleur et “prince des maquilleurs”, Peter Philips est réputé pour ses réalisations avant-gardistes de maquilleur hors pair. Maître des pinceaux et des palettes de la maison Chanel depuis 2008, Peter Philips a réussi à affirmer son idée d’une beauté axée sur un style plutôt que sur des modes éphémères.

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N’hésitant pas à utiliser des matériaux atypiques issus des ateliers artisanaux acquis par la marque comme des perles, des plumes, des rubans ou des tissus, Peter Philips m’étonne par sa capacité à oser des maquillages iconoclastes tout en réaffirmant le style classique de la marque dans la tradition de ses prédécesseurs : Dominique Moncourtois et Heidi Morawetz. L’Homme est un de ces satellites que Chanel collectionne tels que le plumassier Lemarié, le chapelier Michel, le brodeur Lesage, le bottier Massaro, le bijoutier fantaisiste Goossens, ou encore le fleuriste Guillet… 

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Je vois davantage dans ses compositions l’oeuvre d’un peintre ou d’un sculpteur s’amusant à modeler des visages oniriques. Proche des oeuvres de Giuseppe Archimboldo, des pastels de Rosalba Carriera ou encore des rinceaux de Jean Bérain, Peter Philips joue sur les ombres, les accessoires et les couleurs pour habiller le visage d’une beauté infinie et habiter le modèle d’un éclat unique. 

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Initiateur des “bijoux de peau”, ces maquillages éphémères en trompe l’oeil, Peter Philips a véritablement réhaussé l’art du tatouage en permettant aux craintifs du marquage au fer rouge d’y toucher tout simplement, sans engagement éternel… Chaînes entrelacées, petites hirondelles, fleurs des champs, ces décalcomanies sont un hommage discret aux paravents de Coromandel chers à Coco Chanel

James Thierrée, confession d’un enfant du siècle

James Thierrée enchante autant qu’il impressionne. Tour à tour comédien, acrobate, danseur, musicien et inventeur de spectacles étourdissants de magie, James Thierrée est un travailleur acharné qui exige de lui-même l’impossible. Héritier d’une prestigieuse dynastie d’artistes, James Thierrée a prouvé au monde entier en seulement quelques créations, qu’il pouvait faire triompher l’imaginaire sur les planches d’un théâtre avec sa troupe, La compagnie du Hanneton. Pari réussi avec La Symphonie du HannetonLa veille des abysses et Au revoir parapluie qui ont enthousiasmé le public. James Thierrée se fond dans le Théâtre.. ou devrais-je dire que le Théâtre se fond dans James Thierrée car il en fait un lieu où tout est possible, le traitant comme un carrefour de tous les arts.

Clown, poète acrobate, philosophe, magicien, James Thierrée est dans une quête incessante d’un paradis perdu tout droit sorti de la nuit des contes de fées ou de John Milton. Recherchant leurs places dans le monde actuel, ses personnages reflètent bien l’ivresse de James Thierrée : atteindre le coeur de l’humanité. Voltige, jonglage, acrobatie, mime, contorsion, danse, chant, lyrique, il puise dans toutes les disciplines pour donner vie à ses visions fantasmagoriques, oniriques et obsédantes dignes de Jérôme Bosch ! Monstres marins affectueux, insectes étranges, éléphants de chiffons, scarabées métalliques, gigantesques méduses… Toutes ces créatures évoquent les différentes phases de la vie.

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Ce double jeu entre esthétique et féérique donne la sensation de retourner en enfance avec des yeux d’adulte : on imagine aisèment les personnages de Béatrix Potter se fondre aux bestiaires animaliers du Moyen Age… 

Doté d’une grâce inouïe, le petit fils de Charlie Chaplin est un magicien des temps modernes qui nous emporte dans un souffle poétique pour nous piquer au cœur sans mot dire.

En savoir plus sur James Thiérréewww.compagnieduhanneton.com/

Véronique Gens, émouvante Prima Donna

Silhouette élancée, regard grave, voix cristalline…

Interprète reconnue pour ses performances en musique baroque, Véronique Gens a su intelligemment tisser sa toile lyrique et élargir le spectre de son répertoire depuis des opéras de Mozart (La Flûte Enchantée, Cosi Fan Tutte, Les Noces de Figaro) aux mélodies françaises (Berlioz, Debussy…), aux airs et danses de Gluck (Les Tragédiennes) et aux opéras de Wagner (Le Vaisseau Fantôme). Suffisamment talentueuse pour ne pas s’être enfermée dans le répertoire baroque, Véronique Gens a su gagner en maturité pour donner à sa carrière un tournant international. Elle a interprété des rôles aussi divers que Chérubin et la Comtesse, dans les Noces de Figaro, Donna Elvira dans Don Giovanni, Vitellia dans La Clémence de Titus, Pamina dans La Flûte enchantée ou Fiordiligi dans Così fan tutte, Mélisande dans Pelléas et Mélisande, Alcina de Haendel, et Tatiana dans Eugène Onéguine

DON GIOVANNI, ROH; Mariusz Kwiecie; Don Giovanni, Véronique Gens; Donna Elvira, Malin Byström; Donna Anna, Antonio Poli; Don Ottavio, Alex Esposito; Leporello, Dawid Kimberg; Masetto, Elizabeth Watts; Zerlina, Alxander Tsymbalyuk; Commendatore,

C’est en écoutant il y a quelques années son album « Les Nuits d’été » de Berlioz, que je suis restée sans voix face à un timbre aussi chaud et racé. Inutile de dire que je reste toujours aujourd’hui, subjuguée par cette soprano qui sait unir tant de grâce à tant de gravité.

Aujourd’hui, Véronique Gens compte parmi les interprètes mozartiennes les plus renommées et collabore avec les grands chefs d’orchestres, tels William Christie, Claudio Abbado, Thomas Hengelbrock, Jean-Claude Casadeus, Ivor Bolton

Pour en savoir plus : http://veroniquegens.com/